
Le pubis : anatomie complète, rôle et pathologies du pelvis
Le pubis est l'un des trois os constitutifs du bassin, formant sa partie antérieure. Découvrez son anatomie détaillée, ses fonctions essentielles et les principales pathologies qui peuvent l'affecter.
Introduction au pubis
Le pubis, ou os pubis, constitue la portion antérieure et inférieure de l’os coxal (anciennement appelé os iliaque), l’un des deux os formant le squelette du bassin avec le sacrum. Il s’agit d’un os plat, pair et symétrique, qui fusionne chez l’adulte avec l’ilium en haut et l’ischium en bas, délimitant ainsi le foramen obturé. Le pubis joue un rôle structurel fondamental dans la statique pelvienne, la marche, la transmission des contraintes mécaniques entre le tronc et les membres inférieurs, ainsi que dans la protection des organes pelviens.
Sur le plan embryologique, le pubis se développe à partir du cartilage de croissance triradié situé au centre de la cavité acétabulaire. Cette fusion s’achève habituellement entre 18 et 25 ans, ce qui explique pourquoi certaines pathologies pubiennes touchent préférentiellement les sportifs jeunes dont la maturation osseuse n’est pas encore complète.

Anatomie descriptive du pubis
L’os pubis est classiquement divisé en trois parties anatomiques distinctes qu’il convient de bien identifier pour comprendre les pathologies régionales.
Le corps du pubis
Le corps du pubis est la partie la plus médiale et la plus aplatie de l’os. Il présente une forme quadrangulaire et constitue l’élément osseux qui s’articule avec son homologue controlatéral. Sa face médiale porte la surface symphysaire, recouverte de cartilage hyalin, qui participe à la formation de la symphyse pubienne. La face supérieure du corps se prolonge par la crête pubienne, relief osseux palpable sous la peau, servant d’insertion au muscle grand droit de l’abdomen et au muscle pyramidal de l’abdomen.
Latéralement à l’extrémité médiale de la crête pubienne se trouve le tubercule pubien (ou épine du pubis), point de repère clinique essentiel car il correspond à l’insertion médiale du ligament inguinal (ligament de Poupart) et sert de référence pour la palpation du canal inguinal.
La branche supérieure du pubis
La branche supérieure (ou branche horizontale) s’étend latéralement et en arrière depuis le corps du pubis jusqu’à rejoindre l’ilium au niveau de la ligne ilio-pectinée. Sa face supérieure forme le pecten du pubis (ligne pectinéale), continuation de la ligne arquée, qui marque la limite entre le grand et le petit bassin. Cette portion constitue également le plancher du canal inguinal et donne insertion au muscle pectiné.
La branche inférieure du pubis
La branche inférieure descend latéralement et en arrière depuis le corps du pubis pour rejoindre la branche ischiatique, complétant ainsi le contour inférieur du foramen obturé. Cette branche, plus longue et plus grêle que la supérieure, sert d’insertion aux muscles adducteurs de la cuisse (long, court et grand adducteurs, droit interne ou gracile) ainsi qu’au périnée.

La symphyse pubienne
La symphyse pubienne est l’articulation médiane unissant les deux pubis droit et gauche. Il s’agit d’une amphiarthrose, c’est-à-dire d’une articulation semi-mobile, comportant :
- Deux surfaces articulaires ovalaires recouvertes de cartilage hyalin
- Un disque fibrocartilagineux interpubien, plus épais chez la femme que chez l’homme
- Quatre ligaments périphériques : supérieur, inférieur (ligament arqué), antérieur et postérieur
Cette articulation, bien que peu mobile, autorise cependant de légers mouvements d’écartement et de cisaillement qui jouent un rôle capital lors de l’accouchement. Pendant la grossesse, la sécrétion de relaxine hormonale provoque un ramollissement des ligaments, permettant une augmentation de la largeur du bassin pouvant atteindre 5 à 10 mm. Cet écartement physiologique peut néanmoins devenir pathologique en cas de disjonction pubienne.

Rôles et fonctions du pubis
Le pubis assure plusieurs fonctions essentielles dans la mécanique et la physiologie du corps humain.
Soutien et transmission des charges
Le pubis constitue un point de transmission privilégié des contraintes mécaniques entre la colonne vertébrale, le sacrum et les membres inférieurs. Lors de la marche, de la course ou du port de charges, les forces exercées par les muscles abdominaux et les membres inférieurs convergent vers la symphyse pubienne, qui agit comme un véritable carrefour biomécanique.
Insertions musculaires
De nombreux muscles s’insèrent sur le pubis, ce qui explique la fréquence des douleurs projetées dans cette région :
- Muscles de la paroi abdominale : grand droit de l’abdomen, pyramidal
- Muscles adducteurs de la cuisse : long adducteur, court adducteur, gracile, parfois grand adducteur
- Muscles du périnée : transverse du périnée, ischio-caverneux
- Muscle pectiné : sur la branche supérieure
Protection des organes pelviens
Avec les autres os du bassin, le pubis contribue à former une cavité ostéo-musculaire abritant la vessie, les organes génitaux internes et la partie terminale du tube digestif.
Vascularisation et innervation
La vascularisation du pubis est assurée principalement par des branches de l’artère iliaque interne, notamment l’artère obturatrice qui traverse le foramen obturé. Des anastomoses avec l’artère iliaque externe et l’artère fémorale permettent une suppléance efficace en cas de besoin.
L’innervation sensitive de la région pubienne provient des nerfs ilio-inguinal, génito-fémoral et obturateur, branches du plexus lombaire. Cette innervation partagée avec les muscles adjacents explique les douleurs référées parfois ressenties au pubis lors d’atteintes musculaires ou neurologiques.

