
Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la paroxétine, un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) prescrit dans la dépression et les troubles anxieux : mécanisme d'action, indications, posologie, effets secondaires et conseils pratiques.
Qu’est-ce que la paroxétine ?
La paroxétine est un médicament psychotrope appartenant à la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Commercialisée sous le nom de Deroxat® ou Paroxétine (générique), elle est apparue sur le marché pharmaceutique dans les années 1990 et reste aujourd’hui l’un des antidépresseurs les plus prescrits au monde.
Les ISRS agissent principalement sur la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, du sommeil, de l’appétit et des émotions. La paroxétine est souvent considérée comme l’un des ISRS les plus puissants en raison de son affinité particulièrement élevée pour le transporteur de la sérotonine.
Contrairement aux anciens antidépresseurs tricycliques, la paroxétine présente un profil d’effets secondaires plus favorable, notamment au niveau cardiovasculaire et anticholinergique, ce qui en fait un traitement de choix pour de nombreux patients.

Mécanisme d’action et propriétés pharmacologiques
Action sur la sérotonine
La paroxétine bloque de manière sélective le transporteur présynaptique de la sérotonine (SERT), empêchant ainsi la recapture de ce neurotransmetteur dans la fente synaptique. Il en résulte une augmentation de la concentration de sérotonine disponible au niveau des récepteurs post-synaptiques, ce qui améliore la transmission sérotoninergique.
Particularités pharmacologiques
Contrairement à d’autres ISRS, la paroxétine possède une affinité significative pour les récepteurs muscariniques, ce qui peut expliquer certains de ses effets anticholinergiques (bouche sèche, constipation). Elle est également métabolisée par le cytochrome CYP2D6, ce qui peut entraîner des interactions médicamenteuses importantes.
Sa demi-vie d’élimination est d’environ 21 heures, ce qui permet généralement une seule prise quotidienne. L’équilibre plasmatique est atteint après 7 à 14 jours de traitement.
Indications thérapeutiques
La paroxétine est indiquée dans le traitement de plusieurs troubles psychiatriques :
- Épisode dépressif majeur (caractérisé ou récurrent) chez l’adulte
- Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) chez l’adulte et l’enfant à partir de 6 ans
- Trouble panique avec ou sans agoraphobie
- Troubles anxieux généralisés
- Phobie sociale (trouble d’anxiété sociale)
- État de stress post-traumatique (ESPT)
Cette large palette d’indications fait de la paroxétine un ISRS particulièrement polyvalent, souvent prescrit en première intention par les psychiatres et les médecins généralistes.
Posologie et mode d’administration
Dosages recommandés
La posologie varie selon l’indication et la réponse clinique du patient :
- Dépression : 20 mg par jour en une prise, dose d’entretien habituelle
- TOC : début à 20 mg, pouvant aller jusqu’à 60 mg/jour
- Trouble panique : début à 10 mg (pour limiter l’anxiété initiale), puis augmentation progressive jusqu’à 40 mg
- Anxiété généralisée : 20 mg par jour en moyenne
- Phobie sociale : 20 mg/jour, jusqu’à 50 mg si nécessaire
Conseils de prise
La paroxétine se prend de préférence le matin au cours du petit-déjeuner, en une seule prise quotidienne. Le comprimé doit être avalé sans être croqué. Chez les patients sujets à une somnolence, une prise le soir peut être envisagée.
Les formes à libération contrôlée permettent d’améliorer la tolérance digestive dans certains cas.
Effets indésirables possibles
Comme tout médicament psychotrope, la paroxétine peut entraîner des effets secondaires, particulièrement durant les premières semaines de traitement.
Effets fréquents (survenant chez plus de 1 % des patients)
- Nausées, bouche sèche, constipation, diarrhée
- Céphalées, somnolence ou insomnie
- Sueurs excessives
- Vertiges, tremblements
- Diminution de la libido, troubles de l’érection, anorgasmie
- Prise de poids modérée (souvent 2-5 kg sur plusieurs mois)
Effets moins fréquents mais importants
- Activation anxieuse initiale : surtout en début de traitement, peut nécessiter une posologie progressive
- Hyponatrémie : surtout chez les personnes âgées ou sous diurétiques
- Syndrome sérotoninergique : en cas d’association avec d’autres sérotoninergiques
- Éruptions cutanées (rare mais nécessite l’arrêt du traitement)
- Hémorragies (altération de l’agrégation plaquettaire)
La plupart des effets secondaires s’atténuent après 2 à 4 semaines de traitement. Il est important de ne pas interrompre brutalement le médicament en cas d’effets gênants et d’en parler à son médecin.

Contre-indications et précautions d’emploi
Contre-indications absolues
- Allergie à la paroxétine ou à l’un des excipients
- Association avec les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase) : respecter un délai de 14 jours entre les deux traitements
- Association avec le pimozide ou la thioridazine
Précautions particulières
La paroxétine doit être utilisée avec prudence dans les situations suivantes :
- Antécédents de manies ou de troubles bipolaires (risque de virage maniaque)
- Épilepsie ou antécédents de convulsions
- Glaucome à angle fermé
- Insuffisance hépatique ou rénale sévère
- Maladies cardiovasculaires
- Patients âgés (risque de chutes et d’hyponatrémie)
Surveillance particulière
Une surveillance accrue est nécessaire concernant :
- Les idées suicidaires en début de traitement (surtout chez les moins de 25 ans)
- L’apparition de comportements agressifs ou d’agitation
- Le risque de akathisie (impossibilité à rester assis)
- L’évolution du poids et de la glycémie chez les patients diabétiques
Interactions médicamenteuses
La paroxétine est un puissant inhibiteur du CYP2D6, ce qui expose à de nombreuses interactions :
- Anticoagulants : potentialisation de l’effet avec les AVK (warfarine)
- Tamoxifène : la paroxétine diminue l’efficacité de ce traitement anticancéreux
- Bêta-bloquants : augmentation des concentrations de metoprolol et propranolol
- Antidépresseurs tricycliques : risque de surdosage
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : augmentation du risque hémorragique
- Tramadol, triptans, lithium : risque de syndrome sérotoninergique
- Millepertuis : association déconseillée

