Os lacrymal : anatomie complète, fonctions et pathologies associées

Os lacrymal : anatomie et pathologies

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L'os lacrymal est le plus petit os de la face, situé dans la paroi médiale de l'orbite. Découvrez son anatomie détaillée, ses fonctions dans le drainage des larmes et les pathologies qui peuvent l'affecter.

Introduction à l’os lacrymal

L’os lacrymal, également appelé unguis en raison de sa forme rappelant celle d’un ongle, est l’os le plus petit de la face. Bien qu’il soit de taille modeste, il joue un rôle anatomique majeur en participant à la constitution de la paroi médiale de l’orbite et en formant une partie des voies lacrymales. Situé en avant de l’ethmoïde et en arrière du maxillaire, cet os pair — présent donc à gauche et à droite — est indispensable au bon fonctionnement du système de drainage des larmes.

Malgré sa petite taille (environ 15 mm de hauteur), l’os lacrymal est le siège de structures anatomiques essentielles : la crête lacrymale, la gouttière lacrymale et le hamulus lacrymal. Toute atteinte de cet os, qu’elle soit congénitale, traumatique ou pathologique, peut entraîner des troubles oculaires significatifs, notamment un larmoiement chronique appelé épiphora.

Anatomie et structure de l’os lacrymal

Description morphologique

L’os lacrymal est une lamelle osseuse quadrilatère, mince et fragile, qui présente deux faces et quatre bords. Sa forme est globalement rectangulaire, avec des dimensions moyennes de 15 mm de hauteur pour 10 à 12 mm de largeur, et une épaisseur ne dépassant pas 1 à 2 mm.

Sur sa face latérale (orbitaire), on distingue deux parties séparées par une crête verticale appelée crête lacrymale postérieure :

  • Une partie antérieure : la gouttière lacrymale, qui se prolonge en bas par le canal lacrymo-nasal.
  • Une partie postérieure : lisse, qui forme une partie de la paroi médiale de l’orbite.

La face médiale (nasale) est en rapport avec les cellules ethmoïdales antérieures et le méat moyen des fosses nasales. Elle participe ainsi à la constitution de certaines parois sinusiennes.

Éléments anatomiques remarquables

Plusieurs structures osseuses importantes caractérisent l’os lacrymal :

  • La crête lacrymale postérieure : saillie verticale qui sert d’insertion au muscle orbiculaire de l’œil (portion lacrymale, anciennement muscle de Horner) et au fascia lacrymal.
  • La gouttière lacrymale : dépression verticale située en avant de la crête, qui loge le sac lacrymal.
  • Le hamulus lacrymal : petite apophyse crochue située à l’extrémité inférieure de la crête lacrymale postérieure, qui s’articule avec la face lacrymale du maxillaire.
  • Le tubercule lacrymal : petite éminence située à la partie supérieure de la crête lacrymale postérieure.

Localisation et rapports anatomiques

Position dans l’orbite

L’os lacrymal occupe une position stratégique dans la portion antéro-médiale de la paroi interne de l’orbite. Il s’articule avec plusieurs os du massif facial et du crâne, formant ainsi une zone de jonction importante entre la cavité orbitaire, les fosses nasales et les sinus.

Articulations de l’os lacrymal

L’os lacrymal entre en contact avec quatre os principaux :

  • Le maxillaire : en avant, par l’intermédiaire de la face lacrymale du maxillaire qui complète la gouttière lacrymale pour former la fosse du sac lacrymal.
  • L’ethmoïde : en arrière, par le processus unciforme de l’ethmoïde qui s’articule avec l’angle postérieur de l’os lacrymal.
  • Le cornet nasal inférieur : en bas, par son apophyse lacrymale qui complète le canal lacrymo-nasal.
  • L’os frontal : en haut, par son angle supérieur qui s’articule avec l’échancrure lacrymale du frontal.

La fosse du sac lacrymal

La fosse du sac lacrymal (ou fosse lacrymale) est une excavation formée conjointement par l’os lacrymal et le maxillaire. Elle abrite le sac lacrymal, structure membraneuse qui reçoit les larmes provenant des canalicules lacrymaux. Cette fosse se prolonge vers le bas par le canal lacrymo-nasal, qui traverse l’os maxillaire et s’ouvre dans le méat inférieur des fosses nasales, sous le cornet nasal inférieur.

