HPV 45 : tout comprendre sur ce papillomavirus humain à haut risque

HPV 45 : comprendre ce papillomavirus à haut risque

HPV 45 : comprendre ce papillomavirus à haut risque
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Le HPV 45 est un papillomavirus humain classé à haut risque oncogène, responsable de cancers du col de l'utérus et de l'anus. Découvrez ses caractéristiques, son dépistage, ses traitements et les moyens de prévention efficaces.

Qu’est-ce que le HPV 45 ?

Le HPV 45 (Human Papillomavirus de type 45) est un virus à ADN appartenant à la famille des Papillomaviridae. Il fait partie des génotypes de papillomavirus humain classés comme hautement oncogènes par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC). Sur les plus de 200 génotypes de HPV identifiés à ce jour, une douzaine sont considérés à haut risque cancérogène, et le HPV 45 figure parmi eux.

Phylogénétiquement, le HPV 45 appartient à l’espèce alpha-7, au même titre que le HPV 18, le HPV 39, le HPV 59, le HPV 68 et le HPV 70. Cette parenté génétique explique en partie son profil biologique et clinique, proche de celui du HPV 18. Le HPV 45 se distingue cependant par une préférence marquée pour les épithéliums glandulaires, ce qui le rend particulièrement impliqué dans les adénocarcinomes du col de l’utérus, contrairement au HPV 16, plus souvent associé aux carcinomes épidermoïdes.

Caractéristiques virologiques du HPV 45

Structure et génome viral

Comme tous les papillomavirus, le HPV 45 est un virus non enveloppé, d’environ 50 à 60 nanomètres de diamètre, dont la capside icosaédrique contient un génome d’ADN circulaire bicaténaire d’environ 8 000 paires de bases. Son génome est organisé en trois régions fonctionnelles :

  • La région LCR (Long Control Region) : elle régule la réplication virale et l’expression des gènes.
  • La région précoce (E) : elle code pour les protéines E1, E2, E4, E5, E6 et E7, impliquées dans la réplication virale et l’immortalisation cellulaire. Les oncoprotéines E6 et E7 sont les principaux agents de la transformation maligne : E6 dégrade la protéine suppresseur de tumeur p53 via l’ubiquitine ligase E6AP, tandis que E7 inactive la protéine du rétinoblastome (pRb).
  • La région tardive (L) : elle code pour les protéines de capside L1 et L2, cibles des vaccins prophylactiques.

Tropisme et pathogenèse

Le HPV 45 présente un tropisme muqueux et infecte préférentiellement les épithéliums malpighiens et glandulaires des muqueuses ano-génitales, mais aussi de l’oropharynx. Après micro-lésions, le virus atteint les cellules basales de l’épithélium, où il initie son cycle viral. La majorité des infections sont transitoires et éliminées par le système immunitaire en 12 à 24 mois, mais en cas de persistance, elles peuvent évoluer vers des lésions précancéreuses puis cancéreuses, processus qui s’étale généralement sur 10 à 20 ans.

Transmission et facteurs de risque

Mode de transmission

Le HPV 45 se transmet principalement par contact sexuel, incluant les rapports vaginaux, anaux et oraux. La transmission peut également se produire par contact cutanéomuqueux intime, sans qu’il y ait nécessairement pénétration. Les principaux facteurs associés à la transmission sont :

  • Le nombre de partenaires sexuels au cours de la vie.
  • La précocité des premiers rapports.
  • L’absence d’utilisation du préservatif (bien que celui-ci ne protège que partiellement).
  • Le tabagisme, qui altère l’immunité locale.
  • L’immunodépression (VIH, transplantés, traitements immunosuppresseurs).
  • La co-infection par d’autres IST.

Prévalence

Le HPV 45 figure parmi les génotypes les plus fréquents dans les infections HPV à haut risque, généralement en 4e ou 5e position après les HPV 16, 18, 31, 33 ou 52 selon les études et les zones géographiques. Sa prévalence est particulièrement élevée en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et dans certaines régions d’Asie. Chez les femmes infectées, il représente environ 4 à 8 % des infections à HPV à haut risque détectées.

