
Cloison nasale : anatomie, fonctions et pathologies
Découvrez l'anatomie complète, les fonctions et les principales pathologies de la cloison nasale, cette structure médiane essentielle qui sépare les deux fosses nasales et joue un rôle clé dans la respiration.
1. Qu’est-ce que la cloison nasale ?
La cloison nasale, également appelée septum nasal, est une structure anatomique médiane qui sépare les deux fosses nasales. Cette paroi verticale, située au centre du nez, s’étend de l’entrée des narines jusqu’au nasopharynx, où elle se prolonge par le voile du palais. La cloison nasale constitue l’un des éléments les plus importants de l’architecture du nez et joue un rôle fondamental dans la respiration, l’olfaction et la protection des voies respiratoires supérieures.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la cloison nasale n’est pas strictement rectiligne chez la grande majorité des individus. En réalité, selon les études anatomiques, environ 80 % des adultes présentent une déviation modérée du septum nasal, ce qui est tout à fait physiologique. Seules les déviations importantes ou symptomatiques nécessitent une prise en charge médicale ou chirurgicale. Le septum représente donc bien plus qu’une simple paroi : il s’agit d’un élément dynamique, vivant et parfois vulnérable.
Cette structure est composée de plusieurs tissus : une partie osseuse postérieure, une partie cartilagineuse antérieure, ainsi qu’une muqueuse richement vascularisée qui recouvre l’ensemble. Comprendre son anatomie permet de mieux appréhender les nombreuses pathologies qui peuvent l’affecter, qu’elles soient congénitales, traumatiques ou dégénératives.
2. Anatomie détaillée de la cloison nasale
2.1. La portion osseuse
La partie postérieure de la cloison nasale est constituée de plusieurs os du crâne et de la face. On distingue principalement :
- Le vomer : os impair et médian formant la partie postéro-inférieure du septum. Sa forme rappelle celle d’une lame verticale fine.
- La lame perpendiculaire de l’os ethmoïde : structure osseuse mince qui occupe la partie supérieure du septum nasal et s’articule avec la base du crâne.
- Le rostre du sphénoïde : contribution osseuse postérieure au niveau du toit nasal.
- Les os nasaux et l’épine nasale du frontal qui participent également à la structure supérieure.
- Les crêtes nasales du maxillaire et du palatin : structures osseuses sur lesquelles repose la cloison.
2.2. La portion cartilagineuse
La partie antérieure et mobile de la cloison nasale est essentiellement composée du cartilage septal (ou cartilage quadrangulaire). Ce cartilage hyalin flexible confère à la pointe du nez son soutien et sa forme caractéristique. Il représente environ 50 % de la surface totale du septum.
Le cartilage septal s’articule avec les os environnants grâce à des zones de jonction cartilagineuses et fibreuses, permettant une certaine mobilité tout en maintenant la rigidité nécessaire à la fonction respiratoire. À sa partie inférieure, on retrouve l’épine nasale antérieure du maxillaire, qui sert de point d’ancrage solide. Le cartilage latéral supérieur, plus petit, participe à la structure de l’arête nasale.
2.3. La muqueuse et la vascularisation
La cloison nasale est entièrement tapissée d’une muqueuse richement vascularisée, principalement issue de deux sources :
- Le système carotidien interne : via les artères ethmoïdales antérieure et postérieure.
- Le système carotidien externe : via l’artère sphénopalatine et l’artère labiale supérieure.
Une zone particulièrement vascularisée, appelée tache vasculaire de Kiesselbach ou zone de Little, se situe à la partie antérieure de la cloison. Cette région correspond au point de rencontre de ces différents réseaux artériels et constitue la source de plus de 90 % des saignements de nez (épistaxis). La muqueuse septale contient également de nombreuses glandes séro-muqueuses qui contribuent à l’humidification de l’air inspiré.
3. Fonctions essentielles de la cloison nasale
La cloison nasale assure plusieurs fonctions physiologiques capitales :
Fonction de séparation et de canalisation : elle divise la cavité nasale en deux conduits parallèles, permettant un flux d’air régulier et laminaire vers les poumons. Cette canalisation favorise l’humidification et le réchauffement de l’air inspiré avant qu’il n’atteigne les alvéoles pulmonaires, processus indispensable à la fonction respiratoire.
Fonction olfactive : les cornets nasaux, qui se déploient latéralement à partir des parois latérales des fosses nasales, sont en partie orientés par la cloison. L’air inspiré transporte les molécules odorantes jusqu’à la fente olfactive située dans la partie supérieure du septum, où résident les récepteurs olfactifs.
