Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies

Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies

Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies
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🫀 Anatomie

L'artère iliaque commune est un vaisseau essentiel situé à la bifurcation de l'aorte, qui vascularise le pelvis et les membres inférieurs. Découvrez son anatomie, son rôle et les principales pathologies qui peuvent l'atteindre.

1. Définition et situation anatomique

L’artère iliaque commune (parfois appelée artère iliaque primitive dans l’ancienne nomenclature anatomique française) est l’un des deux gros vaisseaux artériels — droit et gauche — qui prennent naissance au niveau de la bifurcation de l’aorte abdominale. Cette bifurcation aortique se situe approximativement en regard du corps de la quatrième vertèbre lombaire (L4), légèrement à gauche de la ligne médiane, à hauteur approximative de l’ombilic. De chaque côté, l’artère iliaque commune assure l’essentiel de la vascularisation artérielle du pelvis, des organes pelviens et, par l’intermédiaire de sa branche terminale, du membre inférieur correspondant.

D’un point de vue fonctionnel, il s’agit donc d’un véritable carrefour vasculaire stratégique situé à la transition entre la circulation abdominale (digestive, rénale, splanchnique) et la circulation des membres inférieurs et du petit bassin. Toute atteinte pathologique à ce niveau peut avoir des conséquences majeures, tant sur le plan locomoteur (ischémie du membre inférieur) que sur le plan urinaire, génital ou digestif.

Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies : vue générale
Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies : vue générale

2. Anatomie descriptive

2.1 Origine et trajet

Les artères iliaques communes droite et gauche naissent de façon symétrique de la bifurcation aortique, située en avant et à gauche du corps vertébral de L4. Chaque artère iliaque commune mesure en moyenne 5 à 7 cm de longueur et présente un calibre d’environ 10 à 12 mm de diamètre chez l’adulte, bien que des variations interindividuelles existent.

Depuis son origine, l’artère se dirige obliquement en bas, en dehors et légèrement en arrière, en suivant le bord médial du muscle psoas. Elle chemine ensuite sur la face antérieure de l’articulation sacro-iliaque, au contact des éléments nerveux du plexus hypogastrique, avant de se diviser en ses deux branches terminales.

2.2 Rapports anatomiques

Les rapports anatomiques de l’artère iliaque commune sont d’une grande importance en chirurgie vasculaire. En avant, elle est recouverte par le péritoine pariétal postérieur et croisée par l’uretère qui la passe en pont à environ 2 à 3 cm de son origine. À droite, elle répond à la veine cave inférieure située en arrière et en dehors, ainsi qu’à la racine du mésentère.

À gauche, l’artère iliaque commune est longée par le mésosigmoïde et son pédicule vasculaire, ainsi que par les branches de l’artère mésentérique inférieure (artère rectale supérieure, artère sigmoïdienne). En arrière, elle repose sur le corps des vertèbres lombaires (L4, L5) et du promontoire sacré, ainsi que sur la veine iliaque commune qui passe en arrière d’elle.

2.3 Bifurcation iliaque

En regard de l’articulation sacro-iliaque, au niveau du disque intervertébral L5-S1, l’artère iliaque commune se divise en deux branches terminales :

  • L’artère iliaque externe, destinée principalement à la vascularisation du membre inférieur ;
  • L’artère iliaque interne (ou artère hypogastrique), qui assure la vascularisation du pelvis, du périnée et des organes pelviens (vessie, rectum, utérus, prostate, vagin).
Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies : zone du corps concernée
Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies : zone du corps concernée

3. Structure histologique

Comme toutes les artères de moyen et gros calibre, l’artère iliaque commune présente une paroi organisée en trois tuniques concentriques :

  • L’intima : couche la plus interne, en contact direct avec le sang, composée d’un endothélium reposant sur une membrane basale et un tissu conjonctif sous-endothélial.
  • La média : couche moyenne, épaisse et musculo-élastique, composée de fibres musculaires lisses, de lames élastiques et de collagène. Cette couche confère à l’artère sa résistance mécanique et son élasticité.
  • L’adventice : couche externe, conjonctive, contenant les vasa vasorum (vaisseaux nourriciers de la paroi) et les fibres nerveuses végétatives qui contrôlent le tonus vasculaire.

