
Les intercostaux intimes : anatomie complète, fonctions et pathologies
Découvrez l'anatomie détaillée des muscles intercostaux intimes, leur rôle dans la respiration, leur innervation et les pathologies qui peuvent les affecter.
Introduction aux muscles intercostaux intimes
Les muscles intercostaux intimes, également appelés intercostaux les plus internes, constituent la couche musculaire la plus profonde de la paroi thoracique. Situés en dedans des muscles intercostaux internes, ils jouent un rôle essentiel dans la mécanique respiratoire et la stabilité de la cage thoracique. Bien qu’ils soient souvent méconnus du grand public, ces muscles font l’objet d’une attention particulière en anatomie, en pneumologie et en médecine de la douleur.
Leur nom latin, musculi intercostales intimi, traduit leur position anatomique : ils occupent l’espace le plus intime, c’est-à-dire le plus profond, des espaces intercostaux. Leur connaissance est fondamentale pour les étudiants en médecine, les kinésithérapeutes, les ostéopathes et tous les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des pathologies thoraciques.

Localisation et structure anatomique
Situation dans la paroi thoracique
La paroi thoracique est composée de plusieurs couches musculaires superposées qui s’étendent entre les côtes adjacentes. De la superficie vers la profondeur, on trouve :
- Les muscles intercostaux externes : situés le plus superficiellement, ils s’étendent depuis l’articulation costo-transversaire jusqu’à l’union chondro-costale.
- Les muscles intercostaux internes : situés juste en dessous des précédents, ils s’étendent du sternum à l’angle des côtes.
- Les muscles intercostaux intimes : la couche la plus profonde, souvent considérée comme un feuillet profond des intercostaux internes.
- La plèvre pariétale qui tapisse la face interne de la cage thoracique.
Disposition des fibres musculaires
Les fibres des muscles intercostaux intimes sont orientées de manière similaire à celles des intercostaux internes. Elles se dirigent obliquement de bas en haut et d’avant en arrière. Cette orientation est inverse à celle des intercostaux externes, ce qui permet des actions musculaires complémentaires lors des mouvements respiratoires.
Insertions osseuses
Les intercostaux intimes s’insèrent :
- En haut, sur le bord inférieur de la côte sus-jacente, plus précisément sur le versant interne de la gouttière costale (sillon costal).
- En bas, sur le bord supérieur de la côte sous-jacente, sur sa face interne.
Ces muscles occupent principalement la partie moyenne des espaces intercostaux, étant moins développés dans les régions postérieure et antérieure extrêmes du thorax.
Rapports anatomiques avec les autres structures
Le pédicule intercostal
L’une des particularités anatomiques majeures des intercostaux intimes est leur rapport étroit avec le pédicule intercostal. En effet, c’est précisément l’existence de cette couche musculaire qui permet de distinguer, au sein de l’espace intercostal, deux compartiments :
- Un compartiment externe, situé entre les intercostaux internes et les intercostaux intimes, qui contient la veine intercostale.
- Un compartiment interne, situé entre les intercostaux intimes et la plèvre pariétale, qui contient l’artère intercostale et le nerf intercostal.
Importance clinique de ces rapports
Cette disposition en deux compartiments explique pourquoi, lors de la réalisation d’une ponction pleurale ou d’un geste chirurgical thoracique, le praticien doit longer le bord supérieur de la côte inférieure pour éviter de léser le pédicule intercostal situé au bord inférieur de la côte supérieure. Le nerf intercostal, étant le plus bas situé dans le sillon costal, est le premier élément protégé par cette règle anatomique.
Rapports avec la plèvre et le poumon
En dedans, les intercostaux intimes répondent à la plèvre pariétale et, au-delà, au poumon et aux viscères thoraciques. Cette proximité explique la douleur projetée lors des pathologies pleurales (pleurésie, pneumothorax) qui peuvent irriter ces muscles et le nerf intercostal adjacent.
Innervation et vascularisation
Innervation motrice et sensitive
Les muscles intercostaux intimes reçoivent leur innervation des nerfs intercostaux, qui sont les branches antérieures des onze premiers nerfs spinaux thoraciques. Chaque nerf intercostal chemine dans l’espace intercostal, accompagné des vaisseaux intercostaux, et assure :
- L’innervation motrice des trois couches de muscles intercostaux.
- L’innervation sensitive de la peau du thorax (dermatome correspondant).
- L’innervation des muscles profonds du dos par ses branches postérieures.
Vascularisation artérielle
La vascularisation des intercostaux intimes est assurée par les artères intercostales, qui cheminent à la face profonde de ces muscles, au contact de la plèvre. On distingue :
- Les artères intercostales antérieures, issues de l’artère thoracique interne (mammary internal artery), pour les six premiers espaces.
- Les artères intercostales postérieures, issues de l’aorte thoracique pour les neuf derniers espaces.
Drainage veineux et lymphatique
Le drainage veineux se fait par les veines intercostales qui se jettent, en avant, dans les veines thoraciques internes et, en arrière, dans le système azygos. Le drainage lymphatique suit les pédicules intercostaux vers les ganglions intercostaux et les chaînes ganglionnaires médiastinales.
