
L'eczéma atopique, ou dermatite atopique, est une maladie inflammatoire chronique de la peau fréquente chez l'enfant et l'adulte. Découvrez ses causes, ses manifestations et les traitements disponibles pour soulager les crises.
Qu’est-ce que l’eczéma atopique ?
L’eczéma atopique, également appelé dermatite atopique, est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche environ 15 à 20 % des enfants et 1 à 3 % des adultes dans les pays industrialisés. Elle se caractérise par des poussées de lésions rouges, sèches et prurigineuses, alternant avec des périodes de rémission plus ou moins longues.
Cette pathologie fait partie du « terrain atopique », une prédisposition génétique qui favorise également l’apparition d’autres maladies allergiques comme l’asthme, la rhinite allergique et les allergies alimentaires. On parle de « marche atopique » lorsque ces différentes manifestations se succèdent au cours de la vie d’un patient.
Bien que l’eczéma atopique ne soit pas contagieux et ne mette pas en jeu le pronostic vital, il a un impact considérable sur la qualité de vie. Les démangeaisons intenses perturbent le sommeil, la concentration et les relations sociales. Chez l’enfant, il est souvent source de souffrance et d’anxiété pour les parents.
Causes et facteurs de risque
L’eczéma atopique résulte d’une interaction complexe entre des facteurs génétiques et environnementaux.
La prédisposition génétique
La composante héréditaire est majeure. Lorsqu’un parent est atteint, le risque pour l’enfant est d’environ 30 à 40 %. Si les deux parents sont concernés, ce risque grimpe à 60-80 %. Des mutations du gène de la filaggrine, une protéine essentielle à la cohésion des cellules de la couche cornée, sont retrouvées chez 20 à 30 % des patients. Elles entraînent une altération de la barrière cutanée et une perte d’eau transépidermique accrue.
Le dérèglement immunitaire
Le système immunitaire des patients atopiques est orienté vers une réponse de type Th2, avec production excessive d’immunoglobulines E (IgE) et de cytokines inflammatoires (IL-4, IL-5, IL-13). Cette hyperréactivité favorise l’inflammation cutanée dès qu’un stimulus est perçu.
Les facteurs environnementaux
Plusieurs éléments déclenchent ou aggravent les poussées :
- Les allergènes : acariens, pollens, poils d’animaux, moisissures
- Les irritants : savons agressifs, détergents, laine, tissus synthétiques
- Les variations climatiques : froid sec, chaleur excessive, sudation
- Le stress psychologique et le manque de sommeil
- Certaines infections cutanées, notamment par le staphylocoque doré
- Les changements hormonaux (puberté, grossesse)
Symptômes et diagnostic
Le diagnostic de l’eczéma atopique est essentiellement clinique, c’est-à-dire qu’il repose sur l’examen médical et l’interrogatoire du patient. Aucun examen complémentaire n’est indispensable dans les formes typiques.
Les signes cardinaux
Trois manifestations caractéristiques permettent le diagnostic :
- La sécheresse cutanée (xérose), présente même en dehors des poussées
- Les lésions d’eczéma : plaques rouges (érythémateuses), parfois suintantes, puis croûteuses, enfin squameuses
- Le prurit intense, quasi constant, qui s’aggrave souvent la nuit
Critères diagnostiques de Hanifin et Rajka
Les médecins s’appuient sur des critères validés internationalement. Au moins trois critères majeurs parmi quatre doivent être présents : prurit, topographie typique, chronicité/dermatite chronique ou récidivante, et antécédents personnels ou familiaux d’atopie. À cela s’ajoutent des critères mineurs comme la pâleur faciale, le pli infra-orbitaire, l’ichtyose ou la kératose pilaire.
Examens complémentaires
En cas de doute, des tests allergologiques peuvent être réalisés : prick tests cutanés, dosage des IgE spécifiques, ou patch-tests pour rechercher un eczéma de contact associé. Une biopsie cutanée est rarement nécessaire, sauf pour écarter d’autres diagnostics.

Localisations selon l’âge
La topographie des lésions évolue au cours de la vie, ce qui constitue un indice précieux pour le diagnostic.
Chez le nourrisson (0 à 2 ans)
L’eczéma touche préférentiellement le visage (joues, front, cuir chevelu), les faces externes des bras et des jambes, ainsi que les plis des coudes et des genoux. Le siège peut également être affecté par l’humidité des couches.
Chez l’enfant (2 à 12 ans)
Les lésions se localisent dans les plis : creux poplités (derrière les genoux), plis des coudes, plis du cou, poignets et chevilles. La peau devient épaisse et lichénifiée à force d’être grattée.
Chez l’adolescent et l’adulte
L’eczéma reste souvent cantonné aux plis, mais peut également toucher les mains, le cou, le décolleté, les paupières et les zones génitales. Dans les formes sévères, la maladie devient généralisée (érythrodermie).
Traitements médicaux de l’eczéma atopique
La prise en charge repose sur une stratégie globale associant soins quotidiens et traitements des poussées.
Les dermocorticoïdes
Ils constituent le traitement de référence des poussées. Les crèmes ou pommades à base de corticoïdes réduisent rapidement l’inflammation et le prurit. Il en existe quatre classes selon leur puissance (faible, modérée, forte, très forte). Le médecin choisit la classe en fonction de la zone à traiter et de l’âge du patient. Un suivi rigoureux est nécessaire pour éviter les effets secondaires (atrophie cutanée, vergetures) en cas d’usage prolongé.
Les inhibiteurs de la calcineurine
Le tacrolimus (Protopic) et le pimécrolimus (Elidel) sont des alternatives non stéroïdiennes, particulièrement utiles sur le visage, les paupières et les plis où la peau est fine. Ils peuvent être utilisés dès l’âge de 2 ans.
Les biothérapies
Le dupilumab (Dupixent), un anticorps monoclonal anti-IL-4 et anti-IL-13, a révolutionné la prise en charge des formes sévères de l’adulte puis de l’adolescent à partir de 6 ans. Administré par injection sous-cutanée toutes les deux semaines, il permet une amélioration spectaculaire chez les patients en échec thérapeutique. D’autres biothérapies sont en développement : tralokinumab, lebrikizumab, nemolizumab.
Les antihistaminiques
Ils n’ont qu’un effet limité sur le prurit lui-même mais peuvent aider en cas de troubles du sommeil importants, grâce à leur effet sédatif.