L’artère iliaque commune est classée parmi les artères de type élastique à son origine (jonction aortique), puis devient progressivement musculo-élastique en se rapprochant de sa bifurcation. Cette structure particulière lui permet de supporter les hautes pressions générées par la systole cardiaque et d’absorber l’onde pulsatile.

4. Rôle physiologique et territoires de vascularisation

L’artère iliaque commune joue un rôle de voie de passage obligée pour le sang oxygéné destiné au membre inférieur et au pelvis. À chaque systole cardiaque, elle reçoit un volume important de sang en provenance de l’aorte abdominale et le redistribue vers ses deux territoires terminaux.

4.1 Vascularisation du membre inférieur

La quasi-totalité du débit sanguin artériel du membre inférieur passe par l’artère iliaque externe, qui devient l’artère fémorale commune au niveau du ligament inguinal. Une occlusion complète de l’iliaque commune entraîne donc une ischémie sévère et brutale du membre inférieur correspondant, pouvant aller jusqu’à la gangrène en l’absence de revascularisation rapide.

4.2 Vascularisation pelvienne

L’artère iliaque interne prend en charge la vascularisation de la vessie, du rectum, de l’utérus et des annexes chez la femme, de la prostate et des vésicules séminales chez l’homme, ainsi que des muscles fessiers, du périnée, des organes génitaux externes et de la portion terminale de la moelle spinale (via l’artère radiculaire accessoire d’Adamkiewicz).

Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies : signes et manifestations
Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies : signes et manifestations

5. Variations anatomiques

Si l’anatomie de l’artère iliaque commune est relativement constante, plusieurs variations anatomiques peuvent être observées :

  • Une bifurcation aortique haute (en regard de L3) ou basse (en regard de L5) par rapport à la position habituelle.
  • Des variations de longueur, avec une artère très courte ou, à l’inverse, plus longue que la moyenne.
  • Des anomalies de trajet, en particulier chez les patients ayant un antécédent de traumatisme pelvien ou de chirurgie abdominale.
  • Une asymétrie de calibre entre les deux côtés, parfois liée à une hypoplasie congénitale ou à un développement vasculaire asymétrique.

Ces variations sont généralement asymptomatiques, mais revêtent une grande importance lors de la planification d’une chirurgie vasculaire ou d’un abord endovasculaire, notamment pour le choix du point de ponction et du type d’endoprothèse.

6. Principales pathologies de l’artère iliaque commune

L’artère iliaque commune peut être le siège de plusieurs pathologies, dont les plus fréquentes sont liées à l’athérosclérose. Elles touchent préférentiellement les hommes de plus de 60 ans, les fumeurs, les diabétiques et les patients hypertendus, mais peuvent également survenir chez des patients plus jeunes en présence de facteurs de risque particuliers.

6.1 Sténose et maladie occlusive iliaque

La sténose iliaque correspond à un rétrécissement de la lumière artérielle, le plus souvent secondaire à la formation de plaques d’athérosclérose. Elle se traduit cliniquement par une claudication intermittente : douleurs à type de crampes survenant à la marche au niveau de la cuisse, de la fesse ou de la hanche, disparaissant rapidement à l’arrêt de l’effort.

Dans les formes évoluées, on observe une ischémie de repos : douleurs nocturnes en décubitus, pâleur et refroidissement du membre, troubles trophiques cutanés, ulcérations, voire gangrène distale. On parle de syndrome de Leriche lorsque la sténose ou l’occlusion touche l’aorte terminale et les deux artères iliaques communes, associant une claudication bilatérale, une impuissance sexuelle chez l’homme et une abolition des pouls fémoraux.

6.2 Anévrisme iliaque

L’anévrisme de l’artère iliaque commune est une dilatation anormale de la paroi artérielle dépassant généralement 1,5 fois le calibre normal. Il est souvent associé à un anévrisme de l’aorte abdominale (AAA). Le risque principal est la rupture anévrismale, urgence chirurgicale potentiellement mortelle, ainsi que l’embolie distale à partir du thrombus intra-sacculaire.