Pathologies courantes du pubis
Plusieurs pathologies peuvent affecter l’os pubis, qu’elles soient d’origine traumatique, inflammatoire, dégénérative ou mécanique.
La pubalgie
La pubalgie, ou inguinalgie, est une douleur de la région inguino-pubienne fréquente chez les sportifs, notamment les footballeurs, rugbymen, coureurs et tennismen. Elle regroupe en réalité plusieurs entités :
- La pubalgie pariétale (ou hernie du sportif) : atteinte des muscles abdominaux à leur insertion pubienne
- La pubalgie des adducteurs : tendinopathie d’insertion des muscles adducteurs
- La symphysite pubienne : inflammation de la symphyse pubienne
Le diagnostic repose sur l’examen clinique (douleur à la palpation, à l’adduction contrariée) et l’imagerie (radiographie, IRM). Le traitement associe repos sportif, kinésithérapie, ondes de choc et parfois infiltrations.
L’ostéite pubienne
L’ostéite pubienne est une inflammation douloureuse de l’os pubis, souvent d’origine infectieuse (post-opératoire, post-partum) ou mécanique. Elle se manifeste par une douleur pubienne intense, irradiant vers les adducteurs et le périnée, avec une boiterie fréquente. Le diagnostic nécessite souvent une IRM et le traitement repose sur les anti-inflammatoires, les antibiotiques en cas d’origine bactérienne, et la rééducation.
Les fractures du pubis
Les fractures du bassin impliquent fréquemment les branches pubiennes. Elles surviennent lors de traumatismes à haute énergie (accidents de la route, chutes de hauteur) chez les sujets jeunes, ou lors de chutes banales chez les personnes âgées ostéoporotiques. Les fractures isolées des branches sont souvent de bon pronostic, mais leur association à des lésions viscérales ou vasculaires impose une évaluation complète.
L’ostéoporose et la déminéralisation pubienne
Avec l’âge, le tissu osseux du pubis perd progressivement sa densité minérale, en particulier chez les femmes après la ménopause. Cette déminéralisation expose à un risque accru de fractures de fragilité, notamment lors de traumatismes mineurs. La prévention par un apport suffisant en calcium, en vitamine D et une activité physique régulière en charge est primordiale.
La disjonction pubienne
Fréquente après un accouchement difficile, la disjonction pubienne correspond à un écartement anormal de la symphyse au-delà de 10 mm. Elle provoque des douleurs pelviennes intenses, une difficulté à la marche et nécessite une prise en charge par kinésithérapie, port d’une ceinture pelvienne et parfois chirurgie.

Examen clinique du pubis
L’examen clinique du pubis comprend plusieurs étapes :
- Inspection : recherche d’une asymétrie, d’un gonflement ou d’une rougeur
- Palpation : palpation de la symphyse pubienne, du tubercule pubien, des branches pubiennes
- Manœuvres dynamiques : test d’adduction contrariée, test de flexion abdominale contre résistance
- Évaluation de la marche : observation d’une éventuelle boiterie ou démarche dandinante
Les examens complémentaires utiles sont la radiographie standard du bassin (face), l’échographie (pour les parties molles), le scanner (pour les fractures complexes) et l’IRM (examen de référence pour les lésions musculaires, tendineuses et ostéo-articulaires).
En résumé
Le pubis est un élément clé du squelette pelvien, situé à la partie antérieure du bassin. Constitué d’un corps et de deux branches (supérieure et inférieure), il forme avec son homologue controlatéral la symphyse pubienne, articulation semi-mobile essentielle dans la statique du bassin et l’adaptation au cours de l’accouchement.
Points clés à retenir
- Le pubis est un carrefour d’insertions musculaires (abdominaux, adducteurs, périnée)
- La pubalgie est fréquente chez les sportifs et nécessite une prise en charge spécialisée
- L’ostéoporose fragilise le pubis avec l’âge, justifiant une prévention dès la cinquantaine
- Toute douleur pubienne persistante justifie un avis médical et une imagerie adaptée
- Le diagnostic précoce des pathologies pubiennes améliore considérablement le pronostic et réduit le risque de chronicité
En cas de douleur persistante dans la région pubienne, en particulier chez les sportifs ou après un traumatisme, il est recommandé de consulter rapidement son médecin traitant ou un médecin du sport pour un bilan complet et une prise en charge adaptée.