Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention

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Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention
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Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention

L'ascaridiose est une parasitose intestinale causée par Ascaris lumbricoides, le plus grand nématode intestinal de l'homme. Découvrez ses causes, ses symptômes, son diagnostic et les traitements efficaces pour s'en débarrasser.

Qu’est-ce que l’ascaridiose ?

L’ascaridiose est une parasitose intestinale provoquée par un ver rond, le nématode Ascaris lumbricoides. Il s’agit de la géohelminthiase la plus répandue dans le monde, estimée à environ 800 millions de personnes infectées selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), principalement dans les régions tropicales et subtropicales.

Le ver adulte mesure entre 15 et 40 cm de longueur et vit dans l’intestin grêle de l’homme, où il se nourrit des contenus digestifs. La femelle peut pondre jusqu’à 200 000 œufs par jour, qui sont ensuite éliminés dans les selles. Cette infestation est particulièrement fréquente chez les enfants vivant dans des conditions d’hygiène précaire.

Une parasitose négligée

L’ascaridiose fait partie des maladies tropicales négligées (MTN) selon l’OMS, bien qu’elle soit responsable d’une morbidité importante : retards de croissance chez l’enfant, carences nutritionnelles, complications intestinales et pulmonaires. Son impact sanitaire est pourtant considérable, avec près d’un milliard de personnes concernées à l’échelle mondiale.

Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention : vue générale
Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention : vue générale

Causes et modes de transmission

La contamination par Ascaris lumbricoides se fait selon un cycle bien identifié, qui passe obligatoirement par le sol.

Le cycle parasitaire

  • Élimination des œufs : les œufs sont évacués dans les selles d’une personne infestée.
  • Maturation dans le sol : les œufs deviennent embryonnés et infestants en 2 à 4 semaines dans un sol chaud et humide.
  • Contamination orale : l’homme s’infeste en ingérant des œufs présents sur des mains sales, des légumes mal lavés, de l’eau souillée ou de la terre contaminée.
  • Migration larvaire : après éclosion dans l’intestin grêle, les larves traversent la paroi intestinale, passent dans le sang, atteignent le foie puis les poumons.
  • Phase pulmonaire : les larves remontent les voies respiratoires, sont dégluties et retournent dans l’intestin grêle où elles deviennent adultes.

Ce cycle complet dure environ 2 à 3 mois, période après laquelle les femelles commencent à pondre.

Facteurs de risque

Plusieurs situations favorisent la contamination :

  • Défécation en plein air et utilisation d’engrais humain (eaux « usées ») en agriculture.
  • Consommation de crudités ou de fruits non lavés, contaminés par de la terre.
  • Mains sales portées à la bouche, surtout chez l’enfant en bas âge.
  • Contact étroit avec un sol contaminé dans les zones rurales.
  • Absence ou insuffisance d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Symptômes et manifestations cliniques

La symptomatologie varie selon la phase du cycle parasitaire et la charge en vers. De nombreuses infestations, surtout modérées, restent asymptomatiques.

Phase de migration larvaire (syndrome de Löffler)

Lors du passage pulmonaire des larves, certains patients développent :

  • Une toux sèche puis productive.
  • Une fièvre modérée.
  • Des sifflements respiratoires ou un asthme passager.
  • Une éruption cutanée (urticaire).
  • Des opacités pulmonaires migratrices visibles à la radiographie.

Phase intestinale (ver adulte)

Une fois installés dans l’intestin, les vers peuvent provoquer :

  • Des douleurs abdominales diffuses ou localisées autour du nombril.
  • Des nausées, vomissements, diarrhées ou constipation.
  • Une perte d’appétit ou, paradoxalement, une fringale excessive (pica).
  • Un amaigrissement et un retard de croissance chez l’enfant.
  • Des carences en fer, vitamine A et autres nutriments.
  • Une fatigue chronique.
  • L’émission visible d’un ver dans les selles ou les vomissements, ce qui motive souvent la consultation.

Chez l’enfant

Les enfants sont les plus exposés et présentent fréquemment des retards staturo-pondéraux, une anémie, une malnutrition protéino-calorique et des troubles cognitifs, conséquence de la compétition nutritionnelle entre l’hôte et les parasites.

Diagnostic médical

Le diagnostic repose sur la mise en évidence des œufs du parasite dans les selles ou, plus rarement, sur l’observation directe de vers adultes.

Examen parasitologique des selles

Une analyse coprologique (EPS) au microscope permet de détecter la présence d’œufs caractéristiques : ovoïdes, brun doré, à coque épaisse mamelonnée. Une seule analyse n’élimine pas le diagnostic : il est recommandé de répéter l’examen à 3 reprises, à quelques jours d’intervalle, en raison de l’émission discontinue des œufs.

Techniques complémentaires

  • Technique de Kato-Katz : méthode de référence pour quantifier la charge parasitaire.
  • Hémogramme : peut révéler une éosinophilie (augmentation des polynucléaires éosinophiles), surtout en phase de migration.
  • Imagerie médicale : l’échographie abdominale, l’abdomen sans préparation ou le scanner peuvent visualiser des vers adultes dans l’intestin ou en cas de complications.
  • Sérologie : peu utilisée en routine, utile dans certains contextes particuliers.

Le diagnostic différentiel inclut les autres géohelminthiases (ankylostomiase, trichocéphalose, anguillulose), les intoxications alimentaires et certaines causes de douleurs abdominales pédiatriques.

Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention : signes et manifestations
Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention : signes et manifestations

Traitement et prise en charge

L’ascaridiose est une parasitose qui se soigne très bien grâce aux antihelminthiques modernes, efficaces et bien tolérés.

Médicaments de première intention

  • Albendazole : 400 mg en dose unique chez l’adulte et l’enfant de plus de 2 ans. Contre-indiqué pendant le premier trimestre de grossesse.
  • Mébendazole : 500 mg en dose unique ou 100 mg deux fois par jour pendant 3 jours. Également contre-indiqué chez la femme enceinte.
  • Lévamisole : alternative largement utilisée dans certains programmes de santé publique.
  • Ivermectine : 150 à 200 µg/kg en dose unique, parfois employée dans les zones où les co-infections par d’autres parasites sont fréquentes.

Ces médicaments sont administrés en dose unique et permettent une guérison dans plus de 90 % des cas. Un traitement de l’entourage familial est souvent conseillé pour éviter la réinfestation.

Prise en charge nutritionnelle

En cas de malnutrition associée, une supplémentation nutritionnelle est recommandée : fer, vitamine A, protéines et calories, en parallèle du traitement antiparasitaire. Chez l’enfant, la déparasitage systématique est parfois intégré aux programmes de santé scolaire.

Traitement des complications

En cas d’occlusion intestinale, d’appendicite ou de péritonite, une prise en charge chirurgicale urgente peut être nécessaire, associée au traitement antiparasitaire.

Complications possibles

Bien que la majorité des infections restent bénignes, certaines formes sévères engendrent des complications graves.

Complications digestives

  • Occlusion intestinale : due à un enchevêtrement de vers bouchant la lumière intestinale, fréquente chez l’enfant ayant une charge parasitaire élevée.
  • Invagination intestinale aiguë.
  • Appendicite ascaridienne.
  • Perforation intestinale et péritonite.
  • Migrations erratiques des vers dans le canal cholédoque, le canal pancréatique ou les voies biliaires, entraînant une angiocholite ou une pancreatite aiguë.

Complications pulmonaires

  • Pneumonie vermineuse sévère, surtout en cas d’infestations massives.
  • Asthme aigu ou bronchospasme lors de la phase larvaire.

Complications nutritionnelles

Chez l’enfant, l’ascaridiose chronique contribue à la malnutrition, à l’anémie ferriprive et au retard de croissance, avec des conséquences durables sur le développement cognitif et immunitaire.

Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention : prise en charge
Ascaridiose : causes, symptômes, traitement et prévention : prise en charge

Prévention et mesures d’hygiène

La prévention repose sur l’assainissement, l’hygiène individuelle et l’éducation à la santé, associées à la déparasitage périodique des populations à risque.

Hygiène individuelle et alimentaire

  • Se laver les mains au savon avant les repas et après le passage aux toilettes.
  • Laver soigneusement les fruits et légumes crus, notamment avec de l’eau traitée.
  • Consommer uniquement de l’eau potable ou bouillie.
  • Éviter la consommation de terre (géophagie), particulièrement chez l’enfant.
  • Couper les ongles courts pour limiter l’accumulation de terre sous les ongles.

Assainissement et environnement

  • Utiliser des latrines et éviter la défécation en plein air.
  • Traiter les eaux usées avant leur usage agricole.
  • Ne pas utiliser d’engrais d’origine humaine pour fertiliser les cultures consommées crues.

Chimioprévention de masse

L’OMS recommande la distribution périodique d’antihelminthiques (albendazole ou mébendazole) à tous les enfants d’âge scolaire vivant en zone d’endémie, une à deux fois par an, afin de réduire la charge parasitaire collective.

Voyageurs

Pour les voyageurs se rendant en zone tropicale, il est conseillé de :

  • Respecter scrupuleusement les règles d’hygiène alimentaire et de lavage des mains.
  • Ne boire que de l’eau encapsulée ou désinfectée.
  • Éplucher les fruits soi-même.
  • Consulter un médecin au retour en cas de symptômes digestifs ou pulmonaires persistants.

En résumé et conseils pratiques

L’ascaridiose est une parasitoseintestinale très fréquente, majoritairement bénigne mais potentiellement grave chez l’enfant ou en cas de charge parasitaire élevée. Sa prise en charge repose sur un traitement antiparasitaire simple, mais c’est surtout par la prévention que l’on parvient à rompre le cycle de la transmission.

À retenir :

  • Symptômes évocateurs : douleurs abdominales, toux passagère, émission d’un ver dans les selles, retard de croissance chez l’enfant.
  • Diagnostic : analyse parasitologique des selles (à répéter si nécessaire).
  • Traitement : albendazole ou mébendazole en dose unique, efficaces et bien tolérés.
  • Traiter l’entourage : indispensable pour éviter les réinfestations.
  • Mesures préventives clés : lavage des mains, eau potable, légumes lavés, latrines, ongles courts.
  • Consultation rapide en cas de douleurs abdominales intenses, vomissements persistants, fièvre élevée ou émission de vers, surtout chez l’enfant.

La prévention collective, associant éducation à l’hygiène, assainissement et déparasitage périodique dans les zones d’endémie, reste l’arme la plus efficace contre cette parasitose qui touche encore près d’un milliard de personnes dans le monde.