La majorité des anévrismes iliaques sont asymptomatiques et découverts fortuitement lors d’un examen d’imagerie (échographie, scanner abdominal). Lorsqu’ils deviennent symptomatiques, ils se manifestent par des douleurs abdominales, pelviennes ou lombaires, parfois associées à une masse pulsatile palpable ou à des signes de compression des organes de voisinage (uretère, veine, nerfs).

6.3 Thrombose aiguë

La thrombose aiguë de l’artère iliaque commune constitue une urgence vasculaire majeure. Elle se manifeste par une douleur brutale du membre inférieur, une pâleur, un refroidissement, une paralysie et des troubles sensitifs, regroupés classiquement sous le terme des « 6 P » de l’ischémie aiguë : Pain (douleur), Pallor (pâleur), Pulselessness (abolition des pouls), Paresthesia (paresthésies), Paralysis (paralysie) et Poikilothermia (refroidissement). Elle nécessite une prise en charge en urgence pour revascularisation, idéalement dans les six premières heures.

6.4 Dissection iliaque

Plus rare, la dissection de l’artère iliaque commune peut survenir spontanément ou dans un contexte de traumatisme, de maladie du tissu élastique (syndrome de Marfan, syndrome d’Ehlers-Danlos) ou d’extension d’une dissection aortique. Elle est responsable d’une ischémie distale par occlusion progressive de la vraie lumière artérielle.

7. Diagnostic

Le diagnostic d’une pathologie de l’artère iliaque commune repose sur un faisceau d’arguments cliniques et d’examens complémentaires :

  • Examen clinique : palpation des pouls fémoraux (abolis ou diminués en cas de sténose serrée), auscultation à la recherche d’un souffle vasculaire abdominal, examen cutané du membre inférieur (coloration, trophicité, ulcérations).
  • Index de pression systolique (IPS) : rapport de la pression artérielle à la cheville sur la pression humérale. Un IPS inférieur à 0,9 traduit une artériopathie oblitérante des membres inférieurs.
  • Écho-Doppler artériel : examen de première intention, non invasif, permettant d’évaluer la morphologie de l’artère et les flux sanguins en temps réel.
  • Angio-scanner (angio-CT) : examen de référence pour cartographier précisément les lésions, mesurer le diamètre d’un anévrisme et planifier un geste endovasculaire ou chirurgical.
  • Angio-IRM : alternative au scanner, particulièrement indiquée chez les patients allergiques à l’iode ou présentant une insuffisance rénale.
  • Artériographie : examen invasif, aujourd’hui souvent remplacé par l’angio-CT, mais qui reste réalisé dans le même temps qu’un geste interventionnel endovasculaire.

8. Traitements et prise en charge

La prise en charge dépend de la nature de la pathologie, de sa sévérité et de l’état général du patient. Elle associe fréquemment mesures médicales et gestes de revascularisation.

8.1 Traitement médical

Pour la sténose iliaque modérée ou dans le cadre d’une artériopathie diffuse, le traitement médical repose sur la correction des facteurs de risque cardiovasculaire (sevrage tabagique, contrôle du diabète, de l’hypertension artérielle et de la dyslipidémie), la pratique d’une activité physique adaptée — idéalement la marche quotidienne — et un traitement antiagrégant plaquettaire (aspirine à faible dose ou clopidogrel), souvent associé à une statine.

8.2 Traitement endovasculaire

En cas de sténose serrée ou d’occlusion courte, le traitement de référence est l’angioplastie avec pose de stent (endoprothèse vasculaire). Réalisée par voie fémorale controlatérale ou radiale, cette technique mini-invasive permet de restaurer un flux artériel normal avec une hospitalisation courte et une récupération rapide. Le taux de perméabilité à long terme est excellent, supérieur à 80 % à 5 ans pour les lésions iliaques TASC A et B.