Fonctions et rôle physiologique

Protection du sac lacrymal et des voies lacrymales

La fonction principale de l’os lacrymal est de former la gouttière osseuse qui protège les voies lacrymales. En participant à la constitution de la fosse du sac lacrymal et du canal lacrymo-nasal, cet os assure un soutien structural essentiel au système de drainage des larmes. Sans cette architecture osseuse, les larmes ne pourraient pas s’écouler correctement des yeux vers les fosses nasales.

Participation à la paroi orbitaire médiale

L’os lacrymal contribue à former la paroi médiale de l’orbite, structure osseuse qui protège le globe oculaire et les structures intra-orbitaires. Cette paroi est particulièrement fine et vulnérable aux traumatismes, ce qui explique pourquoi les fractures de la paroi médiale de l’orbite sont relativement fréquentes.

Insertions musculaires et ligamentaires

La crête lacrymale postérieure sert de point d’insertion à plusieurs structures :

  • Le muscle orbiculaire de l’œil (portion profonde, ou partie lacrymale), qui joue un rôle dans le drainage actif des larmes.
  • Le ligament palpébral médial, qui assure la stabilité de la paupière.
  • Le fascia lacrymal, qui recouvre le sac lacrymal.

Vascularisation et innervation

Apport sanguin

L’os lacrymal est vascularisé principalement par des rameaux issus de :

  • L’artère ophtalmique, par ses branches ethmoïdales antérieure et postérieure.
  • L’artère lacrymale, branche de l’artère ophtalmique.
  • L’artère angulaire, branche terminale de l’artère faciale.
  • L’artère infra-orbitaire, branche de l’artère maxillaire.

Le drainage veineux se fait via les veines ophtalmiques et les veines faciales.

Innervation

L’innervation sensitive de l’os lacrymal est assurée par des rameaux du nerf ethmoïdal antérieur, branche du nerf ophtalmique (V1), lui-même branche du nerf trijumeau. Cette innervation explique les douleurs projetées dans la région canthale médiale lors de certaines fractures ou infections des voies lacrymales.

Embryologie et développement

L’os lacrymal se développe par ossification endomembraneuse (et non par ossification enchondrale comme la plupart des os du crâne), à partir d’un centre d’ossification unique qui apparaît vers la douzième semaine de vie intra-utérine. Il dérive du mésenchyme du premier arc branchial, comme la majorité des os de la face.

À la naissance, l’os lacrymal est déjà bien formé mais reste fragile. Il s’épaissit progressivement durant l’enfance pour atteindre sa taille adulte vers la puberté. Des anomalies de développement peuvent survenir :

  • Agénésie de l’os lacrymal : absence complète, souvent associée à d’autres malformations craniofaciales.
  • Hypoplasie : développement insuffisant, parfois observée dans les syndromes malformatifs.
  • Os lacrymal surnuméraire : présence d’os wormiens dans cette région.

Pathologies associées à l’os lacrymal

Fractures de l’os lacrymal

Les fractures de l’os lacrymal surviennent généralement dans le cadre de traumatismes orbitaires (accidents de la route, sports de contact, rixes). En raison de sa finesse, l’os lacrymal se fracture facilement, et ces fractures sont souvent associées à des fractures du complexe naso-ethmoïdo-maxillaire. Les signes cliniques incluent :

  • Un épiphora (larmoiement excessif) par obstruction des voies lacrymales.
  • Une emphysème sous-cutané lors de l’éternuement ou du mouchage (passage d’air des fosses nasales vers les tissus orbitaires).
  • Une douleur à la palpation de la région canthale médiale.
  • Une possible diplopie si la fracture s’étend aux structures musculaires adjacentes.

Le traitement peut nécessiter une réduction chirurgicale avec ostéosynthèse, surtout en cas d’atteinte des voies lacrymales.

Dacryocystite et infections

Bien que la dacryocystite (inflammation du sac lacrymal) ne soit pas directement une pathologie osseuse, elle est souvent favorisée par des anomalies anatomiques de l’os lacrymal : canal lacrymo-nasal étroit, gouttière lacrymale malformée. Ces infections peuvent à terme entraîner une ostéite de l’os lacrymal, heureusement rare mais potentiellement grave.

