Image rapprochée montrant la structure détaillée des hyphes fongiques au microscope.

Microsporum : le champignon dermatophyte des teignes

Microsporum : le champignon dermatophyte des teignes
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Le Microsporum est un champignon dermatophyte responsable d'infections cutanées appelées teignes. Découvrez ses espèces, ses modes de transmission, ses manifestations et les traitements disponibles.

Qu’est-ce que le Microsporum ?

Le Microsporum est un genre de champignons microscopiques filamenteux appartenant à la famille des Arthrodermataceae. Ces organismes sont classés parmi les dermatophytes, un groupe particulier de champignons qui ont la particularité unique de se développer dans la kératine : la protéine constitutive de la couche cornée de la peau, des poils, des cheveux et des ongles.

Bien que le Microsporum ne soit pas un virus ni une bactérie, il est souvent étudié en parallèle dans les maladies infectieuses car il provoque des pathologies contagieuses, principalement appelées teignes ou dermatophyties. Ces infections superficielles touchent chaque année des millions de personnes à travers le monde, avec une prévalence particulièrement élevée chez les enfants en âge scolaire.

Sur le plan taxonomique, le genre Microsporum a été décrit pour la première fois en 1843 par le mycologue italien David Gruby, considéré comme l’un des pères fondateurs de la mycologie médicale moderne. Son nom vient du grec micro (petit) et sporos (spore), en référence à la petite taille de ses spores reproductives.

Les principales espèces de Microsporum

Le genre Microsporum comprend une vingtaine d’espèces, dont quelques-unes sont particulièrement importantes en pathologie humaine.

Microsporum canis

C’est l’espèce la plus fréquemment impliquée dans les teignes animales et humaines, notamment chez l’enfant. Elle est zoophile, c’est-à-dire transmise principalement par les animaux domestiques, en particulier les chats et les chiens. Elle provoque des lésions typiquement inflammatoires, souvent caractérisées par des plaques rondes avec squames et perte de poils.

Microsporum audouinii

Cette espèce est anthropophile, c’est-à-dire qu’elle se transmet d’homme à homme. Historiquement responsable de grandes épidémies de teignes dans les écoles, elle est aujourd’hui mieux contrôlée mais reste présente dans certaines régions du monde. Elle provoque des teignes du cuir chevelu généralement peu inflammatoires.

Microsporum gypseum

Espèce géophile, elle vit dans le sol et peut contaminer l’homme au contact de la terre contaminée. Elle est plus rare mais provoque souvent des lésions très inflammatoires.

Autres espèces notables

  • Microsporum persicolor : transmis par les rongeurs, provoque des lésions inflammatoires.
  • Microsporum cookie et Microsporum nanum : espèces plus rares, principalement responsables de teignes animales.

Modes de transmission et facteurs de risque

Le Microsporum se transmet selon trois modes principaux, en fonction de l’espèce impliquée.

Transmission par contact direct

Le contact peau à peau avec une personne infectée est un mode de transmission fréquent, particulièrement pour les espèces anthropophiles. Le champignon se transmet par les spores (appelées arthrospores) présentes à la surface des lésions ou des squames qui se détachent.

Transmission par les animaux

Les animaux de compagnie, notamment les chats, les chiens, les hamsters et les lapins, constituent le réservoir principal de Microsporum canis. Les animaux peuvent être porteurs sans symptômes apparents, ce qui rend la prévention plus difficile. Les vétérinaires, les éleveurs et les personnes travaillant dans les animaleries sont particulièrement exposés.

Transmission indirecte par les objets

Le Microsporum peut survivre plusieurs mois sur des objets contaminés : brosses à cheveux, peignes, bonnets, écharpes, literie, tapis, mobilier, sols de douches collectives ou vestiaires. Cette transmission indirecte par les fomites explique les épidémies en milieu scolaire et sportif.

