
L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente, touchant des millions de personnes. Découvrez ses causes, ses symptômes, les moyens de diagnostic et les traitements disponibles pour soulager la douleur et préserver la mobilité.
Qu’est-ce que l’arthrose ?
L’arthrose, également appelée ostéoarthrite ou maladie articulaire dégénérative, est la pathologie rhumatologique la plus répandue dans le monde. Elle se caractérise par une usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses au sein des articulations. Ce cartilage, normalement lisse et élastique, permet aux os de glisser facilement les uns contre les autres lors des mouvements. Lorsqu’il se dégrade, les os frottent directement, provoquant douleur, raideur et perte de fonctionnalité.
Une maladie fréquente mais souvent sous-estimée
Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’arthrose touche environ 10 % des hommes et 18 % des femmes de plus de 60 ans. En France, on estime que 10 à 17 millions de personnes sont concernées, soit près d’un quart de la population adulte. Contrairement à une idée reçue, l’arthrose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement : c’est une véritable maladie, qui peut être prévenue et dont la progression peut être ralentie.
Les articulations les plus touchées
L’arthrose peut atteindre toutes les articulations, mais certaines sont plus fréquemment concernées :
- Le genou (gonarthrose) : l’une des formes les plus fréquentes et invalidantes
- La hanche (coxarthrose) : souvent sévère, pouvant nécessiter une prothèse
- Les doigts (arthrose digitale) : touche particulièrement les femmes après 50 ans
- Le rachis (cervicarthrose et lombarthrose) : très répandue avec l’âge
- Le pouce (rhizarthrose) : très douloureuse au quotidien
- L’épaule et la cheville : plus rarement
Les causes et facteurs de risque de l’arthrose
L’arthrose résulte d’un déséquilibre entre les mécanismes de destruction et de réparation du cartilage. Plusieurs facteurs, souvent combinés, favorisent son apparition.
L’âge : premier facteur de risque
Le risque d’arthrose augmente significativement après 50 ans. Avec le temps, le cartilage perd son élasticité, sa teneur en eau diminue et sa capacité de régénération s’amenuise. Cependant, l’arthrose peut survenir bien plus tôt, notamment chez les sportifs de haut niveau ou les personnes ayant subi des traumatismes articulaires.
Les facteurs mécaniques et traumatiques
Les sollicitations excessives ou anormales des articulations favorisent l’arthrose :
- Traumatismes articulaires : fractures, entorses graves, luxations
- Surpoids et obésité : chaque kilogramme supplémentaire exerce une pression de 4 à 6 kg sur le genou à la marche
- Activités professionnelles répétitives : métiers impliquant accroupissement, port de charges, vibrations
- Pratique sportive intensive : football, rugby, course de fond à haut niveau
- Anomalies anatomiques : dysplasie de hanche, genu varum ou valgum (jambes en X ou en O)
Les facteurs génétiques et hormonaux
Une prédisposition génétique est clairement établie, en particulier pour l’arthrose des doigts et de la hanche. Les femmes sont également plus touchées que les hommes, surtout après la ménopause, ce qui suggère un rôle des hormones œstrogènes dans la protection du cartilage.
Les maladies sous-jacentes
Certaines pathologies augmentent le risque d’arthrose secondaire : diabète, hémochromatose, hyperthyroïdie, goutte, polyarthrite rhumatoïde ou encore maladies hémorragiques comme l’hémophilie.
Les symptômes de l’arthrose
L’arthrose évolue généralement de manière progressive et lente, sur plusieurs années. Les symptômes varient selon l’articulation atteinte, mais certains signes sont caractéristiques.
La douleur : symptôme principal
La douleur arthrosique possède des particularités qui la distinguent des autres douleurs articulaires :
- Douleur mécanique : elle apparaît et s’aggrave à l’utilisation de l’articulation (marche, montée des escaliers, port de charges)
- Soulagement au repos : la douleur diminue ou disparaît lorsque l’articulation est au repos
- Dérouillage matinal : raideur de quelques minutes (généralement moins de 30 minutes) au lever
- Impulsivité : survenue brutale de douleurs lors de certains mouvements
- Phase inflammatoire : possibilité de douleurs nocturnes et de gonflement lors des poussées
La raideur et la perte de mobilité
La raideur articulaire est surtout présente le matin ou après une période d’immobilité. Avec la progression de la maladie, l’amplitude des mouvements diminue, rendant certains gestes quotidiens difficiles : lacer ses chaussures, monter les escaliers, se lever d’une chaise, tourner la tête, saisir un objet.
