
L’arthrose : comprendre, prévenir et soulager cette maladie articulaire
L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente, touchant plus de 10 millions de Français. Découvrez ses causes, ses symptômes et les traitements permettant de préserver la mobilité.
Qu’est-ce que l’arthrose ?
L’arthrose, également appelée ostéoarthrose ou arthrose articulaire, est une maladie chronique dégénérative qui touche les articulations. Elle se caractérise par une dégradation progressive du cartilage, ce tissu lisse et élastique qui recouvre les extrémités osseuses et permet leur glissement harmonieux. Avec le temps, le cartilage s’amincit, se fissure, puis disparaît partiellement, entraînant un frottement direct os contre os.
Selon l’Inserm, l’arthrose est la pathologie articulaire la plus fréquente dans le monde et concerne environ 10 millions de Français, dont la moitié ignore souffrir de cette maladie. Les articulations les plus touchées sont le genou (gonarthrose), la h hanche (coxarthrose), les mains, les doigts et la colonne vertébrale. Bien qu’elle soit souvent associée au vieillissement, l’arthrose n’est pas une simple conséquence de l’âge : elle résulte d’un déséquilibre entre les mécanismes de destruction et de réparation du cartilage.
Les causes et facteurs de risque
Plusieurs éléments favorisent l’apparition et l’aggravation de l’arthrose :
- L’âge : le risque augmente fortement après 60 ans, bien que des formes précoces existent dès 40 ans.
- Le surpoids et l’obésité : chaque kilo supplémentaire exerce environ 4 kg de pression sur les genoux, accélérant l’usure du cartilage.
- Les facteurs génétiques : avoir un parent atteint d’arthrose multiplie le risque par 2 à 3.
- Les traumatismes articulaires : fractures, entorses graves ou lésions méniscales augmentent le risque d’arthrose post-traumatique.
- Les contraintes mécaniques répétées : certains métiers (maçon, carreleur, sportif de haut niveau) sollicitent excessivement certaines articulations.
- Le sexe féminin : les femmes, surtout après la ménopause, sont plus touchées, notamment au niveau des doigts et des genoux.
On distingue l’arthrose primaire (sans cause identifiée) de l’arthrose secondaire (consécutive à un traumatisme, une malformation ou une maladie inflammatoire).
Les symptômes et le diagnostic
L’arthrose évolue de façon lente et progressive. Les signes cliniques les plus caractéristiques sont :
- La douleur mécanique : elle apparaît à l’effort et diminue au repos, contrairement aux douleurs inflammatoires.
- La raideur matinale : de courte durée (moins de 30 minutes), elle disparaît après quelques mouvements.
- La perte de mobilité : l’articulation devient difficile à bouger complètement.
- Les craquements (crépitements) ressentis lors des mouvements.
- Les déformations articulaires : apparition d’ostéophytes (becs osseux) ou d’un gonflement, notamment visibles sur les doigts.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et la radiographie standard, qui montre typiquement un pincement de l’interligne articulaire, des ostéophytes et une densification de l’os sous-chondral. L’IRM peut être utile dans certains cas pour évaluer le cartilage et les tissus mous.
Les traitements disponibles
Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif permettant de régénérer le cartilage, plusieurs stratégies permettent de soulager la douleur, de ralentir l’évolution et de maintenir la fonction articulaire.
Traitements médicamenteux
- Paracétamol : recommandé en première intention contre la douleur.
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ibuprofène, kétoprofène ou diclofénac, en usage ponctuel en raison de leurs effets digestifs et rénaux.
- Antalgiques opioïdes faibles (tramadol, codéine) en cas de douleurs résistantes.
- Infiltrations de corticoïdes : efficaces sur les poussées inflammatoires.
- Injections d’acide hyaluronique (viscosupplémentation) : elles visent à améliorer la lubrification articulaire.
Traitements non médicamenteux
- Kinésithérapie : exercices de renforcement musculaire, assouplissements et rééducation proprioceptive.
- Perte de poids : une réduction de 5 à 10 % du poids diminue significativement la douleur au genou.
- Orthèses et aides techniques : genouillères, cannes ou semelles orthopédiques.
- Chirurgie : en dernier recours, l’arthroplastie (prothèse de hanche ou de genou) donne d’excellents résultats, avec une durée de vie moyenne de 15 à 20 ans.
Prévention et conseils pratiques
Il est possible d’agir efficacement pour prévenir ou retarder l’apparition de l’arthrose :
- Pratiquer une activité physique régulière : la marche, la natation, le vélo ou le tai-chi renforcent les muscles sans traumatiser les articulations.
- Maintenir un poids santé : l’IMC doit idéalement rester entre 18,5 et 25.
- Adopter une alimentation anti-inflammatoire : riche en oméga-3, fruits, légumes et huile d’olive.
- Économiser ses articulations au quotidien : éviter le port de charges lourdes, privilégier les escaliers roulants ou utiliser des aides ménagères ergonomiques.
- Traiter rapidement les traumatismes articulaires : une blessure mal soignée peut favoriser une arthrose secondaire.
En résumé
L’arthrose est une maladie fréquente mais loin d’être une fatalité. Une prise en charge précoce, combinant activité physique adaptée, contrôle du poids, traitements ciblés et suivi médical régulier, permet de conserver une bonne qualité de vie pendant de nombreuses années. Si vous ressentez des douleurs articulaires persistantes, n’hésitez pas à consulter votre médecin : un diagnostic précoce est la clé pour ralentir l’évolution de la maladie.