
La dengue : comprendre, prévenir et traiter cette infection virale
La dengue est une maladie virale transmise par les moustiques qui touche des millions de personnes chaque année. Découvrez ses symptômes, son traitement et les moyens efficaces de s'en protéger.
Qu’est-ce que la dengue ?
La dengue est une infection virale aiguë causée par le virus de la dengue, un arbovirus appartenant à la famille des Flaviviridae. Il existe quatre sérotypes distincts (DENV-1 à DENV-4), ce qui signifie qu’une personne peut théoriquement contracter la maladie jusqu’à quatre fois au cours de sa vie. L’infection par un sérotype confère une immunité durable contre celui-ci, mais seulement partielle et temporaire contre les autres.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on estime entre 100 et 400 millions le nombre de cas annuels dans le monde, avec environ 500 000 formes sévères nécessitant une hospitalisation et plus de 20 000 décès par an. La dengue est endémique dans plus de 100 pays, principalement en zone tropicale et subtropicale : Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique, Pacifique occidental et Caraïbes.
Avec le réchauffement climatique et l’urbanisation croissante, le moustique vecteur (Aedes aegypti et Aedes albopictus) étend progressivement son aire de répartition, faisant de la dengue une menace sanitaire mondiale en expansion.
Transmission et symptômes
La dengue se transmet exclusivement par la piqûre d’un moustique infecté, principalement Aedes aegypti, aussi appelé moustique tigre. Contrairement au moustique commun, celui-ci pique surtout en journée, avec un pic d’activité tôt le matin et en fin d’après-midi. Il se reproduit dans les eaux stagnantes (gouttières, pots de fleurs, pneus usagés, bidons).
Les signes cliniques de la dengue classique
Après une période d’incubation de 4 à 10 jours, les symptômes apparaissent brutalement :
- Fièvre élevée (jusqu’à 40 °C) avec frissons
- Céphalées intenses, souvent rétro-orbitaires (derrière les yeux)
- Douleurs musculaires et articulaires marquées (d’où le surnom de « fièvre casse-bones »)
- Éruption cutanée type rougeole, apparaissant vers le 3e-4e jour
- Nausées, vomissements et fatigue importante
- Adénopathies (ganglions gonflés)
La dengue sévère : une urgence médicale
Dans environ 5 % des cas, la maladie évolue vers une dengue hémorragique ou un syndrome de choc dengue, potentiellement mortels. Les signes d’alerte surviennent généralement entre le 3e et le 7e jour, lors de la défervescence thermique :
- Douleurs abdominales intenses et persistantes
- Vomissements répétés avec présence de sang
- Saignements des muqueuses (nez, gencives)
- Agitation ou somnolence excessive
- Signes de choc : peau froide, pouls rapide et faible, hypotension
- Accumulation de liquide (épanchements pleuraux, ascite)
Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les patients ayant déjà contracté la dengue présentent un risque accru de forme sévère.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic repose sur la clinique, le contexte épidémiologique (séjour en zone d’endémie) et des examens biologiques :
- Numération formule sanguine : recherche d’une baisse des plaquettes (thrombopénie) et d’une hémoconcentration
- Sérologie (IgM et IgG) : détectable à partir du 5e jour
- RT-PCR : identification du virus et du sérotype durant la phase virémique (5 premiers jours)
- Test NS1 : antigène détectable dès le 1er jour de fièvre
Aucun traitement antiviral spécifique n’existe à ce jour. La prise en charge est symptomatique :
- Paracétamol contre la fièvre et les douleurs (en évitant formellement l’aspirine et les AINS qui favorisent les saignements)
- Hydratation abondante, orale ou intraveineuse selon la sévérité
- Surveillance biologique rapprochée en cas de signes d’alerte
- Hospitalisation indispensable en cas de dengue sévère
Prévention et mesures de protection
En l’absence de traitement curatif spécifique, la prévention reste la meilleure arme. Elle repose sur deux axes complémentaires : la protection individuelle et la lutte anti-vectorielle.
Se protéger des piqûres de moustiques
- Appliquer un répulsif cutané contenant du DEET, de l’icaridine ou de l’IR3535 sur les zones exposées
- Porter des vêtements longs, amples et de couleur claire, imprégnés de perméthrine si possible
- Utiliser des moustiquaires imprégnées d’insecticide, même en journée
- Installer des diffuseurs électriques et des serpentins anti-moustiques à l’extérieur
- Climatiser les pièces quand c’est possible (le moustique tigre fuit le froid)
Éliminer les gîtes larvaires
- Vider tous les récipients d’eau stagnante au moins une fois par semaine
- Couvrir hermétiquement les réservoirs d’eau
- Nettoyer régulièrement gouttières, bassins et drains
- Entretenir les jardins et éliminer les déchets susceptibles de retenir l’eau
Vaccination et recherche
Le vaccin Qdenga® (TAK-003), autorisé en Europe depuis 2022, est désormais disponible dans plusieurs pays pour les personnes de 4 à 60 ans vivant en zone d’endémie. Il protège contre les quatre sérotypes, même chez les sujets naïfs. Il est toutefois contre-indiqué chez la femme enceinte et les personnes immunodéprimées. D’autres candidats vaccins sont en cours de développement clinique.
En résumé : les points essentiels à retenir
La dengue est une maladie virale en pleine expansion, transmise par le moustique tigre. Pour vous en protéger efficacement, retenez les conseils suivants :
- Consultez en urgence en cas de fièvre élevée au retour d’une zone tropicale, surtout si apparaissent des douleurs abdominales, des vomissements ou des saignements
- Ne prenez jamais d’aspirine ni d’ibuprofène en cas de suspicion de dengue : le paracétamol est le seul antalgique recommandé
- Hydratez-vous abondamment pendant toute la durée de la maladie
- Protégez-vous des piqûres y compris en journée, en particulier lors de voyages en zone tropicale
- Éliminez l’eau stagnante autour de votre domicile pour limiter la prolifération des moustiques
- Renseignez-vous auprès de votre médecin sur la vaccination si vous voyagez ou vivez en zone d’endémie