Paroxétine et populations spéciales
Grossesse et allaitement
La paroxétine est le seul ISRS formellement contre-indiqué pendant la grossesse en raison d’un risque cardiaque fœtal (anomalies septales) démontré par plusieurs études. Si une femme traitée par paroxétine envisage une grossesse, une relève antidépressive doit être envisagée avant la conception.
En cas de poursuite du traitement pendant la grossesse, une surveillance échographique cardiaque fœtale est recommandée. À la naissance, le nouveau-né peut présenter un syndrome d’adaptation néonatale (irritabilité, troubles du sommeil).
L’allaitement est généralement déconseillé en raison du passage du médicament dans le lait maternel.
Personnes âgées
Chez les patients de plus de 65 ans, la posologie doit être réduite (souvent 10-20 mg/jour) en raison d’une sensibilité accrue aux effets anticholinergiques et d’un risque plus élevé d’hyponatrémie.
Enfants et adolescents
La paroxétine n’est recommandée qu’à partir de 6 ans, uniquement dans les TOC. Elle n’est pas indiquée dans la dépression chez les moins de 18 ans en raison d’un rapport bénéfice/risque défavorable.
Arrêt du traitement et syndrome de sevrage
La paroxétine est l’un des ISRS qui présente le risque de sevrage le plus élevé, en raison de sa demi-vie relativement courte et de ses propriétés pharmacologiques. L’arrêt brutal peut provoquer :
- Vertiges, nausées, céphalées
- Troubles sensoriels (paresthésies, sensation de décharges électriques)
- Insomnie, irritabilité, anxiété
- Symptômes pseudo-grippaux
- Troubles visuels
Il est donc essentiel de procéder à un sevrage progressif, en réduisant la dose par paliers de 5 à 10 mg sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois chez les patients traités au long cours.
Conseils pratiques et en résumé
- Suivez rigoureusement la prescription médicale et ne modifiez jamais la dose sans avis de votre médecin
- Soyez patient : l’effet antidépresseur apparaît généralement après 2 à 4 semaines
- Signalez tout effet indésirable gênant, surtout en début de traitement
- Ne consommez pas d’alcool pendant le traitement (potentialisation de la sédation)
- Prévenez tous vos soignants que vous prenez de la paroxétine, y compris votre dentiste
- Ne prenez jamais de millepertuis ou d’IMAO sans avis médical
- Consultez régulièrement votre médecin pour évaluer l’efficacité et la tolérance
- N’arrêtez jamais brutalement le traitement : planifiez un sevrage progressif avec votre médecin
- En cas de pensées suicidaires, contactez immédiatement un professionnel de santé ou le 3114 (numéro national de prévention du suicide)
- Si vous envisagez une grossesse, parlez-en rapidement à votre médecin pour adapter le traitement
En résumé : La paroxétine est un ISRS puissant, efficace et bien toléré dans le traitement de la dépression et des troubles anxieux, à condition d’être utilisée correctement. Son efficacité n’est optimale qu’après plusieurs semaines de traitement régulier, et son arrêt nécessite toujours un accompagnement médical. Une bonne relation avec votre médecin, une information complète et un suivi rigoureux sont les clés d’un traitement réussi.
Foire aux questions
Qu'est-ce que la paroxétine ?
La paroxétine est un antidépresseur de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Elle est prescrite dans la dépression, les troubles anxieux, le trouble obsessionnel-compulsif et le stress post-traumatique. Elle augmente la sérotonine dans le cerveau. Elle se prend sur ordonnance. Consultez votre médecin pour toute question sur votre traitement.
Quels sont les effets secondaires de la paroxétine ?
Les effets secondaires courants de la paroxétine incluent nausées, somnolence, insomnie, sécheresse buccale, sueurs et troubles sexuels. Ils apparaissent souvent en début de traitement et s'atténuent. Des effets plus graves (syndrome sérotoninergique, saignements) sont rares. Ne modifiez pas la dose sans avis médical. Consultez en cas d'effets persistants ou inquiétants.
Peut-on prendre de la paroxétine pendant la grossesse ?
La paroxétine est généralement déconseillée pendant la grossesse, surtout au premier trimestre, en raison d'un risque accru de malformations cardiaques chez le fœtus. Un autre ISRS peut être préféré. Ne l'arrêtez jamais brutalement sans avis médical. Consultez votre médecin ou un psychiatre pour une évaluation personnalisée.
Sources et pour aller plus loin
Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Paroxétine : guide complet sur cet ISRS puissant », consultez les ressources officielles suivantes :
- Haute Autorité de Santé (HAS) — grossesse et maternité
- Ameli — maternité : vos droits
- Santé publique France
Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.