
Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur l'entorse du poignet : mécanismes de blessure, symptômes, diagnostic, traitements, rééducation et conseils de prévention pour une guérison optimale.
Qu’est-ce qu’une entorse du poignet ?
L’entorse du poignet désigne une lésion traumatique des ligaments qui maintiennent en place les os de l’articulation du poignet (carpe) et ceux qui relient cette articulation aux os de l’avant-bras (radius et cubitus). Ces ligaments, composés de fibres résistantes mais élastiques, peuvent être étirés, partiellement déchirés ou complètement rompus lors d’un mouvement forcé dépassant les amplitudes physiologiques normales.
Le poignet est une articulation complexe qui unit les deux os de l’avant-bras aux huit os du carpe, eux-mêmes reliés entre eux par de nombreux ligaments. Cette architecture complexe lui confère à la fois mobilité et stabilité, mais le rend également vulnérable aux traumatismes. On estime que les entorses du poignet représentent environ 25 % de l’ensemble des blessures sportives touchant le membre supérieur.
Anatomie simplifiée du poignet
Le poignet comprend plusieurs structures ligamentaires essentielles à son bon fonctionnement :
- Les ligaments extrinsèques, qui relient le radius et le cubitus aux os du carpe
- Les ligaments intrinsèques, qui unissent les os du carpe entre eux, dont le ligament scapho-lunaire et le ligament luno-triquétral
- Le complexe fibrocartilagineux triangulaire (TFCC), structure fibro-cartilagineuse située entre le cubitus et les os du carpe
- La capsule articulaire, qui entoure et contient l’ensemble de l’articulation
Les différents types d’entorse
On distingue trois types principaux d’entorses selon la localisation anatomique de la lésion :
- L’entorse radio-carpienne, la plus fréquente, qui touche les ligaments entre le radius et la première rangée des os du carpe
- L’entorse médio-carpienne, qui concerne les ligaments entre les deux rangées du carpe
- L’entorse du TFCC, qui touche le complexe fibrocartilagineux triangulaire, fréquente lors de mouvements de rotation forcée

Causes et mécanismes de blessure
Les entorses du poignet surviennent généralement lors d’une chute avec réception sur la main en extension, le poignet étant alors soumis à une force brutale qui dépasse sa capacité de résistance ligamentaire.
Mécanismes lésionnels fréquents
- Hyperextension : chute en avant avec main ouverte et poignet en extension forcée (mécanisme le plus fréquent)
- Hyperflexion : mouvement brusque vers l’avant du poignet, moins courant mais possible lors de certains sports
- Torsion axiale : rotation excessive de l’avant-bras alors que la main est fixe (ski, moto)
- Traumatisme en compression : choc direct sur le poignet, par exemple lors d’un accident
- Traumatisme en abduction ou adduction : inclinaison latérale forcée du poignet
Sports et situations à risque
Certaines activités exposent particulièrement le poignet aux entorses :
- Les sports de glisse (ski, snowboard, roller, skateboard)
- Les sports de balle avec chutes fréquentes (basketball, handball, volleyball)
- Les sports de combat (judo, karaté, boxe)
- Le cyclisme et le VTT
- Le trampoline et l’acrobatie
- La gymnastique artistique
Les accidents domestiques et de la vie courante représentent également une cause fréquente, notamment lors de glissades, de fausses manipulations ou de travaux manuels.
Symptômes et signes cliniques
Les manifestations d’une entorse du poignet varient selon la gravité de la lésion ligamentaire et le délai écoulé depuis le traumatisme.
Signes immédiats
Dès l’accident, plusieurs symptômes apparaissent typiquement :
- Douleur aiguë localisée au niveau du poignet, parfois intense et immédiate
- Œdème (gonflement) rapidement progressif dans les premières heures
- Ecchymose (bleu) pouvant apparaître dans les 24 à 48 heures
- Limitation fonctionnelle : difficulté à bouger le poignet et parfois les doigts
- Sensation de craquement au moment du traumatisme
- Sensation de déboîtement dans les entorses graves
Signes à distance du traumatisme
Dans les jours et semaines qui suivent, d’autres signes peuvent se manifester :
- Raideur articulaire, surtout après une période d’immobilisation
- Faiblesse de la poigne, rendant difficile la préhension des objets
- Douleur à la pression sur les zones ligamentaires spécifiques
- Instabilité subjective, sensation que le poignet « lâche » ou se dérobe
- Douleurs aux efforts, notamment lors de la rotation ou de la flexion
Diagnostic médical
Le diagnostic d’une entorse du poignet repose principalement sur un examen clinique rigoureux, complété au besoin par des examens d’imagerie médicale.
