Rétention urinaire : causes, symptômes et traitements

Rétention urinaire : causes, symptômes et traitements

Rétention urinaire : causes, symptômes et traitements
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La rétention urinaire est l'incapacité partielle ou totale de vider sa vessie. Découvrez ses causes, ses symptômes, ses complications et les traitements médicaux disponibles.

Qu’est-ce que la rétention urinaire ?

La rétention urinaire désigne l’incapacité partielle ou complète de la vessie à se vider normalement, malgré la présence d’urine dans celle-ci. Il s’agit d’un trouble mictionnel fréquent, qui touche principalement les hommes de plus de 50 ans, mais qui peut également survenir chez les femmes, les enfants et les personnes de tout âge. Selon la vitesse d’installation et l’intensité des symptômes, on distingue deux formes principales : la rétention aiguë et la rétention chronique.

Rétention urinaire aiguë

La rétention urinaire aiguë est une urgence médicale. Elle se manifeste par l’impossibilité soudaine et complète d’uriner, alors que la vessie est pleine et distendue. Cette situation est extrêmement douloureuse et nécessite un drainage vésical immédiat, généralement par la pose d’une sonde urinaire. Le risque principal, en l’absence de traitement rapide, est la rupture vésicale ou l’installation de lésions rénales.

Rétention urinaire chronique

La rétention urinaire chronique évolue de façon progressive et insidieuse. La vessie ne se vide jamais complètement : il persiste un résidu post-mictionnel (volume d’urine restant après la miction). Le patient urine souvent en petites quantités, parfois sans sensation de vidange complète. Cette forme est moins douloureuse mais plus dangereuse à long terme, car elle peut entraîner à bas bruit une insuffisance rénale, des infections urinaires à répétition et une dilatation des voies urinaires.

Les causes de la rétention urinaire

Les mécanismes responsables d’une rétention urinaire sont multiples. On distingue classiquement trois grandes catégories de causes : obstructives, neurologiques et fonctionnelles/médicamenteuses.

Causes obstructives (mécaniques)

Les causes obstructives sont les plus fréquentes, en particulier chez l’homme. Elles empêchent l’écoulement normal de l’urine par un blocage anatomique :

  • Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) : c’est la cause la plus fréquente chez l’homme après 50 ans. La prostate augmentée de volume comprime l’urètre prostatique et gêne la miction.
  • Cancer de la prostate : il peut obstruer l’urètre de la même façon, mais avec une évolution souvent plus rapide.
  • Phimosis serré et sténose du méat urétral : rétrécissement du prépuce ou de l’orifice urétral.
  • Prolapsus génital (descente d’organes) : chez la femme, un prolapsus utérin ou vésical peut entraîner une coudure de l’urètre.
  • Calculs urinaires ou caillots sanguins : un calcul bloqué dans l’urètre ou la vessie peut interrompre brutalement le flux urinaire.
  • Tumeurs vésicales ou urétrales : elles peuvent obstruer partiellement ou totalement la filière urinaire.
  • Sténose de l’urètre : rétrécissement cicatriciel, souvent secondaire à un traumatisme, une infection ou un sondage traumatique.

Causes neurologiques

Toute atteinte du système nerveux qui contrôle la miction (cerveau, moelle épinière, nerfs périphériques) peut provoquer une rétention :

  • Accident vasculaire cérébral (AVC);
  • Sclérose en plaques : maladie démyélinisante fréquente chez l’adulte jeune ;
  • Maladie de Parkinson ;
  • Lésions médullaires : traumatisme, tumeur, hernie discale comprimant la moelle ;
  • Neuropathie diabétique : atteinte des nerfs périphériques secondaire au diabète ;
  • Spina bifida et autres malformations neurologiques congénitales.

Causes médicamenteuses et fonctionnelles

Certains médicaments perturbent la contractilité du détrusor (muscle de la vessie) ou augmentent le tonus du sphincter urinaire :

  • Anticholinergiques : antidépresseurs tricycliques, antipsychotiques, antihistaminiques de première génération, antispasmodiques ;
  • Opioïdes : morphine, codéine, tramadol, fentanyl — effetdose-dépendant ;
  • Sympathomimétiques alpha-adrénergiques : utilisés comme décongestionnants nasaux ;
  • Anesthésiques et myorelaxants : après une intervention chirurgicale, notamment en postopératoire ;
  • Alcool et consommation excessive de drogues récréatives.