Maladies et cancers associés au HPV 45

Cancer du col de l’utérus

Le HPV 45 est retrouvé dans environ 4 à 5 % des cancers invasifs du col de l’utérus dans le monde, ce qui en fait l’un des génotypes les plus oncogènes après les HPV 16 et 18. Sa particularité est d’être nettement surreprésenté dans les adénocarcinomes du col utérin, où il peut représenter jusqu’à 10 à 15 % des cas. L’adénocarcinome endocervical est historiquement plus difficile à dépister par le frottis cytologique classique, ce qui rend la place du test HPV fondamentale pour sa détection.

Cancer anal et autres cancers ano-génitaux

Le HPV 45 est également impliqué dans les cancers de l’anus, les cancers de la vulve, du vagin et de la pénis, bien que sa prévalence y soit globalement plus faible que celle du HPV 16. Chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et chez les personnes vivant avec le VIH, l’incidence de ces cancers est nettement augmentée.

Cancers de l’oropharynx

Le HPV 45 est parfois détecté dans les cancers oropharyngés, notamment des amygdales et de la base de langue, mais sa contribution y reste marginale par rapport au HPV 16 qui est largement majoritaire dans ces localisations.

Diagnostic et dépistage du HPV 45

Le frottis cervico-vaginal

Le frottis cervico-vaginal (FCV) reste la base du dépistage du cancer du col de l’utérus. Il permet de détecter les anomalies cytologiques : ASC-US (cellules atypiques de signification indéterminée), LSIL (lésion intra-épithéliale de bas grade), HSIL (lésion intra-épithéliale de haut grade). Toutefois, sa sensibilité pour la détection des lésions glandulaires associées au HPV 45 est limitée, ce qui renforce l’intérêt du test moléculaire.

Le test HPV

Le test HPV repose sur des techniques de biologie moléculaire (PCR, hybridation) capables de détecter l’ADN de génotypes à haut risque, dont le HPV 45 fait partie. Les systèmes modernes permettent soit une détection globale des HPV haut risque, soit une génotypage individuel des types 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58 (comme le test cobas 4800). La détection isolée du HPV 45 conduit généralement à une colposcopie, en raison de son oncogénicité élevée.

Indications de dépistage

  • En France, le dépistage organisé du cancer du col concerne toutes les femmes de 25 à 65 ans.
  • De 25 à 29 ans : frottis cytologique tous les 3 ans (après deux frottis normaux à un an d’intervalle).
  • De 30 à 65 ans : test HPV tous les 5 ans.
  • Chez les hommes immunodéprimés ou HSH : dépistage anal par frottis recommandé.

Traitement des infections à HPV 45

Prise en charge des lésions précancéreuses

Il n’existe aucun traitement antiviral curatif spécifique contre le HPV 45. La prise en charge est ciblée sur les lésions induites par le virus :

  • Cryothérapie : application d’azote liquide pour détruire les lésions de bas grade.
  • Conisation à l’anse diathermique (LEEP) : excision d’un fragment du col pour les lésions de haut grade (CIN 2/3).
  • Conisation au bistouri froid : pour les lésions étendues ou suspected d’invasion.
  • Laser CO2 : alternative pour vaporiser les lésions.

Suivi post-thérapeutique

Après traitement d’une lésion liée au HPV 45, un suivi renforcé est indispensable : test HPV et cytologie à 6 mois, puis tous les 12 mois pendant au moins 3 ans, en raison du risque de récidive et de persistance virale. Chez les femmes ayant eu une conisation, le risque d’accouchement prématuré lors de grossesses ultérieures doit être surveillé.

Traitement des cancers invasifs

En cas de cancer avéré, la prise en charge relève d’équipes spécialisées et combine chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie selon le stade FIGO. Les thérapies ciblées et l’immunothérapie (anti-PD1/PD-L1) sont désormais envisagées dans les formes avancées ou métastatiques.