Examen clinique
Le médecin procède à une évaluation méthodique comprenant plusieurs étapes :
- L’anamnèse : recueil précis des circonstances du traumatisme, du mécanisme lésionnel et des caractéristiques de la douleur
- L’inspection : recherche d’un gonflement, d’une déformation, d’une ecchymose
- La palpation : identification des points douloureux précis sur les reliefs osseux et ligamentaires
- Les tests spécifiques : mobilisation du poignet dans différentes directions pour évaluer la stabilité ligamentaire
- L’évaluation de la force de préhension et de la mobilité des doigts
- La recherche de signes neurologiques (engourdissement, fourmillements)
Examens complémentaires
Plusieurs examens peuvent être prescrits selon la situation clinique :
- Radiographies standard : indispensables pour éliminer une fracture associée, notamment du scaphoïde (os le plus souvent fracturé du carpe)
- Radiographies dynamiques ou en inclinaison : pour détecter une instabilité ligamentaire
- Échographie : utile pour visualiser les lésions ligamentaires superficielles et guider éventuellement un traitement
- IRM (imagerie par résonance magnétique) : examen de référence pour évaluer précisément les ligaments, le TFCC et les structures cartilagineuses
- Arthroscanner ou arthroscopie : pour les cas complexes ou en vue d’un geste thérapeutique
Classification des entorses par gravité
Les entorses sont classées en trois stades de gravité croissante, ce qui guide directement la prise en charge thérapeutique et permet d’estimer la durée de récupération.
Entorse bénigne (grade I)
Il s’agit d’un simple étirement ligamentaire sans rupture significative des fibres. La douleur est modérée, le gonflement reste discret et il n’y a pas d’instabilité. La guérison intervient généralement en deux à trois semaines avec un traitement conservateur.
Entorse moyenne (grade II)
Elle correspond à une rupture partielle des ligaments avec douleur importante, gonflement marqué et limitation fonctionnelle significative. Une légère instabilité peut être constatée. La récupération nécessite souvent quatre à six semaines et une rééducation adaptée.
Entorse grave (grade III)
Elle implique une rupture complète du ligament avec instabilité articulaire manifeste, douleur intense, gonflement important et impotence fonctionnelle sévère. Le traitement peut nécessiter une intervention chirurgicale et la convalescence s’étend sur plusieurs mois avec une rééducation prolongée.
Traitement et prise en charge
La prise en charge d’une entorse du poignet dépend de sa gravité mais suit des principes généraux bien établis qui ont fait leurs preuves.
Traitement initial : protocole GREC
Dans les premières 48 à 72 heures suivant le traumatisme, le protocole GREC (Glace, Repos, Élévation, Compression) est recommandé :
- Glace : application de froid pendant 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour, pour limiter l’inflammation et la douleur
- Repos : arrêt des activités douloureuses et mise au repos de l’articulation
- Élévation : surélever la main au-dessus du niveau du cœur pour réduire l’œdème
- Compression : à l’aide d’un bandage élastique modérément serré
Traitement médical
Le traitement médicamenteux et orthétique comprend généralement :
- Les antalgiques (paracétamol en première intention) pour soulager la douleur
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en application locale (gel) ou par voie orale sur de courtes durées
- Une immobilisation par attelle thermoformée ou orthèse, dont la durée dépend de la gravité (de quelques jours pour une entorse bénigne à quatre à six semaines pour une entorse grave)
- Des infiltrations de corticoïdes dans certains cas précis, notamment pour les lésions du TFCC
Rééducation fonctionnelle
La kinésithérapie joue un rôle essentiel dans la récupération complète :
- Mobilisation passive puis active pour récupérer progressivement les amplitudes articulaires
- Renforcement musculaire des muscles stabilisateurs du poignet et de l’avant-bras
- Travail proprioceptif pour restaurer la perception de la position articulaire et prévenir les récidives
- Massages et physiothérapie (ultrasons, ondes de choc) pour traiter les adhérences et l’œdème résiduel
- Exercices fonctionnels simulant les gestes de la vie quotidienne ou du sport pratiqué
Quand envisager la chirurgie ?
