
Les calices rénaux : anatomie, fonctions et pathologies
Découvrez l'anatomie complète des calices rénaux, leur rôle dans le système urinaire, ainsi que les principales pathologies qui peuvent les affecter et les traitements disponibles.
Introduction aux calices rénaux
Les calices rénaux sont des structures anatomiques essentielles du système urinaire qui jouent un rôle crucial dans la collecte et le transport de l’urine depuis les néphrons jusqu’à la vessie. Situés à l’intérieur du rein, ces petits conduits en forme de coupe constituent la première étape du système collecteur urinaire. Comprendre leur anatomie et leur fonctionnement est fondamental pour appréhender de nombreuses pathologies urologiques, comme la lithiase rénale, les infections urinaires ou encore l’hydronéphrose.
Bien que souvent méconnus du grand public, les calices rénaux sont au cœur de nombreuses consultations chez l’urologue et le néphrologue. Cet article propose un tour d’horizon complet de ces structures : leur anatomie, leurs fonctions, les maladies qui peuvent les toucher, ainsi que les moyens de diagnostic et de traitement actuels.

Anatomie des calices rénaux
Les calices rénaux se répartissent en deux catégories principales qui forment un véritable réseau collecteur à l’intérieur du rein. Ils sont tapissés d’un épithélium spécialisé, l’urothélium, qui leur confère une grande résistance face à l’urine, même lorsque celle-ci est concentrée ou irritante.
Les petits calices (calices mineurs)
Les petits calices, également appelés calices mineurs, sont les premières structures à recevoir l’urine. Chaque rein humain en compte généralement entre 7 et 13. Ils se présentent sous la forme de petits entonnoirs qui entourent la papille rénale, c’est-à-dire la pointe saillante des pyramides de Malpighi situées dans la médullaire rénale.
Le rôle des petits calices est de recueillir l’urine qui s’écoule des canaux collecteurs à travers la papille. Cette urine est ensuite acheminée vers les grands calices. Chaque petit calice peut collecter l’urine d’une ou plusieurs pyramides rénales, selon la configuration anatomique propre à chaque individu.
Les grands calices (calices majeurs)
Les grands calices, ou calices majeurs, sont formés par la confluence de plusieurs petits calices. On dénombre généralement 2 à 3 grands calices par rein, parfois jusqu’à 4 ou 5 dans certaines variantes anatomiques. Ces structures plus volumineuses convergent vers une cavité centrale appelée pelvis rénal ou bassinets.
La configuration des grands calices est variable d’un individu à l’autre. On distingue classiquement trois types de pelvis rénal :
- Le pelvis ampullaire : caractérisé par un bassinet large avec des calices courts.
- Le pelvis ramifié : où les grands calices sont longs et le bassinet est plus petit.
- Le pelvis intermédiaire : un mélange des deux précédentes configurations.
La jonction pyélo-urétérale
Le pelvis rénal se prolonge par l’uretère au niveau d’une zone anatomique stratégique appelée jonction pyélo-urétérale. Cette jonction est particulièrement importante en pathologie car elle représente un site fréquent d’obstruction pouvant entraîner une hydronéphrose, c’est-à-dire une dilatation du système collecteur en amont.

Fonctions des calices rénaux
Les calices rénaux remplissent plusieurs fonctions physiologiques essentielles au bon fonctionnement du système urinaire.
Collecte et transport de l’urine
La fonction principale des calices rénaux est la collecte de l’urine produite par les néphrons et son acheminement progressif vers le pelvis rénal, puis vers l’uretère. Ce transport se fait de manière passive grâce à la pression hydrostatique générée par la production continue d’urine, mais également grâce à des contractions péristaltiques du bassinet et de l’uretère.
Protection de la papille rénale
Les petits calices jouent un rôle protecteur en enveloppant la papille rénale. Cette configuration anatomique permet de prévenir les reflux d’urine depuis le bassinet vers les canaux collecteurs, ce qui pourrait endommager le parenchyme rénal. Le foramen papillaire, zone où l’urine s’écoule de la papille, est entouré d’un anneau muqueux qui agit comme une valve anti-reflux.
Maintien de la pression intrarénale
Les calices contribuent également au maintien d’une pression intrarénale stable, nécessaire au bon fonctionnement de la filtration glomérulaire. Toute modification de cette pression, notamment en cas d’obstruction, peut compromettre la fonction rénale à long terme.

