
Les hépatites B et C sont des infections virales qui touchent le foie et peuvent évoluer vers des complications graves. Découvrez leurs modes de transmission, leurs symptômes et les traitements disponibles.
Qu’est-ce que l’hépatite B et C ?
Les hépatites B et C sont des maladies inflammatoires du foie causées par des virus spécifiques : le VHB (virus de l’hépatite B) et le VHC (virus de l’hépatite C). Ces infections touchent des centaines de millions de personnes dans le monde et constituent une cause majeure de cirrhose, d’insuffisance hépatique et de cancer du foie (carcinome hépatocellulaire).
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 296 millions personnes vivent avec une hépatite B chronique et 58 millions avec une hépatite C chronique à travers le monde. Ces deux virus se distinguent par leur mode de transmission, leur évolution et leurs options thérapeutiques.
Différences essentielles entre les deux virus
- Le VHB appartient à la famille des Hepadnaviridae et peut provoquer une infection aiguë ou chronique.
- Le VHC appartient à la famille des Flaviviridae et tend à devenir chronique dans 70 à 85 % des cas.
- Seul le VHB dispose d’un vaccin efficace préventif.
Modes de transmission
Bien que les deux virus attaquent le foie, leurs voies de contamination diffèrent sensiblement.
Transmission de l’hépatite B
- Contact avec du sang contaminé (partage de seringues, matériel médical non stérile).
- Relations sexuelles non protégées avec une personne infectée.
- Transmission de la mère à l’enfant lors de l’accouchement.
- Partage d’objets personnels (rasoirs, brosses à dents, coupe-ongles).
Transmission de l’hépatite C
- Exposition au sang contaminé, principalement via le partage de matériel d’injection chez les usagers de drogues.
- Transfusions sanguines ou actes médicaux avec du matériel non stérilisé (rare dans les pays développés depuis le dépistage systématique).
- La transmission sexuelle est possible mais beaucoup plus rare que pour le VHB.
- Transmission materno-fœtale peu fréquente (environ 5 %).
Il est important de noter que les hépatites B et C ne se transmettent pas par simple contact social, comme les poignées de main, les baisers ou le partage de repas.
Symptômes et diagnostic
Les hépatites B et C sont souvent qualifiées de « tueurs silencieux », car elles peuvent rester asymptomatiques pendant des années, voire des décennies. Lorsqu’ils apparaissent, les signes sont souvent communs aux deux infections.
Manifestations possibles
- Fatigue persistante et sensation de malaise général.
- Ictère (jaunissement de la peau et des yeux).
- Urines foncées et selles décolorées.
- Douleurs abdominales, notamment dans la partie supérieure droite.
- Nausées, perte d’appétit et fièvre modérée.
Comment se fait le diagnostic ?
Le dépistage repose sur une simple prise de sang. Pour l’hépatite B, on recherche l’antigène HBs (AgHBs) et les anticorps anti-HBs. Pour l’hépatite C, on dose les anticorps anti-VHC, puis on confirme par un test PCR pour détecter l’ARN viral. Un bilan hépatique complet (transaminases, gamma-GT) permet d’évaluer l’atteinte du foie.
Traitements disponibles
Traitement de l’hépatite B
Il n’existe pas de traitement permettant une guérison complète du VHB, mais des antiviraux comme le ténofovir ou l’entécavir permettent de contrôler la réplication virale et de prévenir les complications hépatiques. Le traitement est souvent à long terme, voire à vie.
Traitement de l’hépatite C
L’hépatite C se guérit aujourd’hui dans plus de 95 % des cas grâce aux nouveaux antiviraux à action directe (AAD), comme le sofosbuvir, le ledipasvir ou le velpatasvir. Ces traitements, administrés par voie orale pendant 8 à 12 semaines, sont remarquablement bien tolérés et représentent une véritable révolution médicale.
Prévention et vaccination
- La vaccination contre l’hépatite B est recommandée pour tous les nourrissons, les adolescents et les adultes à risque. Elle offre une protection supérieure à 95 %.
- Utiliser des préservatifs lors des rapports sexuels avec un partenaire dont le statut sérologique est inconnu.
- Ne jamais partager de matériel d’injection, rasoir ou brosse à dents.
- Vérifier que le matériel médical utilisé (tatouage, piercing, soins dentaires) est stérile et à usage unique.
- Se faire dépister régulièrement en cas d’exposition à risque.
Pour l’hépatite C, il n’existe pas encore de vaccin, mais les progrès de la recherche sont encourageants.