Facteurs favorisant l’infection

  • L’âge : les enfants sont plus touchés en raison de la composition de leur sébum et de leur système immunitaire en développement.
  • La promiscuité : collectivités, crèches, écoles, internats, casernes.
  • La pratique de sports de contact (lutte, rugby) ou l’utilisation de piscines et vestiaires communs.
  • Un système immunitaire affaibli (VIH, traitements immunosuppresseurs, diabète).
  • Une mauvaise hygiène ou, paradoxalement, des lavages excessifs qui altèrent la barrière cutanée.

Manifestations cliniques de l’infection à Microsporum

Les infections à Microsporum regroupent plusieurs tableaux cliniques, dont l’expression dépend de la localisation et de l’espèce en cause.

La teigne du cuir chevelu (tinea capitis)

C’est la forme la plus fréquente, surtout chez l’enfant de 4 à 12 ans. Elle se manifeste par :

  • Des plaques d’alopécie (perte de cheveux) arrondies, de taille variable.
  • Une cassure des cheveux à quelques millimètres du cuir chevelu, à l’origine du terme teigne tondante.
  • Des squames blanchâtres ou grisâtres à la surface du cuir chevelu.
  • Un prurit (démangeaisons) variable.
  • Parfois, une inflammation plus marquée avec formation de kerion (plaque suintante et douloureuse).

La teigne du corps (tinea corporis)

Elle se traduit par des lésions annulaires caractéristiques, avec un bord rouge, squameux et légèrement surélevé, et un centre plus clair. Ces lésions s’étendent progressivement de façon centrifuge, d’où le nom de « herpès circiné » donné autrefois à cette affection.

La teigne de la barbe (tinea barbae)

Elle touche les hommes adultes et se manifeste par des plaques inflammatoires de la zone barbée, parfois pustuleuses.

La teigne des ongles (tinea unguium)

Moins fréquente pour le genre Microsporum, elle provoque un épaississement, une décoloration et une déformation de l’ongle, généralement associée à d’autres dermatophytes comme Trichophyton.

Le favus

Forme chronique et sévère, principalement due à Trichophyton schoenleinii, mais parfois associée à certaines espèces de Microsporum. Elle se caractérise par la formation de godets faviques jaunâtres autour des cheveux.

Diagnostic du Microsporum

Le diagnostic repose sur plusieurs étapes complémentaires.

Examen clinique

Le médecin ou le dermatologue identifie les lésions caractéristiques. L’examen en lumière de Wood (lumière ultraviolette filtrée) est particulièrement utile : certaines espèces de Microsporum (notamment M. canis et M. audouinii) produisent une fluorescence jaune-vert caractéristique des cheveux contaminés.

Examen mycologique direct

Le prélèvement de squames, de cheveux ou de poils est examiné au microscope après traitement par une solution de potasse (KOH) à 10-30 %. Cet examen permet de visualiser les filaments mycéliens et les spores, confirmant l’origine fongique de l’infection.

Culture mycologique

Le milieu de Sabouraud, additionné d’antibiotiques et parfois d’actidione, permet la culture du champignon en 1 à 4 semaines. L’identification de l’espèce repose sur l’aspect macroscopique des colonies et sur l’observation microscopique des structures reproductives.

Techniques moléculaires

La PCR (réaction en chaîne par polymérase) et le séquençage de l’ADN sont aujourd’hui utilisés dans les laboratoires spécialisés pour une identification rapide et précise des espèces.

Traitements disponibles

La prise en charge d’une infection à Microsporum dépend de la localisation et de la sévérité de l’atteinte.

Traitements locaux

Pour les lésions limitées du corps, on utilise des antifongiques topiques :

  • Terbinafine en crème (1 %)
  • Griséofulvine en suspension ou comprimés (utilisation historique, encore prescrite)
  • Kétoconazole, miconazole ou éconazole en applications locales
  • Ciclopiroxolamine en crème ou solution

Le traitement local doit être appliqué deux fois par jour pendant au moins 4 à 6 semaines, en dépassant la zone lésionnelle.

