
Découvrez l'anatomie, le rôle et les pathologies de la bourse trochanterienne, cette structure essentielle à la mobilité de la hanche souvent impliquée dans les douleurs latérales de la cuisse.

Introduction à la bourse trochanterienne
La bourse trochanterienne (ou bourse séreuse du grand trochanter) est une petite structure anatomique remplie de liquide synovial, située au niveau de la hanche. Bien qu’elle soit souvent méconnue du grand public, elle joue un rôle fondamental dans le bon fonctionnement de l’articulation coxo-fémorale et dans la mobilité du membre inférieur. Lorsqu’elle s’enflamme, elle est responsable d’une pathologie douloureuse fréquente appelée bursite trochantérienne, qui touche principalement les femmes d’âge moyen et les personnes pratiquant certaines activités physiques.
Cet article propose une exploration complète de cette structure : son anatomie, ses fonctions physiologiques, les pathologies qui peuvent l’affecter, ainsi que les moyens de prévention et de traitement existants.
Anatomie de la bourse trochanterienne
Localisation précise
La bourse trochanterienne se situe latéralement au niveau de la hanche, plus précisément entre le grand trochanter du fémur (saillie osseuse située à l’extrémité supérieure du fémur) et les structures tendino-musculaires qui le recouvrent. Elle se positionne en superficie du tendon du muscle moyen fessier et en profondeur du fascia lata (aponévrose fémorale).
On distingue en réalité plusieurs bourses trochantériennes :
- La bourse trochantérienne principale : la plus volumineuse, située entre le moyen fessier et le grand trochanter
- La bourse du moyen fessier : séparée de la précédente par une fine cloison, parfois considérée comme un prolongement
- La bourse du petit fessier : plus profonde, située sous le tendon du petit fessier
- La bourse superficielle : entre la peau et le fascia lata, plus rarement impliquée dans les pathologies
Structure histologique
Sur le plan microscopique, la bourse trochanterienne est constituée d’une membrane synoviale tapissée de cellules spécialisées dans la sécrétion de liquide synovial. Ce liquide, visqueux et transparent, est riche en acide hyaluronique et possède des propriétés lubrifiantes essentielles. La paroi de la bourse est tapissée de terminaisons nerveuses sensitives qui expliquent la douleur vive ressentie en cas d’inflammation.
Vascularisation et innervation
La bourse trochanterienne est vascularisée par des branches issues des artères circonflexes fémorales et des artères glutéales. Son innervation provient principalement du nerf glutéal supérieur et de branches du nerf cutané latéral de la cuisse, ce qui explique les irradiations douloureuses possibles vers la face externe de la cuisse et la fesse.
Fonctions physiologiques
Réduction des frottements
La fonction principale de la bourse trochanterienne est de minimiser les frottements entre les différentes structures anatomiques qui glissent les unes contre les autres lors des mouvements de la hanche. Elle agit comme un véritable coussin liquidien permettant au tendon du moyen fessier de coulisser harmonieusement sur le relief osseux du grand trochanter.
Protection du grand trochanter
En absorbant les chocs et en répartissant les pressions, la bourse protège l’os trochantérien des traumatismes répétés et des micro-contraintes mécaniques, notamment lors de la marche, de la course ou de la station debout prolongée.
Facilitation des mouvements
Lors de l’abduction et de la rotation de la hanche, la bourse permet un glissement optimal des tendons fessiers sur l’os, garantissant une amplitude articulaire fluide et sans douleur. Sans elle, chaque mouvement de la hanche générerait des frictions délétères entre les tissus.
La bursite trochantérienne : pathologie principale
Définition et épidémiologie
La bursite trochantérienne (anciennement appelée « tendinite du moyen fessier » à tort) correspond à l’inflammation de la bourse séreuse du grand trochanter. Cette affection touche environ 15 à 20 % de la population au cours de la vie, avec une prédominance féminine nette (4 femmes pour 1 homme), particulièrement entre 40 et 60 ans. Elle constitue la troisième cause la plus fréquente de douleur de hanche chez l’adulte, après les pathologies articulaires et les tendinopathies.
