Arthrose de la hanche (coxarthrose) : causes, symptômes et traitements

Arthrose de la hanche (coxarthrose) : causes, symptômes et traitements

Arthrose de la hanche (coxarthrose) : causes, symptômes et traitements
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Arthrose de la hanche (coxarthrose) : causes, symptômes et traitements

L'arthrose de la hanche, ou coxarthrose, est une usure progressive du cartilage de l'articulation coxo-fémorale, fréquente avec l'âge. Découvrez ses causes, ses symptômes, son diagnostic et les traitements disponibles pour soulager la douleur et préserver la mobilité.

Qu’est-ce que l’arthrose de la hanche ?

L’arthrose de la hanche, appelée médicalement coxarthrose, est une maladie chronique dégénérative qui touche l’articulation coxo-fémorale, c’est-à-dire l’articulation reliant le bassin (os iliaque) au fémur. Elle se caractérise par une destruction progressive du cartilage articulaire, ce tissu lisse et élastique qui recouvre les extrémités osseuses et permet un glissement harmonieux des surfaces articulaires.

Une maladie très fréquente après 60 ans

La coxarthrose est l’une des localisations arthrosiques les plus fréquentes, juste après celle du genou (gonarthrose). En France, on estime qu’environ 5 à 10 % des personnes de plus de 65 ans présentent une arthrose de la hanche radiologique, et qu’environ 2 à 3 % en souffrent réellement au quotidien. Avec le vieillissement de la population, la prévalence de cette pathologie est appelée à augmenter significativement dans les décennies à venir.

Comment fonctionne l’articulation de la hanche ?

La hanche est une articulation de type énarthrose, c’est-à-dire une articulation sphérique qui autorise des mouvements dans les trois plans de l’espace : flexion-extension, abduction-adduction et rotation. La tête du fémur s’emboîte dans la cavité acétabulaire du bassin, formant un ensemble très stable entouré d’une capsule articulaire, de ligaments puissants et d’une musculature profonde (muscles psoas-iliaque, fessiers, pelvi-trochantériens). Le cartilage, le liquide synovial et la membrane synoviale garantissent le bon fonctionnement de l’ensemble.

Causes et facteurs de risque

L’arthrose résulte d’un déséquilibre entre les contraintes mécaniques subies par l’articulation et la capacité du cartilage à se régénérer. Avec l’âge, ce processus de réparation devient moins efficace, ce qui explique pourquoi la maladie apparaît le plus souvent après 50-60 ans.

Les facteurs liés au vieillissement

Le vieillissement articulaire est le principal facteur de risque. Le cartilage devient plus fin, plus rigide et moins hydraté, tandis que les cellules cartilagineuses (chondrocytes) perdent leur capacité à produire les composants de la matrice extracellulaire. Le vieillissement s’accompagne également d’une diminution de la masse musculaire (sarcopénie) et d’une réduction de la proprioception, ce qui fragilise l’articulation.

Les facteurs mécaniques et anatomiques

Plusieurs anomalies morphologiques favorisent l’apparition d’une coxarthrose précoce :

  • Dysplasie de hanche : malformation du cotyle qui augmente les contraintes sur le cartilage.
  • Conflit fémoro-acétabulaire (CFA) : contact anormal entre le col du fémur et le rebord du cotyle, fréquent chez les sportifs.
  • Inégalité de longueur des membres inférieurs, supérieure à 2 cm.
  • Séquelles de fracture ou de luxation traumatique.
  • Ostéonécrose de la tête fémorale, fréquente chez les personnes sous corticoïdes au long cours.

Les autres facteurs favorisants

Le surpoids et l’obésité multiplient par 2 à 3 le risque d’arthrose, notamment en augmentant les contraintes mécaniques. La pratique intensive de sports à impacts (course à pied de haut niveau, football, rugby) et certains métiers exposant à des ports de charge lourds accélèrent l’usure. Enfin, des facteurs génétiques (antécédents familiaux) et hormonaux (ménopause) sont également impliqués, expliquant pourquoi les femmes sont légèrement plus touchées après 60 ans.

Symptômes et diagnostic

Les signes cliniques caractéristiques

La coxarthrose se manifeste classiquement par :

  • Une douleur mécanique de l’aine, parfois irradiant vers la cuisse ou le genou (douleur projetée). Le genou est parfois la seule plainte, ce qui peut égarer le diagnostic.
  • Une raideur matinale de moins de 30 minutes, qui disparaît au mouvement.
  • Une diminution progressive des amplitudes articulaires, en particulier de la rotation interne et de la flexion.
  • Une boiterie à la marche et une limitation du périmètre de marche.
  • Des douleurs nocturnes aux stades évolués, perturbant le sommeil.

La douleur apparaît d’abord lors d’efforts prolongés (marche, station debout), puis s’installe dans la vie quotidienne, devenant invalidante.

L’examen clinique

Le médecin recherche une limitation douloureuse de la mobilité, notamment lors de la flexion et de la rotation interne de la hanche (signe précoce). Il évalue la marche, la force musculaire et recherche une attitude vicieuse en rotation externe ou en flexion.

Les examens complémentaires

La radiographie standard du bassin est l’examen de référence. Elle montre les signes cardinaux de l’arthrose :

  • Pincement de l’interligne articulaire, témoin de l’usure du cartilage.
  • Ostéophytes (excroissances osseuses, communément appelées « becs de perroquet »).
  • Sclérose sous-chondrale : densification de l’os sous le cartilage.
  • Géodes : cavités dans l’os.