Les signes physiques visibles
À un stade avancé, plusieurs signes peuvent être observés :
- Crépitements : sensation et bruit de craquement ou de frottement lors des mouvements
- Déformations articulaires : notamment au niveau des doigts (nœuds de Bouchard et d’Heberden)
- Épaississement osseux : formation d’ostéophytes ou « becs de perroquet »
- Épanchement articulaire : gonflement lié à un excès de liquide synovial, surtout au genou
- Amyotrophie : fonte musculaire autour de l’articulation touchée
Le diagnostic de l’arthrose
Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique et l’interrogatoire du patient. Le médecin recherche les signes caractéristiques : douleur mécanique, crépitements, limitation des amplitudes articulaires.
L’imagerie médicale
Les examens d’imagerie permettent de confirmer le diagnostic et d’évaluer la sévérité :
- Radiographie standard : examen de première intention, elle montre le pincement de l’interligne articulaire, les ostéophytes, la condensation osseuse sous-chondrale et les géodes
- IRM : utile pour visualiser le cartilage, les ménisques, les ligaments et détecter des lésions débutantes
- Échographie : permet d’évaluer l’épanchement et l’inflammation des tissus mous
- Scanner : parfois utilisé en complément pour des cas complexes
La classification radiologique
La classification de Kellgren et Lawrence est la plus utilisée, graduée de 0 (absence d’arthrose) à 4 (arthrose sévère avec déformation importante). Cette classification guide la stratégie thérapeutique.
Les examens biologiques
Aucun examen sanguin ne permet de diagnostiquer l’arthrose. Les analyses sont surtout utiles pour éliminer d’autres pathologies comme la polyarthrite rhumatoïde ou la goutte. En cas de poussée inflammatoire, on peut observer une légère élévation de la CRP.
Les traitements médicaux de l’arthrose
Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif permettant de régénérer complètement le cartilage, de nombreuses options permettent de soulager la douleur, ralentir l’évolution et améliorer la qualité de vie.
Les médicaments antalgiques et anti-inflammatoires
Le traitement médicamenteux de première ligne repose sur :
- Paracétamol : recommandé en première intention à dose efficace (jusqu’à 3-4 g/jour)
- AINS topiques : gels et crèmes à base de diclofénac ou kétoprofène, très utiles pour les arthroses superficielles (genou, main)
- AINS oraux : ibuprofène, naproxène, utilisés sur de courtes durées lors des poussées douloureuses
- Antalgiques de palier 2 : tramadol, codéine, en cas de douleurs résistantes
- duloxétine : antidépresseur ayant une action antalgique reconnue dans l’arthrose
Les infiltrations
En cas d’échec des traitements oraux, deux types d’infiltrations sont proposés :
- Corticoïdes intra-articulaires : efficaces rapidement sur les poussées inflammatoires, mais leur usage doit rester limité (3 à 4 par an maximum)
- Acide hyaluronique (viscosupplémentation) : injection d’un gel lubrifiant dans l’articulation, dont l’effet peut durer plusieurs mois
- Plasma riche en plaquettes (PRP) : technique en développement, avec des résultats prometteurs mais encore débattus
La chirurgie
La chirurgie est envisagée lorsque les traitements médicaux deviennent insuffisants et que la gêne fonctionnelle est importante :
- Ostéotomie : réaxation du membre chez les sujets jeunes avec déformation
- Prothèse articulaire : remplacement de l’articulation (hanche, genou) par une prothèse, intervention très efficace (plus de 95 % de réussite à 10 ans pour la hanche)
- Arthroscopie : nettoyage articulaire, aujourd’hui réservé à des indications précises
Les traitements non médicamenteux
La prise en charge moderne de l’arthrose est globale et multimodale, associant médicaments et approches non médicamenteuses.
