Épicondylite : causes, symptômes et traitements efficaces
L'épicondylite, aussi appelée coude du tennisman, est une tendinite douloureuse du coude. Découvrez ses causes, ses symptômes et les meilleurs traitements pour soulager la douleur.
Qu’est-ce que l’épicondylite ?
L’épicondylite, communément appelée coude du tennisman, est une pathologie musculosquelettique caractérisée par une inflammation et une dégénérescence des tendons qui s’insèrent sur l’épicondyle, la saillie osseuse située à l’extrémité inférieure de l’humérus. Cette affection touche principalement les tendons des muscles extenseurs de l’avant-bras, bien qu’elle puisse également concerner les fléchisseurs dans sa forme médiale (épitrochléite ou coude du golfeur).
Contrairement à une idée répandue, l’épicondylite n’est pas une pathologie réservée aux sportifs. Elle concerne en réalité 1 à 3 % de la population générale, avec une prédominance chez les personnes âgées de 30 à 50 ans. Les travailleurs manuels, les utilisateurs intensifs d’ordinateurs et les personnes exerçant des métiers impliquant des gestes répétitifs du bras et du poignet sont particulièrement exposés.
Sur le plan anatomique, l’épicondylite latérale (forme la plus fréquente, représentant environ 90 % des cas) touche principalement le tendon du muscle extenseur carpi radialis brevis (ECRB), qui joue un rôle essentiel dans l’extension du poignet et la stabilisation de la main lors des prises.
Les causes et facteurs de risque
Mécanismes de la lésion
L’épicondylite résulte d’une surcharge mécanique chronique des tendons de l’avant-bras. Les microtraumatismes répétés provoquent des microdéchirures au niveau de l’insertion tendineuse, déclenchant une réponse inflammatoire et, à long terme, des changements dégénératifs appelés angiofibroblastiques. Le tendon perd alors son élasticité normale et devient plus vulnérable aux contraintes.
Activités et professions à risque
Plusieurs activités et professions favorisent l’apparition de l’épicondylite :
- Le tennis et les sports de raquette : le revers à une main, l’utilisation d’une raquette trop lourde ou un cordage trop tendu.
- Le golf : responsable surtout de l’épicondylite médiale (épitrochléite).
- Les métiers manuels : plombiers, peintres, menuisiers, mécaniciens, maçons.
- Le travail de bureau : utilisation prolongée de la souris et du clavier dans une mauvaise position.
- Le bricolage et le jardinage : utilisation d’outils vibrants ou gestes répétitifs de vissage.
- La cuisine professionnelle : découpe, fouettage, port de charges.
Facteurs prédisposants
Certains facteurs augmentent le risque de développer une épicondylite : l’âge (pic entre 40 et 50 ans), le tabagisme (qui altère la vascularisation tendineuse), le diabète, l’obésité, des antécédents de troubles musculosquelettiques et une mauvaise ergonomie au travail ou pendant la pratique sportive.
Les symptômes de l’épicondylite
Douleur caractéristique
Le symptôme principal de l’épicondylite est une douleur localisée au niveau de l’épicondyle, qui irradie fréquemment le long de l’avant-bras. Cette douleur présente plusieurs caractéristiques typiques :
- Apparition progressive, souvent insidieuse
- Intensification lors des mouvements d’extension du poignet ou de préhension
- Présence d’une douleur nocturne dans certains cas, perturbant le sommeil
- Sensation de brûlure ou de gêne profonde
- Difficulté à serrer la main, à porter des objets ou à ouvrir une porte
Signes cliniques associés
On observe souvent une sensibilité à la palpation de l’épicondyle, une diminution de la force de préhension, une raideur matinale du coude et, dans certains cas, un léger gonflement localisé. Les patients peuvent également ressentir des picotements ou des engourdissements dans les doigts si l’inflammation comprime les structures nerveuses voisines.