Fonctions physiologiques des intercostaux intimes
Rôle dans la respiration
Comme les autres muscles intercostaux, les intercostaux intimes participent activement à la mécanique respiratoire :
- Lors de l’inspiration, la contraction des muscles intercostaux (notamment externes) élève les côtes et augmente les diamètres du thorax, créant une pression négative qui favorise l’entrée d’air dans les poumons.
- Lors de l’expiration, les intercostaux internes et intimes contribuent à l’abaissement des côtes, participant à l’expiration forcée.
Maintien de la rigidité thoracique
Au-delà de leur rôle respiratoire, les intercostaux intimes participent au maintien de la rigidité et de la stabilité de la cage thoracique. Ils empêchent la déformation des espaces intercostaux lors des changements de pression intrathoracique (toux, effort à glotte fermée, éternuement).
Action protectrice
En association avec les autres couches musculaires, les intercostaux intimes contribuent à la protection des organes thoraciques (cœur, poumons, gros vaisseaux) en formant une paroi musculo-osseuse résistante aux traumatismes externes.
Pathologies et douleurs associées
Névralgie intercostale
La pathologie la plus fréquente impliquant les muscles intercostaux intimes est la névralgie intercostale, qui résulte d’une irritation ou compression du nerf intercostal. Elle se manifeste par :
- Une douleur vive en demi-ceinture, suivant le trajet d’un dermatome.
- Une exacerbation à la toux, à l’éternuement et aux mouvements respiratoires.
- Des paresthésies (fourmillements, brûlures) dans le territoire cutané correspondant.
Les causes incluent le zona thoracique, les traumatismes costaux, les tumeurs médiastinales et les pathologies vertébrales (hernie discale thoracique).
Déformations et troubles posturaux
Des troubles posturaux chroniques (cyphose, scoliose, attitude voûtée) peuvent entraîner des contractures et déséquilibres des muscles intercostaux, favorisant les douleurs pariétales et les troubles fonctionnels respiratoires.
Atteintes traumatiques
Les fractures de côtes et les contusions thoraciques peuvent léser directement les muscles intercostaux intimes et le pédicule intercostal, générant des douleurs aiguës et parfois un hémothorax ou un pneumothorax associé.
Examen clinique et explorations
Examen physique
L’examen clinique des intercostaux intimes repose sur :
- La palpation des espaces intercostaux à la recherche de points douloureux.
- L’auscultation pulmonaire pour évaluer la mécanique ventilatoire.
- La recherche de douleurs provoquées par la respiration profonde, la toux ou la mobilisation du tronc.
Imagerie médicale
Les examens complémentaires utiles comprennent :
- La radiographie thoracique pour visualiser les côtes et le parenchyme pulmonaire.
- Le scanner thoracique pour une analyse fine des structures pariétales et pleurales.
- L’IRM pour l’étude des tissus mous et des nerfs intercostaux.
- L’échographie pariétale pour le guidage des gestes interventionnels.
Diagnostics différentiels
Il est essentiel d’éliminer les diagnostics différentiels : pathologie cardiaque (angor, péricardite), pleuro-pulmonaire (embolie pulmonaire, pleurésie), digestive (reflux gastro-œsophagien) ou musculo-squelettique (syndrome de Tietze, syndrome de Cyriax).

Prise en charge et conseils pratiques
La prise en charge des pathologies impliquant les intercostaux intimes repose sur plusieurs axes :
- Le traitement de la cause (antiviraux en cas de zona, antibiothérapie en cas d’infection, chirurgie en cas de hernie discale).
- Le contrôle de la douleur par antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou infiltrations locales d’anesthésiques et de corticoïdes.
- La kinésithérapie respiratoire pour maintenir la mobilité thoracique et prévenir l’enraidissement.
- Les exercices d’étirement et de renforcement des muscles thoraciques et posturaux.
En résumé
Les muscles intercostaux intimes représentent la couche la plus profonde des muscles de la paroi thoracique. Situés en dedans des intercostaux internes, ils partagent avec ces derniers une orientation oblique des fibres et des fonctions respiratoires. Leur rapport anatomique intime avec le pédicule intercostal (artère, veine, nerf) leur confère une importance capitale en chirurgie thoracique et dans la compréhension de la douleur pariétale.
Voici les points essentiels à retenir :
- Les intercostaux intimes occupent la couche la plus profonde des espaces intercostaux.
- Le pédicule intercostal (artère et nerf) chemine à leur face profonde, au contact de la plèvre.
- Ils participent à la respiration, à la stabilité thoracique et à la protection des organes internes.
- Leurs pathologies se manifestent principalement par des douleurs thoraciques en hémi-ceinture.
- Le traitement associe antalgiques, kinésithérapie et prise en charge étiologique.
En cas de douleur thoracique persistante ou inhabituelle, il est recommandé de consulter un médecin pour éliminer une cause grave (cardiaque, pulmonaire) et bénéficier d’une prise en charge adaptée des muscles intercostaux et de leur innervation.