Par ailleurs, la rétention peut être favorisée par une constipation sévère, un alitement prolongé, le stress, la douleur postopératoire ou encore un fécalome.

Symptômes et signes d’alerte

Les manifestations cliniques varient selon qu’il s’agit d’une rétention aiguë ou chronique. Dans la forme aiguë, les symptômes sont spectaculaires :

  • Douleur sus-pubienne intense, parfois en colique ;
  • Envie impérieuse d’uriner sans pouvoir évacuer ;
  • Sensation de vessie pleine tendue et palpable à l’examen ;
  • Agitation, sudation, tachycardie ;
  • Éventuellement gouttes retardées (vessie « trop-plein » qui déborde).

Dans la forme chronique, les signes sont plus discrets :

  • Jet urinaire faible, haché ou en arrosoir ;
  • Mictions fréquentes mais de faible volume (pollakiurie) ;
  • Sensation de vidange incomplète ;
  • Difficulté à initier la miction (dysurie de phase d’attente) ;
  • Nycturie (besoin de se lever plusieurs fois la nuit pour uriner) ;
  • Épisodes d’incontinence par regorgement (urines qui s’écoulent goutte à goutte en permanence) ;
  • Infections urinaires récidivantes.

En cas de fièvre, de douleurs lombaires ou de nausées associées, il faut suspecter une complication infectieuse (pyélonéphrite) ou une insuffisance rénale débutante.

Diagnostic médical

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique. Le médecin palpe une matité sus-pubienne correspondant à la vessie distendue et évalue son volume (un globe vésical peut contenir plus d’un litre d’urine). Le toucher rectal chez l’homme permet d’apprécier le volume prostatique. Chez la femme, un examen gynécologique recherche un prolapsus.

Plusieurs examens complémentaires sont ensuite utiles :

  • Échographie vésicale (bladder scan) : mesure non invasive du résidu post-mictionnel et du volume vésical. Un résidu supérieur à 300 mL est considéré comme pathologique.
  • Échographie rénale : recherche d’une dilatation des cavités pyélocalicielles, signe d’un retentissement sur le haut appareil.
  • Bandelette urinaire et ECBU : pour éliminer ou confirmer une infection urinaire associée.
  • Créatininémie et ionogramme sanguin : évaluation de la fonction rénale.
  • PSA (antigène spécifique de la prostate) : dosage sanguin en cas de suspicion de pathologie prostatique.
  • Urodynamique : exploration fonctionnelle réalisée en urologie pour mesurer les pressions vésicales et sphinctériennes.
  • IRM ou cystoscopie : indiquées en cas de suspicion de tumeur, de sténose complexe ou de pathologie neurologique.

Traitements de la rétention urinaire

La prise en charge dépend du caractère aigu ou chronique de la rétention et de sa cause sous-jacente.

Prise en charge de la rétention aiguë

En urgence, l’objectif principal est de drainer rapidement la vessie. Le geste standard est le sondage vésical par sonde urinaire transurétrale (sonde de Foley) ou, en cas d’échec (sténose, obstacle infranchissable), par un cathétérisme sus-pubien (ponction directe de la vessie à travers la paroi abdominale). Le volume drainé doit être noté : il peut dépasser un litre.

Une fois la vidange effectuée, la sonde est laissée en place pendant 24 à 48 heures selon le contexte, puis retirée après évaluation (« essai de miction »). Un traitement alpha-bloquant (tamsulosine, alfuzosine) est souvent prescrit en parallèle pour relâcher le col vésical et faciliter la reprise mictionnelle.

Prise en charge de la rétention chronique

Le traitement est étiologique :

  • Hypertrophie bénigne de la prostate : alpha-bloquants (tamsulosine, silodosine), inhibiteurs de la 5-alpha-réductase (finastéride, dutastéride), ou traitements chirurgicaux (résection transurétrale de la prostate — RTUP, énucléation au laser, adénomectomie par voie haute).
  • Hyperactivité du col vésical ou dyssynergie vésico-sphinctérienne : alphabloquants, rééducation périnéale, parfois injections de toxine botulique dans le sphincter.
  • Causes neurologiques : sondages intermittents propres (auto-sondages), neurostimulation sacrée (neuromodulation S3), médicaments cholinergiques (béthanéchol).
  • Prolapsus génital : pessaire ou chirurgie de la statique pelvienne.
  • Sténose urétrale : urétrotomie endoscopique, dilatation, ou urétroplastie chirurgicale.
  • Causes médicamenteuses : arrêt ou remplacement du médicament responsable.