Traitements systémiques

Pour les teignes du cuir chevelu, l’atteinte des ongles ou les formes étendues, un traitement oral est indispensable :

  • Griséofulvine : 20 à 25 mg/kg/jour pendant 6 à 12 semaines, traitement de référence historique.
  • Terbinafine : efficace en 4 à 6 semaines, particulièrement sur M. canis.
  • Itraconazole ou fluconazole : alternatives utiles, notamment chez l’adulte.

Un contrôle mycologique après traitement est recommandé pour confirmer la guérison et éviter les rechutes.

Prévention et mesures d’hygiène

La prévention des infections à Microsporum repose sur des mesures simples mais essentielles.

Mesures d’hygiène personnelle

  • Laver régulièrement les cheveux et le corps avec un shampooing adapté.
  • Ne pas partager les objets personnels : brosses, peignes, bonnets, écharpes, serviettes.
  • Sécher soigneusement la peau après la toilette, notamment dans les plis.
  • Porter des vêtements propres en coton, particulièrement les sous-vêtements et chaussettes.

Prévention en milieu scolaire et collectif

  • Examen systématique des enfants en cas d’épidémie.
  • Information des parents et du personnel éducatif.
  • Nettoyage et désinfection des locaux, du matériel de sport et des jouets.
  • Exclusion scolaire des enfants atteints jusqu’à la mise en route d’un traitement efficace.

Prévention liée aux animaux

  • Faire examiner tout nouvel animal de compagnie par un vétérinaire.
  • Surveiller l’apparition de plaques dépilées ou squameuses chez les animaux.
  • Consulter rapidement un vétérinaire en cas de lésion suspecte.
  • Traiter les animaux contaminés et désinfecter l’environnement domestique.

En bref

Le Microsporum est un dermatophyte fréquent, responsable d’infections cutanées superficielles appelées teignes. Voici les points clés à retenir :

  • Le Microsporum canis est l’espèce la plus courante, transmise par les chats et les chiens.
  • Les enfants sont les principales victimes, notamment au niveau du cuir chevelu.
  • Le diagnostic repose sur l’examen clinique, la lumière de Wood et les analyses mycologiques.
  • Le traitement combine souvent antifongiques locaux et oraux, avec une durée minimale de 4 à 6 semaines.
  • La prévention passe par l’hygiène, l’éviction du partage d’objets personnels et la surveillance des animaux domestiques.

Conseil pratique : en cas de lésion cutanée annulaire qui s’étend, de perte de cheveux inexpliquée chez un enfant, ou de démangeaisons persistantes du cuir chevelu, consultez rapidement votre médecin. Un diagnostic précoce permet un traitement efficace et limite la transmission à l’entourage. Pensez également à faire examiner vos animaux de compagnie si un cas survient au sein du foyer, car le traitement de la source animale est indispensable pour éviter les récidives.

Questions courantes

Qu'est-ce que le Microsporum ?

Le Microsporum est un genre de champignons microscopiques filamenteux appartenant aux dermatophytes. Il se nourrit de la kératine présente dans la peau, les cheveux et les ongles. Il est responsable de mycoses cutanées appelées teignes, qui touchent surtout les enfants. La transmission se fait par contact direct avec une personne infectée ou des objets contaminés.

Comment se transmet le Microsporum ?

Le Microsporum se transmet par contact direct avec la peau ou les cheveux d'une personne infectée, ou indirectement via des objets contaminés comme des peignes, des chapeaux, des vêtements ou des animaux (chats, chiens). Les lieux collectifs (écoles, crèches) favorisent sa propagation. Une bonne hygiène et le traitement précoce limitent la contagion.

Comment traiter une infection à Microsporum ?

Le traitement des teignes à Microsporum repose sur des antifongiques. Selon la localisation et l'étendue, on utilise des crèmes ou lotions locales, mais souvent un traitement oral (griséofulvine, terbinafine) est nécessaire, surtout si les cheveux sont atteints. Il faut consulter un dermatologue car un traitement inadapté peut entraîner une perte définitive des cheveux. L'éviction scolaire est parfois requise.

Sources et pour aller plus loin

Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Microsporum : le champignon dermatophyte des teignes », consultez les ressources officielles suivantes :

Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.