Prévention et vaccination contre le HPV 45

Vaccins disponibles

Le HPV 45 est inclus dans le vaccin nonavalent Gardasil 9®, qui protège contre 9 génotypes : 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58. Ce vaccin couvre ainsi près de 90 % des papillomavirus responsables des cancers du col de l’utérus. Le vaccin bivalent (Cervarix®) ne couvre pas le HPV 45, ce qui est un argument en faveur du Gardasil 9® dans les stratégies vaccinales modernes.

Calendrier vaccinal

  • Recommandé chez les filles et les garçons à partir de 11 ans, en deux doses espacées de 6 mois.
  • Rattrapage possible jusqu’à 19 ans révolus.
  • Chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et chez les personnes immunodéprimées, la vaccination est recommandée jusqu’à 26 ans, voire 45 ans selon l’avis des autorités sanitaires.

Autres mesures préventives

  • Utilisation du préservatif lors des rapports sexuels (réduction partielle du risque).
  • Réduction du nombre de partenaires sexuels.
  • Arrêt du tabac, qui favorise la persistance virale.
  • Dépistage régulier selon les recommandations en vigueur.
  • Renforcement de l’immunité par une hygiène de vie saine.

Les points clés

  • Le HPV 45 est un papillomavirus humain à haut risque oncogène, appartenant à l’espèce alpha-7, proche du HPV 18.
  • Il est particulièrement impliqué dans les adénocarcinomes du col de l’utérus, forme de cancer souvent diagnostiquée tardivement.
  • Sa transmission est essentiellement sexuelle et la majorité des infections sont éliminées spontanément par le système immunitaire.
  • Le test HPV avec génotypage est plus performant que le frottis cytologique seul pour détecter les infections à HPV 45.
  • Il n’existe aucun traitement antiviral curatif contre le virus : la prise en charge concerne les lésions qu’il induit.
  • Le vaccin nonavalent Gardasil 9® protège efficacement contre le HPV 45 et est recommandé dès 11 ans chez les filles et les garçons.
  • Le dépistage régulier du cancer du col de l’utérus reste indispensable, même chez les personnes vaccinées.

Conseils pratiques pour les patients

Si vous avez reçu un résultat positif pour le HPV 45, il est essentiel de ne pas céder à la panique : la majorité des infections s’éliminent spontanément. Respectez scrupuleusement le calendrier de suivi proposé par votre gynécologue ou médecin traitant. Si vous êtes parents d’adolescents, n’hésitez pas à aborder la question de la vaccination HPV avec votre médecin : elle est aujourd’hui recommandée pour tous les adolescents, filles comme garçons, et représente la meilleure protection contre les cancers liés aux papillomavirus. Enfin, maintenez un mode de vie sain, évitez le tabac et participez aux programmes de dépistage organisés, qui sauvent des milliers de vies chaque année.

FAQ

Qu'est-ce que le HPV 45 ?

Le HPV 45 est un papillomavirus humain à haut risque oncogène, appartenant à la famille des Papillomaviridae. Il est transmis sexuellement et peut causer des cancers du col de l'utérus, de l'anus, du vagin ou de l'oropharynx. Il est moins fréquent que les HPV 16 et 18, mais tout aussi dangereux. La vaccination et le dépistage régulier sont essentiels pour prévenir les complications.

Comment se transmet le HPV 45 ?

Le HPV 45 se transmet principalement par contact sexuel, y compris les rapports vaginaux, anaux ou oraux, souvent sans pénétration. Il peut aussi se transmettre par contact cutané génital. Le préservatif réduit mais n'élimine pas totalement le risque. La vaccination contre le HPV protège contre ce type. Un dépistage régulier est recommandé pour les femmes de 25 à 65 ans.

Existe-t-il un traitement contre le HPV 45 ?

Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique contre le HPV 45. Les lésions précancéreuses peuvent être traitées par des procédures comme la conisation ou la vaporisation laser. Les verrues génitales peuvent être enlevées. La vaccination prévient l'infection. Un suivi gynécologique régulier permet de détecter et traiter les lésions avant qu'elles ne deviennent cancéreuses. Consultez un médecin pour un dépistage.

Références

Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « HPV 45 : comprendre ce papillomavirus à haut risque », consultez les ressources officielles suivantes :

Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.