L’essentiel à retenir
- Les hépatites B et C sont des infections virales potentiellement graves mais souvent silencieuses.
- Le dépistage est essentiel, surtout en cas de facteur de risque (naissance dans une zone endémique, usage de drogues, rapports non protégés).
- L’hépatite B se prévent efficacement par la vaccination.
- L’hépatite C se guérit dans la grande majorité des cas grâce aux traitements modernes.
- Une prise en charge précoce permet d’éviter la progression vers la cirrhose et le cancer du foie.
Si vous pensez avoir été exposé à un risque de contamination ou si vous présentez des symptômes évocateurs, consultez rapidement votre médecin. Un dépistage précoce peut littéralement sauver une vie.
Quand consulter un médecin ?
Les hépatites B et C sont souvent silencieuses, mais certains signes doivent alerter. Consultez en urgence si vous présentez une jaunisse (coloration jaune des yeux et de la peau), des urines très foncées, des selles décolorées, des douleurs abdominales intenses, des vomissements persistants ou une confusion. Ces symptômes peuvent indiquer une hépatite aiguë sévère ou une insuffisance hépatique. En dehors de l’urgence, consultez si vous avez été exposé à un risque (rapport sexuel non protégé, partage de seringue, soins invasifs dans un pays à forte prévalence, transfusion avant 1992 pour l’hépatite C) ou si vous ressentez une fatigue persistante inexpliquée, des nausées, une perte d’appétit ou des douleurs articulaires. Un dépistage est recommandé pour les personnes à risque, les femmes enceintes et les donneurs de sang. Un diagnostic précoce permet d’éviter les complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Le diagnostic des hépatites B et C repose sur des analyses sanguines spécifiques. Pour l’hépatite B, on recherche l’antigène HBs (marqueur d’infection active), les anticorps anti-HBc (contact avec le virus) et anti-HBs (immunité). Pour l’hépatite C, on recherche les anticorps anti-VHC, puis l’ARN viral par PCR pour confirmer l’infection active. Des tests hépatiques (transaminases ALAT et ASAT, gamma-GT, bilirubine) évaluent l’atteinte du foie. Une élastographie impulsionnelle (FibroScan) ou une biopsie hépatique peut être nécessaire pour évaluer la fibrose et la gravité de l’atteinte. Le génotypage du virus guide le choix du traitement. Un suivi régulier par un hépatologue est essentiel pour surveiller l’évolution et dépister précocement un carcinome hépatocellulaire par échographie et dosage de l’alpha-fœtoprotéine.
Les idées reçues
Idée reçue n°1 : « On peut attraper l’hépatite B ou C en partageant un verre ou des couverts. » Faux. Ces virus ne se transmettent pas par les contacts quotidiens (salive, toux, éternuements, vaisselle, toilettes). La transmission se fait par le sang, les rapports sexuels non protégés (surtout pour l’hépatite B) et de la mère à l’enfant lors de l’accouchement. Idée reçue n°2 : « L’hépatite C est incurable. » Faux. Les antiviraux à action directe (AAD) permettent de guérir plus de 95 % des patients en 8 à 12 semaines de traitement, avec peu d’effets secondaires. Idée reçue n°3 : « Le vaccin contre l’hépatite B provoque la sclérose en plaques. » Aucune étude scientifique n’a confirmé ce lien. Le vaccin est sûr et efficace, recommandé dès la naissance en France.
Questions courantes
Comment se transmet l'hépatite B ?
L'hépatite B se transmet par le sang, les rapports sexuels non protégés, le partage de seringues ou de matériel contaminé, et de la mère à l'enfant à la naissance. Le vaccin est très efficace. En cas de doute, consultez un médecin pour un dépistage.
Quels sont les symptômes de l'hépatite C ?
L'hépatite C est souvent asymptomatique pendant des années, mais peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie. Certains ressentent une fatigue, des douleurs abdominales ou une jaunisse. Un dépistage sanguin est recommandé pour les personnes à risque. Consultez un médecin.
Peut-on guérir de l'hépatite C ?
Oui, les traitements antiviraux récents guérissent plus de 95 % des hépatites C. La guérison n'empêche pas la réinfection. Un suivi médical reste nécessaire pour surveiller le foie. Consultez un spécialiste pour un traitement adapté.
Références
Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Hépatite B et C : comprendre, prévenir, traiter », consultez les ressources officielles suivantes :
- Ameli — conseil santé et prévention
- Manger Bouger — le guide nutrition
- Haute Autorité de Santé (HAS)
Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.