L’activité physique adaptée
L’exercice physique est l’un des traitements les plus efficaces et les mieux documentés :
- Renforcement musculaire : muscle solide = articulation protégée
- Marche, natation, vélo, aquagym : activités à faible impact recommandées
- Exercices de mobilisation : maintien de l’amplitude articulaire
- Yoga, tai-chi : améliorent l’équilibre et réduisent le risque de chute
La kinésithérapie et la rééducation
Le kinésithérapeute joue un rôle central : il enseigne les exercices adaptés, lutte contre la raideur, renforce les muscles stabilisateurs et propose des techniques de soulagement (massages, physiothérapie, cryothérapie).
Les aides techniques
De nombreux dispositifs facilitent le quotidien : canne de marche, déambulateur, orthèses de genou, semelles orthopédiques, lève-personne, ustensiles ergonomiques. L’ergothérapie aide à aménager le domicile.
Les approches complémentaires
Certaines approches peuvent compléter utilement le traitement : acupuncture, thermalisme (cure thermale), cures de plantes (curcuma, harpagophytum, boswellia), applications de chaud ou de froid. Attention toutefois aux interactions médicamenteuses avec les plantes.
Prévention et hygiène de vie
La prévention de l’arthrose repose sur des mesures simples mais efficaces tout au long de la vie.
Maintenir un poids santé
La perte de poids, même modeste (5 à 10 % du poids corporel), réduit significativement la douleur et améliore la fonction articulaire. Une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, poissons gras (oméga-3) et pauvre en produits ultra-transformés est recommandée.
Protéger ses articulations
Quelques règles de bon sens : éviter le port de charges lourdes, privilégier les escaliers roulants ou l’ascenseur, utiliser un chariot de courses, aménager son poste de travail, choisir des chaussures adaptées (semelles absorbantes, talons bas).
Bouger régulièrement
L’activité physique régulière, même modérée (30 minutes de marche par jour), est le meilleur protecteur articulaire à long terme. L’immobilité, au contraire, accélère la dégradation du cartilage et la fonte musculaire.
L’essentiel à retenir
L’arthrose est une maladie chronique fréquente, mais bien comprendre et bien gérer permet de conserver une excellente qualité de vie pendant de nombreuses années.
Les points essentiels à retenir
- L’arthrose n’est pas une fatalité du vieillissement : des mesures préventives existent dès le plus jeune âge
- La douleur mécanique, qui survient à l’effort et se calme au repos, est le signe le plus caractéristique
- Le diagnostic repose sur la clinique et la radiographie, sans nécessité d’examens sanguins
- Le traitement est multimodal : médicaments, activité physique, kinésithérapie, perte de poids, aides techniques
- L’exercice physique adapté est aussi important que les médicaments : il faut bouger sans excès
- La chirurgie prothétique donne d’excellents résultats lorsque les traitements médicaux ne suffisent plus
- Consulter tôt un médecin dès l’apparition des douleurs permet de mettre en place une stratégie efficace et de ralentir l’évolution
En cas de douleurs articulaires persistantes, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou un rhumatologue. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée restent les meilleurs alliés pour vivre avec l’arthrose sans se laisser envahir par la douleur.
Vos questions, nos réponses
Quels sont les symptômes de l'arthrose ?
L'arthrose se manifeste par des douleurs articulaires, une raideur matinale et une limitation des mouvements. Les articulations les plus touchées sont les genoux, les hanches, les mains et la colonne vertébrale. La douleur s'aggrave souvent avec l'activité et s'améliore au repos.
L'arthrose est-elle héréditaire ?
Une prédisposition génétique peut exister, mais l'arthrose résulte de multiples facteurs : âge, obésité, traumatismes et surmenage articulaire. Avoir un parent atteint augmente légèrement le risque. La prévention repose sur un poids santé et une activité physique adaptée.
Peut-on guérir de l'arthrose ?
Non, l'arthrose est une maladie chronique qui ne se guérit pas, mais les traitements peuvent soulager la douleur et préserver la mobilité. La prise en charge associe exercices, antalgiques et parfois chirurgie. Consultez un rhumatologue pour un suivi personnalisé.
Pour aller plus loin
Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Arthrose : causes, symptômes et traitements », consultez les ressources officielles suivantes :
- Ameli — conseil santé et prévention
- Manger Bouger — le guide nutrition
- Haute Autorité de Santé (HAS)
Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.