L’IRM n’est pas systématique mais peut être utile pour évaluer le cartilage restant, rechercher une ostéonécrose débutante ou un conflit fémoro-acétabulaire chez le sujet jeune. Un bilan sanguin (VS, CRP) est parfois prescrit pour éliminer un rhumatisme inflammatoire.

Évolution et retentissement

La coxarthrose évolue lentement, sur 10 à 20 ans en moyenne. Elle ne met pas en jeu le pronostic vital, mais peut considérablement altérer la qualité de vie. Sans prise en charge, elle conduit à un handicap fonctionnel croissant : difficultés à se chausser, à monter ou descendre les escaliers, à sortir de voiture, puis perte d’autonomie pour les actes de la vie quotidienne.

Les conséquences indirectes sont nombreuses : perte de masse musculaire (amyotrophie du quadriceps et des fessiers), déconditionnement à l’effort, prise de poids, syndrome dépressif réactionnel et troubles du sommeil. Le risque de chutes augmente, en particulier chez les personnes âgées, avec un risque fracturaire accru.

Traitements médicaux

Les médicaments antalgiques et anti-inflammatoires

Le paracétamol reste le traitement de première intention, à la dose maximale de 3 à 4 g par jour, en respectant les contre-indications hépatiques. En cas de douleurs insuffisamment soulagées, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou le naproxène peuvent être prescrits en cures courtes, en surveillant les effets digestifs, rénaux et cardiovasculaires, surtout chez la personne âgée.

Les opioïdes faibles (codéine, tramadol) sont réservés aux douleurs sévères et de courte durée, en raison de leurs effets secondaires (constipation, dépendance).

Les traitements de fond symptomatiques

Plusieurs molécules visent à ralentir l’évolution ou à améliorer le confort articulaire :

  • La glucosamine et la chondroïtine sulfate : effet modeste sur la douleur, tolérance excellente.
  • Les infiltrations de corticoïdes intra-articulaires : très efficaces sur les poussées douloureuses, mais limitées à 3 ou 4 par an pour éviter la toxicité cartilagineuse.
  • Les infiltrations d’acide hyaluronique (viscosupplémentation) : effet lubrifiant, parfois proposé pour retarder la chirurgie.

Traitements non médicamenteux et kinésithérapie

La rééducation fonctionnelle

La kinésithérapie est un pilier du traitement. Elle vise à maintenir la mobilité articulaire, renforcer les muscles stabilisateurs (fessiers, quadriceps, muscles profonds de la hanche) et corriger les attitudes vicieuses. Le kinésithérapeute propose des exercices de mobilisation passive et active, du travail excentrique, et enseigne des gestes d’économie articulaire au quotidien.

Activité physique adaptée

Contrairement aux idées reçues, l’activité physique régulière est bénéfique dans l’arthrose. Elle améliore la trophicité du cartilage, renforce la musculature et réduit la douleur. Sont recommandés :

  • La marche, 30 minutes par jour, avec de bonnes chaussures.
  • La natation et l’aquagym, qui mobilisent sans charge.
  • Le vélo à faible résistance, idéal pour entretenir la flexion.
  • Le yoga doux et le taï-chi, qui améliorent l’équilibre.

Mesures hygiéno-diététiques

La perte de poids, même modérée (5 à 10 % du poids), réduit significativement la douleur et ralentit la progression. Le port d’une canne du côté opposé à la hanche atteinte soulage l’articulation lors de la marche. Une alimentation anti-inflammatoire, riche en oméga-3, fruits, légumes et épices (curcuma), peut compléter le traitement.

Quand envisager la prothèse de hanche ?

La prothèse totale de hanche (PTH) est envisagée lorsque la douleur devient invalidante et résistante aux traitements médicaux, et que la gêne fonctionnelle impacte la qualité de vie. Environ 150 000 prothèses de hanche sont posées chaque année en France, avec un taux de succès dépassant 95 % à 10 ans.

Le principe de l’intervention

L’opération consiste à remplacer l’articulation usée par un implant constitué d’une cupule acétabulaire (souvent en polyéthylène ou céramique), d’une tige fémorale (titane) et d’une tête prothétique (céramique ou métal). Les voies d’abord les plus utilisées sont la voie postérieure et la voie antérieure mini-invasive, qui préserve mieux les muscles.

Suites opératoires

Le lever et la reprise de la marche sont possibles dès le lendemain, avec une hospitalisation courte (2 à 5 jours). La rééducation est intensive pendant 1 à 3 mois. La plupart des patients retrouvent une marche normale sans douleur et reprennent leurs activités, y compris certains sports (natation, vélo, golf, randonnée).

En résumé : conseils pratiques au quotidien

  • Ne pas ignorer une douleur persistante de l’aine ou du genou : consulter rapidement pour un diagnostic précoce.
  • Maintenir une activité physique régulière et adaptée, sans port de charges excessives.
  • Surveiller son poids : chaque kilogramme perdu soulage l’articulation.
  • Renforcer ses muscles (fessiers, cuisses, tronc) par des exercices quotidiens de 15 à 20 minutes.
  • Adopter les bons gestes : éviter les flexions profondes, dormir sur le dos avec un coussin sous les genoux, privilégier les sièges hauts.
  • Bien chausser : chaussures à talons bas (3 à 4 cm), semelles amortissantes, recours éventuel à des semelles orthopédiques.
  • Prendre en charge les poussées inflammatoires avec les traitements prescrits, sans excès d’anti-inflammatoires.
  • Ne pas repousser la chirurgie à l’excès : lorsqu’elle devient nécessaire, la prothèse offre des résultats souvent spectaculaires et durables, redonnant aux patients une mobilité et une qualité de vie perdues depuis parfois plusieurs années.