Tumeurs et lésions tumorales

Des tumeurs bénignes (ostéomes, chondromes) ou malignes (carcinomes, sarcomes) peuvent se développer au niveau de l’os lacrymal. Le carcinome adénoïde kystique du sac lacrymal est la tumeur maligne la plus fréquente dans cette région et peut secondairement envahir l’os lacrymal. Les symptômes révélateurs sont une masse canthale médiale, un larmoiement, des épisodes de dacryocystite à répétition et parfois des douleurs.

Syndrome de Potter et malformations craniofaciales

Dans certains syndromes malformatifs comme le syndrome de Potter, la trisomie 13 ou la synostose craniofaciale, on peut observer des anomalies de l’os lacrymal associées à d’autres malformations de la face.

Explorations et imagerie de l’os lacrymal

Scanner des orbites

Le scanner (CT-scan) des orbites, avec reconstruction coronale et sagittale, constitue l’examen de référence pour étudier l’os lacrymal. Il permet de visualiser les fractures, les anomalies de développement et l’extension osseuse des processus tumoraux ou infectieux.

IRM orbitaire

L’IRM est complémentaire au scanner pour évaluer les tissus mous adjacents (sac lacrymal, muscles oculomoteurs) et rechercher une extension tumorale ou une inflammation péri-osseuse.

Dacryocystographie

La dacryocystographie est un examen radiologique qui consiste à opacifier les voies lacrymales à l’aide d’un produit de contraste. Elle permet d’étudier la perméabilité du système lacrymal et d’identifier les sténoses ou obstructions pouvant être en rapport avec une pathologie osseuse.

L’essentiel en bref

L’os lacrymal est une structure anatomique de petite taille mais d’une grande importance fonctionnelle. Voici les points essentiels à retenir :

  • L’os lacrymal est le plus petit os de la face, de forme quadrilatère et de constitution très fine.
  • Il forme, avec le maxillaire, la fosse du sac lacrymal et participe au canal lacrymo-nasal.
  • Il s’articule avec quatre os : maxillaire, ethmoïde, cornet nasal inférieur et frontal.
  • Sa crête lacrymale postérieure est un repère chirurgical majeur, servant d’insertion au muscle orbiculaire.
  • Les fractures de l’os lacrymal sont fréquentes lors des traumatismes orbitaires et peuvent entraîner un larmoiement chronique.
  • Toute suspicion de fracture ou de pathologie de l’os lacrymal justifie un bilan scannographique rapide.

Conseils pratiques

  • En cas de traumatisme facial avec douleur à l’angle interne de l’œil, consultez rapidement un médecin : un examen ophtalmologique et un scanner peuvent être nécessaires.
  • Évitez de vous moucher violemment après un traumatisme orbitaire pour prévenir un emphysème sous-cutané.
  • Un larmoiement persistant après un traumatisme doit alerter sur une possible obstruction des voies lacrymales.
  • En cas de dacryocystites à répétition, un examen ORL et ophtalmologique avec imagerie est recommandé pour rechercher une anomalie osseuse sous-jacente.
  • Le port de lunettes de protection lors d’activités à risque (sports de contact, bricolage, jardinage) permet de prévenir les traumatismes orbitaires et lacrymaux.

Les questions les plus posées

Qu'est-ce que l'os lacrymal ?

L'os lacrymal, ou unguis, est le plus petit os de la face. Situé dans la paroi médiale de l'orbite, il participe à la formation du canal lacrymal qui draine les larmes vers le nez. Il est fragile et peut être fracturé lors de traumatismes faciaux.

Quelles pathologies affectent l'os lacrymal ?

Les pathologies incluent les fractures (traumatismes), les infections (dacryocystite) et les tumeurs rares. Une atteinte peut provoquer une obstruction du canal lacrymal, un larmoiement excessif ou une infection. Consultez un ophtalmologue en cas de symptômes persistants.

Comment traiter une fracture de l'os lacrymal ?

Le traitement dépend de la gravité : repos et surveillance pour les fractures simples, chirurgie pour les fractures déplacées ou avec obstruction du canal lacrymal. Une consultation ophtalmologique est recommandée pour évaluer les lésions associées. Un suivi est souvent nécessaire.

Pour aller plus loin

Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Os lacrymal : anatomie et pathologies », consultez les ressources officielles suivantes :

Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.