Soins quotidiens et hydratation
L’hydratation cutanée est la pierre angulaire du traitement de fond. Elle doit être pratiquée tous les jours, même en l’absence de lésions visibles.
Choix des émollients
Privilégiez les baumes ou crèmes épaisses sans parfum, sans alcool et sans conservateurs irritants. Les produits contenant de la glycérine, du beurre de karité, des céramides ou de la niacinamide sont particulièrement adaptés. Appliquez-les immédiatement après la toilette, sur peau encore humide, pour « sceller » l’eau dans l’épiderme.
Hygiène adaptée
Optez pour des pain ou gel lavant sans savon (syndet), au pH proche de celui de la peau (5,5). Les bains ne doivent pas excéder 10 à 15 minutes et l’eau doit être tiède, jamais chaude. Séchez la peau par tamponnement, sans frotter.
Vêtements et environnement
Préférez le coton et le lin aux matières synthétiques ou à la laine. Lavez les vêtements neufs avant de les porter et utilisez des lessives hypoallergéniques. Maintenez une température ambiante autour de 19-20 °C et aérez quotidiennement la chambre.
Prévenir les crises et limiter les déclencheurs
Identifier les facteurs déclenchants personnels est essentiel pour espacer les poussées.
- Évacuez les acariens : housses anti-acariens, lavage régulier de la literie à 60 °C, aération quotidienne
- Évitez les atmosphères poussiéreuses, la fumée de tabac et la pollution intérieure
- Gérez le stress par des techniques de relaxation, du yoga ou une activité physique régulière
- Hydratez-vous correctement : 1,5 L d’eau par jour en moyenne
- Ne grattez pas les lésions : coupez les ongles courts, utilisez des mitaines la nuit pour les jeunes enfants
- Consultez un allergologue en cas de suspicion d’allergie alimentaire ou respiratoire associée

Vivre avec un eczéma atopique
L’eczéma atopique est une maladie chronique qui s’améliore souvent à l’adolescence, mais peut persister ou réapparaître à l’âge adulte, notamment sous l’effet du stress ou des irritants professionnels (coiffeurs, professionnels de santé, métiers du bâtiment).
Un soutien psychologique est parfois nécessaire, en particulier chez l’adolescent qui souffre du regard des autres. Des associations de patients comme la Fondation Eczéma ou l’Association Française de l’Eczéma offrent des ressources, des témoignages et un accompagnement précieux.
L’éducation thérapeutique du patient (ETP), proposée dans certains centres hospitaliers, permet d’acquérir les bons gestes et de mieux comprendre sa maladie. N’hésitez pas à interroger votre dermatologue ou votre médecin traitant à ce sujet.
En résumé
- L’eczéma atopique est une maladie chronique inflammatoire très fréquente, d’origine génétique et immunologique
- Le diagnostic est clinique, basé sur la sécheresse cutanée, les lésions et le prurit
- Les localisations varient avec l’âge : visage chez le nourrisson, plis chez l’enfant et l’adulte
- Les émollients appliqués quotidiennement constituent le traitement de fond indispensable
- Les dermocorticoïdes restent le traitement de référence des poussées, utilisés sur de courtes durées
- Le dupilumab et les nouvelles biothérapies offrent un espoir majeur pour les formes sévères
- Identifier et éviter les déclencheurs (irritants, allergènes, stress) permet de réduire la fréquence des crises
- Un suivi médical régulier avec un dermatologue est recommandé, surtout dans les formes modérées à sévères
Avec une prise en charge adaptée et un suivi régulier, la majorité des patients atopiques parvient à contrôler leur maladie et à maintenir une excellente qualité de vie.
Les questions les plus posées
Qu'est-ce que l'eczéma atopique ?
L'eczéma atopique, ou dermatite atopique, est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle se caractérise par des plaques rouges, des démangeaisons intenses et une sécheresse cutanée. Elle touche souvent les enfants mais peut persister à l'âge adulte. Sa cause est multifactorielle, mêlant génétique et environnement.
Quels sont les symptômes de l'eczéma atopique ?
Les symptômes incluent des démangeaisons sévères, des rougeurs, des squames et parfois des suintements. Les lésions siègent souvent sur les plis des coudes, derrière les genoux, au visage ou aux mains. Les poussées alternent avec des périodes d'accalmie. Un avis médical est recommandé pour un traitement adapté.
Comment traiter l'eczéma atopique ?
Le traitement repose sur des émollients quotidiens pour hydrater la peau et des dermocorticoïdes lors des poussées. Les antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons. Évitez les irritants et les allergènes. En cas de forme sévère, consultez un dermatologue pour des options thérapeutiques plus poussées.
Références
Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Eczéma atopique : causes, symptômes et traitements efficaces », consultez les ressources officielles suivantes :
- Ameli — conseil santé et prévention
- Manger Bouger — le guide nutrition
- Haute Autorité de Santé (HAS)
Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.