Causes et facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une bursite trochanterienne :
- Les microtraumatismes répétés : course à pied, cyclisme intense, randonnée
- Les postures prolongées : station debout, croisement de jambes, appui latéral
- Les surcharges pondérales : l’obésité augmente la pression sur la hanche
- Les traumatismes directs : chute sur le côté de la hanche
- Les déséquilibres musculaires : faiblesse des abducteurs (moyen et petit fessiers)
- Les pathologies rachidiennes : scoliose, spondylarthrite, lombalgies chroniques
- Les maladies inflammatoires : polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique
- Les interventions chirurgicales : prothèse totale de hanche
- Les facteurs anatomiques : inégalité de longueur des membres inférieurs, dysplasie de hanche
Symptômes caractéristiques
Le tableau clinique typique associe :
- Une douleur latérale de la hanche, souvent décrite comme une brûlure ou une sensation de picotement
- Une aggravation nocturne, particulièrement en position allongée sur le côté atteint, qui empêche souvent le sommeil
- Une douleur à la montée des escaliers et à la marche prolongée
- Une sensibilité à la palpation du grand trochanter
- Une irradiation possible vers la face externe de la cuisse ou la fesse (sans dépasser le genou)
- Une raideur matinale de durée limitée
- Une boiterie fonctionnelle dans les formes sévères
Diagnostic de l’atteinte trochantérienne
Examen clinique
Le diagnostic est essentiellement clinique. Le médecin procède à la palpation du grand trochanter qui réveille une douleur exquise, et réalise des tests spécifiques comme le test de FABER (flexion, abduction, rotation externe) ou le test de résistance à l’abduction. Il recherche également des signes en faveur d’autres pathologies pouvant mimer la bursite (sciatique, coxarthrose, méralgie paresthésique).
Examens complémentaires
Bien que souvent non nécessaires, certains examens peuvent être prescrits :
- Radiographie standard du bassin : élimine une pathologie osseuse, une fracture de stress ou une coxarthrose
- Échographie de la hanche : visualise l’épaississement et l’épanchement de la bourse
- IRM de la hanche : examen de référence pour confirmer l’inflammation et rechercher une atteinte tendineuse associée du moyen fessier (très fréquente)
- Bilan sanguin : en cas de suspicion de pathologie inflammatoire (VS, CRP, recherche de HLA-B27)
Il est important de souligner que dans plus de 50 % des cas, la bursite trochantérienne est associée à une tendinopathie ou une rupture partielle du tendon du moyen fessier, ce qui justifie un bilan d’imagerie rigoureux en cas de chronicité.
Traitements disponibles
Traitements conservateurs de première intention
Dans 90 % des cas, le traitement médical seul permet la guérison :
- Repos relatif et éviction des activités déclenchantes pendant 4 à 6 semaines
- Application de glace sur la zone douloureuse (15 à 20 minutes, 3 à 4 fois par jour)
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ibuprofène, kétoprofène, par voie orale ou en application locale
- Antalgiques : paracétamol en première intention
- Kinésithérapie : étirements du fascia lata, renforcement des muscles fessiers et de la sangle abdominale
- Correction posturale : apprentissage des bons gestes, ergonomie au travail
Infiltrations et traitements locaux
En cas de résistance au traitement initial, des options plus ciblées peuvent être envisagées :
- Infiltration de corticoïdes : injection locale d’un dérivé cortisonique, efficace dans 70 à 80 % des cas, avec un soulagement rapide mais souvent temporaire (6 à 12 semaines)
- PRP (plasma riche en plaquettes) : injection de concentrés plaquettaires autologues, utilisée surtout en cas d’atteinte tendineuse associée
- Ondes de choc extracorporelles : technique non invasive particulièrement indiquée dans les formes chroniques
- Acide hyaluronique : parfois proposé en injection intra-articulaire
Traitement chirurgical
Le recours à la chirurgie est exceptionnel (moins de 5 % des cas) et réservé aux bursites chroniques invalidantes après échec de tous les traitements conservateurs pendant au moins 6 à 12 mois. Les techniques incluent :
- La bursectomie : ablation chirurgicale de la bourse inflammée, souvent associée à une libération du fascia lata
- La réinsertion tendineuse du moyen fessier en cas de rupture avérée
- Le peignage tendineux dans les tendinopathies chroniques associées
- Une éventuelle ostéotomie de décompression dans certains cas sélectionnés
Prévention et hygiène de vie
Renforcement musculaire ciblé
La prévention repose en grande partie sur le renforcement des muscles stabilisateurs de la hanche, notamment le moyen fessier, le petit fessier et les muscles profonds de la sangle pelvienne. Des exercices simples comme le « clamshell » (coquillage), le pont fessier unilatéral ou les squats contrôlés permettent de maintenir une bonne biomécanique de la hanche.