Fonction de soutien structural : la cloison nasale constitue l’axe central du nez et détermine en grande partie sa forme externe. Elle influence directement l’apparence du profil et de la projection nasale, jouant ainsi un rôle esthétique majeur.
Fonction de défense immunitaire : la muqueuse septale est richement innervée et contient de nombreuses cellules immunitaires (lymphocytes, macrophages). Elle participe à la première ligne de défense contre les pathogènes inhalés, les allergènes et les particules polluantes.
4. Les déviations de la cloison nasale
4.1. Causes et facteurs de risque
La déviation de la cloison nasale est une condition extrêmement fréquente. Elle peut être :
- Congénitale : présente dès la naissance, souvent liée à un traumatisme obstétrical lors de l’accouchement ou à un développement asymétrique des os de la face pendant la croissance.
- Traumatique : consécutive à un choc direct sur le nez (accident de voiture, sport de contact, chute, agression). Le septum peut se fracturer ou se luxer, parfois sans atteinte visible extérieure.
- Acquise et développementale : se manifestant ou s’aggravant pendant la croissance, en raison des pressions asymétriques entre les os et les cartilages au cours de la puberté.
4.2. Symptômes d’une déviation significative
Une déviation importante du septum peut entraîner divers symptômes :
- Obstruction nasale unilatérale ou bilatérale, permanente ou intermittente
- Respiration buccale chronique, particulièrement nocturne
- Ronflements et risque accru de syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS)
- Drainage nasal postérieur (sensation de mucus dans la gorge)
- Épistaxis récurrents en raison de la sécheresse muqueuse
- Maux de tête frontaux ou faciaux, parfois confondus avec des sinusites
- Infections sinusiennes (sinusites) à répétition
- Perturbation de l’odorat et du goût
- Fatigue chronique liée à un sommeil de mauvaise qualité

5. Pathologies courantes de la cloison nasale
5.1. La perforation septale
Une perforation de la cloison nasale désigne un trou à travers le septum, mettant en communication les deux fosses nasales. Les causes principales incluent :
- Les traumatismes répétés (notamment chez les patients qui se curent le nez de manière compulsive)
- L’usage de cocaïne ou de certaines substances inhalées toxiques
- L’exposition professionnelle à des produits chimiques irritants (chrome, pesticides, solvants)
- Les maladies auto-immunes (lupus érythémateux, polyarthrite rhumatoïde, granulomatose avec polyangéite)
- Les infections chroniques ou aiguës (tuberculose, syphilis, lèpre)
- Les complications post-chirurgicales
Les symptômes typiques sont les saignements, la formation de croûtes sèches, les sifflements à la respiration et parfois des douleurs. Le traitement repose sur l’éviction des facteurs déclenchants, l’hydratation locale et parfois la fermeture chirurgicale par lambeau muqueux.
5.2. L’hématome septal
Il s’agit d’une collection de sang entre le cartilage septal et sa muqueuse, survenant généralement après un traumatisme nasal, particulièrement chez l’enfant et l’adolescent. L’hématome septal constitue une urgence médicale, car il peut évoluer vers un abcès et provoquer une nécrose du cartilage, entraînant une déformation esthétique appelée « nez en selle ». Le traitement consiste en une incision et un drainage rapides, associés à une antibiothérapie préventive pour éviter la surinfection.
5.3. L’abcès septal
Souvent secondaire à un hématome septal non traité ou insuffisamment drainé, l’abcès septal est une infection grave du septum nasal qui nécessite une prise en charge urgente en milieu hospitalier. Il se manifeste par une douleur intense, une rougeur, un gonflement du nez, une obstruction nasale bilatérale et de la fièvre. Sans traitement rapide, il peut entraîner une destruction irréversible du cartilage et une déformation nasale définitive.

6. Diagnostic et examens médicaux
Le diagnostic des pathologies de la cloison nasale repose principalement sur :
- L’examen clinique : rhinoscopie antérieure à l’aide d’un spéculum nasal, réalisée par le médecin ORL, permettant d’inspecter la portion antérieure de la cloison.
- L’endoscopie nasale : visualisation complète des fosses nasales grâce à une fibre optique souple ou rigide, indispensable pour explorer les zones postérieures inaccessibles à l’œil nu.