8.3 Traitement chirurgical

Le pontage aorto-iliaque ou aorto-fémoral reste indiqué dans les occlusions longues, les lésions complexes ou en cas d’échec du traitement endovasculaire. Il s’agit d’une chirurgie lourde, réalisée sous anesthésie générale, avec un risque opératoire significatif mais des résultats très durables. Pour les anévrismes iliaques, un traitement chirurgical ouvert ou une mise en place d’une endoprothèse aorto-iliaque (EVAR) peuvent être proposés selon la morphologie anatomique et l’expérience de l’équipe.

9. Prévention et conseils pratiques

La prévention des pathologies de l’artère iliaque commune rejoint celle de l’athérosclérose en général :

  • Arrêt complet du tabac : c’est la mesure la plus efficace, avec un bénéfice mesurable dès les premières semaines suivant le sevrage.
  • Alimentation équilibrée : riche en fruits, légumes, céréales complètes, poissons gras et huile d’olive, pauvre en graisses saturées, en sel et en sucres raffinés. Le régime méditerranéen est particulièrement recommandé.
  • Activité physique régulière : au moins 30 minutes de marche rapide par jour, idéalement 5 jours par semaine, en adaptant l’intensité à ses capacités.
  • Contrôle du poids : maintien d’un indice de masse corporelle (IMC) entre 18,5 et 25 kg/m².
  • Suivi cardiologique et vasculaire : surveillance régulière de la tension artérielle, du cholestérol, de la glycémie et des pouls périphériques, surtout après 50 ans ou en présence de facteurs de risque.

En cas de symptômes évocateurs — douleur à la marche, crampes nocturnes, plaie du pied qui ne cicatrise pas, froideur ou pâleur inhabituelle d’un membre — il est conseillé de consulter sans tarder un médecin vasculaire ou un chirurgien vasculaire. Un diagnostic précoce permet une prise en charge adaptée et limite le risque de complications graves.

À retenir

L’artère iliaque commune est une artère essentielle du carrefour vasculaire abdominal, assurant la transition entre l’aorte et les artères du pelvis et des membres inférieurs. Elle peut être le siège de pathologies variées, dominées par la sténose athéroscléreuse, l’anévrisme et la thrombose aiguë, dont les conséquences peuvent être graves : ischémie du membre inférieur, rupture anévrismale, embolie distale. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’imagerie vasculaire (écho-Doppler, angio-scanner), et la prise en charge combine mesures hygiéno-diététiques, traitements médicaux et gestes de revascularisation endovasculaire ou chirurgicale. La prévention repose avant tout sur la maîtrise des facteurs de risque cardiovasculaire : arrêt du tabac, alimentation saine, activité physique régulière et suivi médical adapté.

On répond à vos questions

Qu'est-ce que l'artère iliaque commune ?

L'artère iliaque commune est un vaisseau sanguin majeur qui naît de la bifurcation de l'aorte abdominale, au niveau de la quatrième vertèbre lombaire. Elle se divise ensuite en artère iliaque interne et externe. Elle vascularise le pelvis et les membres inférieurs. Son rôle est essentiel dans la circulation sanguine des jambes.

Quelles maladies peuvent toucher l'artère iliaque commune ?

L'artère iliaque commune peut être atteinte par l'athérosclérose, qui provoque un rétrécissement ou une occlusion et peut entraîner une claudication intermittente. Elle peut aussi être le siège d'un anévrisme, d'une dissection ou d'une embolie. Ces pathologies nécessitent une prise en charge médicale rapide pour éviter des complications graves.

Quels sont les symptômes d'un problème à l'artère iliaque commune ?

Un rétrécissement ou une occlusion de l'artère iliaque commune peut causer une douleur à la fesse, à la cuisse ou au mollet à la marche, appelée claudication intermittente. Un anévrisme peut être asymptomatique ou provoquer une douleur abdominale ou lombaire. Une ischémie aiguë se manifeste par une douleur intense, une pâleur et une froideur du membre. Consultez en urgence dans ce cas.

Références

Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Artère iliaque commune : anatomie, fonction et pathologies », consultez les ressources officielles suivantes :

Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.