Vascularisation et innervation
La vascularisation des calices rénaux est intimement liée à celle du rein dans son ensemble. Ils sont irrigués par des branches de l’artère rénale, qui se divise en artères segmentaires, lobaires, interlobaires, arquées et interlobulaires. Le retour veineux se fait via les veines rénales qui se déversent dans la veine cave inférieure.
Sur le plan nerveux, les calices et le bassinet sont richement innervés par des fibres sympathiques et parasympathiques issues du plexus rénal. Cette innervation dense explique la douleur intense ressentie lors d’une distension brutale des calices, comme c’est le cas lors d’une colique néphrétique. La douleur est généralement référée dans le flanc et peut irradier vers l’aine, les organes génitaux ou la face interne de la cuisse.
Pathologies des calices rénaux
Les calices rénaux peuvent être affectés par diverses pathologies, dont certaines sont fréquentes et bien connues.
La lithiase rénale (calculs)
La lithiase rénale est l’une des affections les plus courantes touchant les calices. Elle correspond à la formation de calculs (pierres) à partir de minéraux présents dans l’urine, notamment l’oxalate de calcium, le phosphate de calcium, l’acide urique ou la cystine.
Les calculs peuvent se loger dans les calices, provoquant :
- Une douleur parfois intense lorsqu’ils migrent.
- Une hématurie (sang dans les urines).
- Une obstruction pouvant entraîner une dilatation en amont.
- Des infections urinaires récidivantes.
La colique néphrétique, manifestation clinique classique, survient lorsqu’un calcul obstrue soudainement le système collecteur, provoquant une distension brutale et douloureuse des calices et du bassinet.
La caliectasie et l’hydronéphrose
La caliectasie désigne la dilatation anormale des calices rénaux. Elle est généralement secondaire à une obstruction en aval, qu’elle soit mécanique (calcul, tumeur, sténose de la jonction pyélo-urétérale) ou fonctionnelle. Lorsque la dilatation s’étend au pelvis rénal et aux uretères, on parle d’hydronéphrose.
Cette dilatation chronique peut entraîner une atrophie du parenchyme rénal si elle n’est pas prise en charge, avec à terme une altération de la fonction rénale.
Les tumeurs des voies urinaires
Les tumeurs urothéliales peuvent se développer au niveau des calices, bien qu’elles soient plus fréquentes dans la vessie. Le carcinome urothélial se manifeste par une hématurie macroscopique indolore, une obstruction ou des douleurs lombaires. Le tabagisme est le principal facteur de risque.
Les infections et inflammations
La pyélonéphrite est une infection du parenchyme rénal qui peut toucher secondairement les calices. Les infections urinaires hautes, souvent causées par des bactéries comme Escherichia coli, peuvent provoquer une inflammation des voies urinaires intrarénales.
Anomalies anatomiques
Certaines personnes naissent avec des anomalies des calices, comme un nombre anormalement élevé ou réduit, des malformations du système collecteur, ou encore des diverticules caliciels. Ces anomalies sont souvent découvertes fortuitement lors d’examens d’imagerie.

Examens diagnostiques
Le diagnostic des pathologies calicielles repose sur plusieurs examens complémentaires.
L’imagerie médicale
- L’échographie rénale : examen de première intention, non invasif, qui permet de détecter une dilatation des calices, des calculs ou des masses.
- Le scanner abdominal sans injection (uroscanner) : examen de référence pour visualiser les calculs, les tumeurs et les malformations du système collecteur.
- L’urographie intraveineuse (UIV) : de moins en moins utilisée, mais encore utile pour évaluer la morphologie des calices et du bassinet.
- L’IRM : notamment l’uro-IRM, utile chez les patients allergiques aux produits de contraste iodés ou pour caractériser certaines tumeurs.
Les examens endoscopiques
L’urétéroscopie permet d’explorer directement l’intérieur des voies urinaires, depuis l’uretère jusqu’aux calices, grâce à un endoscope flexible. Cet examen permet à la fois le diagnostic et le traitement de nombreuses pathologies, comme l’extraction de calculs.
La biopsie et la cytologie urinaire
En cas de suspicion de tumeur, une biopsie peut être réalisée lors d’une urétéroscopie, et une cytologie urinaire peut permettre de détecter des cellules malignes dans les urines.

Traitements et interventions
La prise en charge des pathologies calicielles varie selon la nature et la sévérité de l’affection.
Traitement des calculs
- La lithotritie extracorporelle (LEC) : technique non invasive utilisant des ondes de choc pour fragmenter les calculs.
- L’urétéroscopie souple : permet d’extraire ou de fragmenter les calculs à l’aide d’un laser.
- La néphrolithotomie percutanée : technique chirurgicale réservée aux calculs volumineux.
Traitement des obstructions
En cas d’obstruction sévère, une sonde urétérale (sonde JJ) ou une néphrostomie percutanée peut être mise en place pour drainer l’urine et soulager la pression sur les calices. Le traitement de la cause de l’obstruction (calcul, tumeur, sténose) sera ensuite envisagé.
Surveillance et prévention
Pour les patients sujets aux calculs, des mesures préventives sont recommandées : hydratation abondante (au moins 2 litres d’eau par jour), régime alimentaire adapté (réduction du sel, des protéines animales et de l’oxalate), et parfois traitements médicamenteux pour modifier la composition de l’urine.
En résumé
Les calices rénaux sont des structures anatomiques essentielles du système urinaire, situées à l’intérieur du rein, qui assurent la collecte de l’urine depuis les néphrons jusqu’au pelvis rénal puis à l’uretère. Ils se divisent en petits calices (7 à 13 par rein) et grands calices (2 à 3 par rein).
Voici les points clés à retenir :
- Les calices peuvent être affectés par plusieurs pathologies : calculs rénaux, caliectasie, tumeurs urothéliales, infections.
- Les coliques néphrétiques sont une manifestation fréquente et douloureuse des pathologies calicielles.
- Le diagnostic repose principalement sur l’imagerie (échographie, scanner, IRM) et l’endoscopie (urétéroscopie).
- Les traitements sont variés : lithotritie, urétéroscopie, chirurgie percutanée, drainage en urgence en cas d’obstruction.
- Une hydratation suffisante et une alimentation équilibrée permettent de prévenir la formation de calculs chez les personnes à risque.
Conseils pratiques
- Buvez au moins 1,5 à 2 litres d’eau par jour pour diluer les urines et réduire le risque de calculs.
- Consultez rapidement en cas de douleur lombaire intense, de sang dans les urines ou de fièvre associée à des douleurs urinaires.
- Effectuez des bilans sanguins et urinaires réguliers en cas d’antécédents de calculs rénaux.
- Réduisez votre consommation de sel, de protéines animales et d’aliments riches en oxalate (épinards, chocolat, noix) si vous êtes sujet aux calculs.
- N’hésitez pas à consulter un urologue ou un néphrologue pour un suivi adapté en cas de pathologie chronique des voies urinaires.