Diagnostic de l’épicondylite
Examen clinique
Le diagnostic de l’épicondylite est essentiellement clinique. Le médecin réalise un interrogatoire détaillé sur les activités du patient et procède à un examen physique comprenant plusieurs manœuvres caractéristiques :
- Le test de Cozen : extension résistée du poignet qui reproduit la douleur
- Le test de Mills : étirement passif des extenseurs douloureux
- Le test de la chaise : demander au patient de soulever une chaise par le dossier
- La palpation de l’épicondyle qui réveille la douleur
Examens complémentaires
Bien que le diagnostic soit clinique, des examens d’imagerie peuvent être prescrits dans certains cas pour éliminer d’autres pathologies ou évaluer la sévérité :
- Radiographie standard : utile pour exclure une arthrose ou une fracture
- Échographie : visualise les modifications tendineuses et les calcifications
- IRM : examen de référence pour évaluer l’étendue des lésions tendineuses
- Électromyogramme (EMG) : indiqué en cas de suspicion d’atteinte nerveuse associée

Les traitements de l’épicondylite
Traitements conservateurs de première intention
Dans 80 à 90 % des cas, l’épicondylite répond favorablement aux traitements conservateurs. La prise en charge initiale associe plusieurs approches :
- Le repos relatif : éviter les mouvements douloureux sans immobiliser complètement le bras
- L’application de glace : 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour pour réduire l’inflammation
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ibuprofène ou kétoprofène en application locale ou orale sur de courtes durées
- Le port d’une coudière ou d’un bracelet épicondylien : placé sur l’avant-bras, il décharge l’insertion tendineuse
- Les attelles de repos nocturnes : maintiennent le poignet en position neutre pendant le sommeil
Rééducation fonctionnelle
La kinésithérapie constitue un pilier essentiel du traitement. Elle comprend :
- Des exercices d’étirement progressifs des muscles extenseurs
- Un renforcement excentrique des tendons, qui a montré une efficacité supérieure aux exercices concentriques
- Des techniques manuelles de massage transverse profond (MTP) selon Cyriax
- Des séances de physiothérapie : ultrasons, ondes de choc extracorporelles, laser, TENS
- Une reprise progressive des activités avec adaptation gestuelle
Traitements de deuxième ligne
En cas d’échec du traitement conservateur après 3 à 6 mois, plusieurs options peuvent être envisagées :
- Les infiltrations de corticoïdes : efficaces à court terme mais avec un risque de récidive élevé et des effets délétères sur le tendon à long terme
- Les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) : technique prometteuse utilisant les facteurs de croissance du patient pour stimuler la régénération tendineuse
- Les injections de toxine botulique : utilisées dans certains cas pour relâcher la tension musculaire
- La ténotomie percutanée à l’aiguille : technique mini-invasive sous guidage échographique
Traitement chirurgical
La chirurgie n’est envisagée qu’en dernier recours, lorsque les traitements conservateurs ont échoué après 6 à 12 mois. Elle consiste en un débridement du tissu tendineux dégénéré et une désinsertion des fibres malades. Les techniques modernes privilégient l’approche arthroscopique, moins invasive, avec des délais de récupération réduits. La rééducation post-opératoire est longue, s’étendant sur 3 à 6 mois.
Prévention et mesures d’hygiène
Ergonomie au travail
La prévention de l’épicondylite passe par l’adoption de bonnes pratiques ergonomiques : régler la hauteur du poste de travail pour garder les coudes à angle droit, utiliser un clavier et une souris ergonomiques, alterner régulièrement les tâches et faire des pauses toutes les heures pour étirer les avant-bras.
Pratique sportive adaptée
Pour les sportifs, il est recommandé de bien s’échauffer avant l’effort, d’utiliser un matériel adapté (raquette de taille et de poids appropriés, cordage de tension correcte), de renforcer les muscles de l’avant-bras et d’apprendre les techniques de frappe évitant les contraintes excessives sur le coude.
Exercices préventifs
Des exercices simples permettent de renforcer les tendons et de prévenir les récidives :
- Étirements doux de l’avant-bras (flexion et extension du poignet)
- Renforcement avec un poids léger ou une bande élastique
- Exercices de préhension avec balle anti-stress
- Mouvements de rotation du poignet

Évolution et pronostic
Le pronostic de l’épicondylite est généralement favorable, mais la guérison peut être lente, s’étendant souvent sur 6 mois à 2 ans. Environ 5 à 10 % des patients développent une forme chronique nécessitant un traitement prolongé. Les récidives sont possibles si les facteurs déclenchants ne sont pas corrigés, d’où l’importance de la prévention à long terme et du maintien des exercices de renforcement même après la disparition des symptômes.
En résumé : conseils pratiques
L’épicondylite est une pathologie fréquente mais bénigne dont la prise en charge précoce est essentielle pour éviter la chronicité. Voici les points clés à retenir :
- Ne pas ignorer la douleur : consulter dès l’apparition des premiers symptômes pour éviter l’aggravation
- Adopter le repos relatif : continuer à utiliser le bras pour les gestes doux, mais éviter les mouvements douloureux
- Appliquer du froid : 15 minutes, 3 à 4 fois par jour, surtout après les activités sollicitantes
- Suivre un programme de rééducation : le renforcement excentrique est particulièrement efficace
- Corriger l’ergonomie : au travail comme dans la pratique sportive, adapter son poste et son matériel
- Être patient : la guérison prend du temps, mais 90 % des cas se résolvent sans chirurgie
- Maintenir les exercices : continuer le renforcement après la guérison pour prévenir les récidives
En cas de douleur persistante, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou un spécialiste (rhumatologue, médecin du sport ou chirurgien orthopédiste) pour établir un diagnostic précis et mettre en place un traitement adapté à votre situation.