Étirements réguliers
Les étirements du fascia lata, du tenseur du fascia lata et des muscles fessiers doivent être pratiqués régulièrement, surtout avant et après une activité sportive. Une souplesse suffisante de la chaîne latérale réduit les tensions mécaniques sur la bourse trochantérienne.
Gestion du poids et ergonomie
Le maintien d’un poids santé (IMC inférieur à 25) réduit significativement les contraintes sur la hanche. Par ailleurs, adopter une bonne ergonomie au travail (siège adapté, pauses pour éviter les postures statiques prolongées, éviter le croisement prolongé des jambes) participe à la prévention.
Choix des activités physiques
Il est conseillé de privilégier des activités à faible impact (natation, vélo à résistance modérée, marche) et de varier les surfaces d’entraînement. Pour les coureurs, le choix de chaussures adaptées et le respect d’une progression raisonnable dans l’intensité des entraînements limitent les risques.
Conseils pratiques et en résumé
Quand consulter
Une consultation médicale est recommandée dès lors que la douleur latérale de la hanche :
- Persiste au-delà de 7 à 10 jours malgré le repos et les antalgiques
- Réveille la nuit et perturbe le sommeil
- S’accompagne d’une boiterie ou d’une limitation fonctionnelle
- Est associée à de la fièvre (recherche d’infection)
- Survient après un traumatisme important
Ce qu’il faut retenir
La bourse trochanterienne est une structure anatomique essentielle à la mobilité fluide de la hanche. Son inflammation, appelée bursite trochantérienne, est une pathologie fréquente mais bénigne qui répond très bien aux traitements conservateurs dans la majorité des cas. La clé d’une prise en charge réussie repose sur :
- Un diagnostic précoce et précis
- Un traitement médical adapté combiné à de la kinésithérapie
- Une prévention active par le renforcement musculaire et l’étirement
- Une correction des facteurs de risque (poids, postures, déséquilibres)
- Une patience dans la guérison, qui peut nécessiter plusieurs mois
En cas de chronicité ou de résistance au traitement, il ne faut pas hésiter à consulter un rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de la hanche, qui pourra proposer des solutions adaptées, notamment en cas d’atteinte tendineuse du moyen fessier fréquemment associée. Une prise en charge globale, associant médecine, rééducation et hygiène de vie, offre les meilleures chances de récupération complète et durable.
FAQ
Qu'est-ce que la bourse trochantérienne ?
La bourse trochantérienne est une petite poche remplie de liquide synovial située au niveau du grand trochanter de la hanche. Elle sert à réduire les frottements entre les tendons et l'os. Son inflammation peut causer des douleurs latérales de la hanche. Elle joue un rôle dans la mobilité.
Quelles pathologies affectent la bourse trochantérienne ?
La principale est la bursite trochantérienne, une inflammation qui provoque une douleur à la face externe de la hanche, souvent majorée à la marche ou en position couchée sur le côté. Elle peut être due à un traumatisme, une surutilisation ou une maladie inflammatoire. Un diagnostic médical est nécessaire.
Comment traiter une bursite trochantérienne ?
Le traitement repose sur le repos, les anti-inflammatoires, la glace et des exercices de kinésithérapie. Une infiltration de corticoïdes peut être proposée dans les cas persistants. Évitez les activités qui aggravent la douleur. Consultez un médecin si les symptômes ne s'améliorent pas.
Sources et pour aller plus loin
Les informations de cet article s’appuient sur les recommandations des organismes de santé de référence. Pour approfondir le sujet « Bourse trochanterienne : anatomie et pathologies », consultez les ressources officielles suivantes :
- Inserm — Institut national de la santé et de la recherche médicale
- Haute Autorité de Santé (HAS)
- Ameli — Assurance Maladie : comprendre le corps humain
Important : ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.