Lorsque la cause ne peut être corrigée durablement, un sondage vésical à demeure peut être nécessaire, ou bien le patient apprend la technique de l’auto-sondage intermittent propre, considérée comme la méthode de référence en cas de rétention chronique neurologique.

Complications possibles

En l’absence de prise en charge adaptée, la rétention urinaire peut entraîner plusieurs complications graves :

  • Insuffisance rénale chronique par hydronéphrose bilatérale ;
  • Infections urinaires récidivantes, favorisées par la stase urinaire ;
  • Pyélonéphrite aiguë ;
  • Calculs vésicaux secondaires à la stase ;
  • Distension chronique du détrusor : le muscle vésical devient atone et ne se contracte plus ;
  • Reflux vésico-urétéral ;
  • Globe vésical suraigu pouvant nécessiter un drainage en urgence.

Prévention et conseils pratiques

Plusieurs mesures permettent de limiter le risque de rétention urinaire, en particulier chez les personnes à risque :

  • Adopter une bonne hygiène mictionnelle : ne pas se retenir trop longtemps, uriner dès que l’envie se manifeste, éviter les efforts de poussée excessive.
  • Maintenir une activité physique régulière : la marche et les exercices du périnée favorisent un bon tonus vésical.
  • Lutter contre la constipation par une alimentation riche en fibres, une hydratation suffisante (1,5 L d’eau par jour en l’absence de contre-indication) et, si besoin, un traitement laxatif doux.
  • Limiter la consommation d’alcool et de caféine, qui irritent la vessie.
  • Surveiller les traitements médicamenteux : signaler à son médecin tout nouveau médicament pouvant retentir sur la miction, particulièrement chez l’homme âgé.
  • Consulter un urologue dès les premiers signes : un jet faible, des levers nocturnes fréquents ou des mictions incomplètes doivent alerter avant l’installation d’une rétention aiguë.
  • Préparer une hospitalisation programmée : avant toute chirurgie, prévenir l’équipe soignante d’antécédents de rétention afin qu’une stratégie péri-opératoire adaptée soit mise en place.

L’essentiel à retenir

La rétention urinaire est un trouble mictionnel fréquent, défini par l’impossibilité de vider complètement ou partiellement la vessie. Elle peut survenir brutalement (forme aiguë, urgence médicale) ou s’installer progressivement (forme chronique, plus silencieuse). Ses causes sont variées : obstruction mécanique (notamment hypertrophie prostatique chez l’homme), atteinte neurologique, ou prise de médicaments altérant la contractilité vésicale. Le diagnostic repose sur la clinique, l’échographie vésicale et le dosage du résidu post-mictionnel. Le traitement combine le drainage vésical (sondage) et la prise en charge de la cause. Prévenir la rétention passe par une bonne hygiène mictionnelle, l’activité physique, la lutte contre la constipation et un suivi médical régulier, en particulier après 50 ans ou en cas de maladie neurologique. Toute impossibilité soudaine d’uriner impose une consultation médicale en urgence.

Les questions les plus posées

Quels sont les symptômes de la rétention urinaire ?

Les symptômes incluent l'impossibilité d'uriner, des douleurs abdominales basses, une vessie distendue et parfois des fuites urinaires. La rétention aiguë est une urgence médicale. La rétention chronique peut se manifester par des mictions fréquentes et une sensation de vidange incomplète.

Quelles sont les causes de la rétention urinaire ?

Les causes sont variées : hypertrophie bénigne de la prostate, cancer de la prostate, calculs, infections, médicaments, ou troubles neurologiques. Chez la femme, un prolapsus ou une chirurgie pelvienne peuvent être en cause. Un bilan médical est nécessaire pour identifier l'origine.

Comment traiter la rétention urinaire ?

Le traitement dépend de la cause. En urgence, un cathétérisme vésical est réalisé pour vider la vessie. Ensuite, des médicaments, des sondes ou une chirurgie peuvent être proposés. La prise en charge doit être rapide pour éviter des complications rénales. Consultez un médecin sans délai.

Pour aller plus loin

Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Rétention urinaire : causes, symptômes et traitements », consultez les ressources officielles suivantes :

Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.