Le traitement chirurgical est réservé aux situations suivantes :
- Entorse grave avec instabilité avérée (rupture complète ligamentaire)
- Lésion du ligament scapho-lunaire avec diastasis (écart) significatif entre les os
- Échec du traitement conservateur bien conduit après trois à six mois
- Lésion du TFCC symptomatique et invalidante malgré le traitement médical
- Présence de lésions associées (fracture, lésion tendineuse, atteinte nerveuse)

Complications et séquelles possibles
Bien que la grande majorité des entorses évoluent favorablement avec un traitement adapté, certaines peuvent se compliquer :
- Algodystrophie ou syndrome douloureux régional complexe (SDRC de type 1) : douleur persistante avec raideur, gonflement, modifications cutanées et troubles vasomoteurs
- Instabilité chronique du poignet avec sensations répétées de lâchage et épisodes de blocage
- Raideur articulaire séquellaire, surtout en cas d’immobilisation prolongée ou de rééducation insuffisante
- Ostéoarthrose post-traumatique, notamment en cas de lésion ligamentaire négligée ou de cal vicieux
- Nécrose du scaphoïde dans les suites d’une entorse grave non traitée avec atteinte de la vascularisation
- Atteinte du nerf médian avec syndrome du canal carpien secondaire
Conseils pratiques et prévention
Optimiser sa récupération
- Respecter scrupuleusement les temps de repos et ne pas reprendre le sport trop tôt
- Suivre assidûment les séances de kinésithérapie prescrites par le médecin
- Appliquer le protocole GREC dès les premiers jours suivant le traumatisme
- Utiliser l’attelle ou l’orthèse selon les recommandations médicales
- Glacer régulièrement la zone douloureuse pendant la phase aiguë
- Surélever la main la nuit en position allongée pour limiter l’œdème
- Bouger les doigts régulièrement pour éviter l’enraidissement
- Adapter ses activités quotidiennes pour éviter les gestes douloureux
Prévenir les récidives
- Porter des protections adaptées lors de la pratique sportive (poignets de force, gants renforcés)
- Renforcer les muscles de l’avant-bras par des exercices spécifiques réguliers
- Améliorer sa proprioception par des exercices d’équilibre et de stabilisation
- Apprendre les bons gestes de réception en cas de chute (rouler sur soi-même)
- Échauffer correctement le poignet avant tout effort sportif
- Consulter un médecin en cas de douleur persistante plutôt que d’attendre
- Maintenir une bonne hygiène de vie et une alimentation équilibrée pour favoriser la santé ligamentaire
En bref
L’entorse du poignet est une lésion ligamentaire fréquente, survenant principalement lors de chutes avec réception sur la main. Sa gravité varie d’un simple étirement à la rupture complète des ligaments, selon trois grades qui guident la prise en charge. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, sur des examens d’imagerie comme la radiographie et l’IRM.
Le traitement initial associe repos, glace, élévation et compression (protocole GREC), complété par une éventuelle immobilisation, des antalgiques et des anti-inflammatoires. La rééducation kinésithérapique est essentielle pour récupérer pleinement les fonctions du poignet et prévenir les récidives. Dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale peut être envisagée.
Une prise en charge précoce et adaptée permet dans la grande majorité des cas une récupération complète sans séquelles. N’hésitez jamais à consulter rapidement un médecin en cas de traumatisme du poignet, même si la douleur semble modérée, afin d’écarter une lésion grave comme une fracture ou une rupture ligamentaire complète, et d’optimiser votre récupération grâce à un traitement adapté.
Questions / réponses
Quels sont les symptômes d'une entorse du poignet ?
Une entorse du poignet provoque une douleur immédiate, un gonflement et une raideur. Des ecchymoses peuvent apparaître. La mobilité est limitée et la force de préhension diminue. La douleur s'aggrave à la pression ou au mouvement. En cas de déformation, de fourmillements ou d'impotence totale, consultez rapidement un médecin pour éliminer une fracture.
Combien de temps met une entorse du poignet à guérir ?
La guérison dépend de la gravité. Une entorse légère guérit en une à deux semaines. Une entorse modérée nécessite trois à six semaines. Une entorse grave peut demander plusieurs mois. La rééducation est souvent nécessaire pour retrouver mobilité et force. Respectez les conseils médicaux et évitez de solliciter trop tôt l'articulation.
Faut-il consulter un médecin pour une entorse du poignet ?
Oui, il est recommandé de consulter, surtout si la douleur est intense, si le gonflement persiste ou si vous ne pouvez pas bouger le poignet. Le médecin peut prescrire une radiographie pour écarter une fracture. Il adaptera le traitement : repos, glace, compression, élévation, attelle ou rééducation. Une entorse mal soignée peut entraîner des séquelles.
Références
Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Entorse du poignet : causes, symptômes et traitement », consultez les ressources officielles suivantes :
- Inserm — Institut national de la santé et de la recherche médicale
- Haute Autorité de Santé (HAS)
- Ameli — Assurance Maladie : comprendre le corps humain
Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.