- Le scanner (tomodensitométrie) des sinus : examen de référence pour évaluer la structure osseuse et cartilagineuse, particulièrement utile avant une chirurgie programmée.
- L’IRM : indiquée dans certains cas, notamment pour évaluer les tissus mous, rechercher une pathologie inflammatoire ou tumorale associée.
- Les prélèvements bactériologiques : utiles en cas de suspicion d’infection ou d’abcès septal.
7. Traitements disponibles
7.1. Traitement médical
Le traitement médical est indiqué en première intention pour les symptômes légers ou en complément de la chirurgie. Il comprend :
- Lavages nasaux réguliers au sérum physiologique ou à l’eau de mer isotonique
- Corticoïdes locaux (sprays nasaux) pour réduire l’inflammation de la muqueuse
- Antihistaminiques en cas de composante allergique associée
- Dermocorticoïdes ou crèmes cicatrisantes pour les irritations locales de la muqueuse
- Antibiothérapie en cas d’infection avérée (sinusite, abcès)
7.2. Traitement chirurgical : la septoplastie
La septoplastie est l’intervention chirurgicale de référence pour corriger une déviation de la cloison nasale. Réalisée sous anesthésie générale ou locale avec sédation, elle consiste à remodeler ou retirer les portions déviées du septum tout en préservant un soutien cartilagineux suffisant pour maintenir la structure du nez.
Les indications principales sont :
- Obstruction nasale persistante malgré un traitement médical bien conduit pendant trois à six mois
- Épistaxis récurrents liés à la déviation
- Sinusites chroniques à répétition favorisées par l’obstruction mécanique
- Difficultés respiratoires altérant significativement la qualité du sommeil
- Difficultés d’accès aux sinus lors d’une chirurgie endoscopique
La septoplastie peut être associée à une rhinoplastie (correction esthétique du nez) dans le cadre d’une septo-rhinoplastie fonctionnelle et esthétique. Les suites opératoires sont généralement simples, avec mèches nasales retirées au bout de 24 à 48 heures et reprise des activités normales après dix à quinze jours. Le résultat définitif est apprécié après trois à six mois de cicatrisation complète.

8. Conseils pratiques pour préserver la santé de votre cloison nasale
Pour préserver la santé de votre cloison nasale au quotidien, plusieurs mesures simples peuvent être adoptées :
- Évitez le curage nasal agressif, source fréquente de micro-lésions, de croûtes et d’infections.
- Hydratez régulièrement vos fosses nasales à l’aide de sprays à base d’eau de mer ou de solutions salines isotoniques, surtout en atmosphère sèche ou en période hivernale.
- Protégez-vous lors des activités à risque (sports de contact, cyclisme, équitation) en portant un masque ou une protection nasale adaptée.
- Consultez rapidement après tout traumatisme nasal, surtout chez l’enfant, pour exclure un hématome septal qui nécessite un drainage urgent.
- Traitez les allergies et infections nasales de manière précoce pour éviter l’inflammation chronique de la muqueuse.
- Évitez l’exposition aux irritants chimiques ou aux substances toxiques inhalées (poussières, solvants).
- Arrêtez le tabac : il aggrave l’inflammation de la muqueuse et altère la cicatrisation, augmentant le risque de complications.
- Surveillez les médicaments hémorragiques : l’aspirine et les anticoagulants peuvent aggraver les épistaxis.
- Maintenez une humidité ambiante suffisante (entre 40 et 60 %) pour éviter le dessèchement des muqueuses.
En résumé
La cloison nasale est une structure anatomique complexe, à la fois osseuse, cartilagineuse et muqueuse, qui sépare les deux fosses nasales et joue un rôle essentiel dans la respiration, l’olfaction et la défense immunitaire. Bien que les déviations soient très fréquentes et souvent asymptomatiques, certaines pathologies comme les perforations, les hématomes, les abcès ou les déviations sévères peuvent altérer significativement la qualité de vie et nécessitent une prise en charge adaptée.
Une approche progressive, allant du traitement médical conservateur (lavages, corticoïdes locaux) à la septoplastie en cas d’échec, permet dans la grande majorité des cas de restaurer une fonction respiratoire satisfaisante. En cas de gêne respiratoire persistante, de saignements fréquents ou après tout traumatisme nasal, il est vivement conseillé de consulter un médecin ORL qui pourra évaluer précisément l’état de la cloison nasale grâce à un examen clinique et des examens complémentaires, puis proposer la prise en charge la plus appropriée à votre situation.